DEUXIEME PARTIE 26S
la grâce de bien connaître ses fautes. 2° Rechercher ses péchés, en prenant quelques moments pour rappeler dans son souvenir le mal qu'on a fait durant le jour, par pensées, par désirs, par paroles , par actions et par omissions ; les fautes commises contre Dieu à l'oraison, à la messe, à l'office, etc., ou contre le prochain, en manquant de respect aux supérieurs, de douceur et de charité envers les frères, etc., ou contre soi-même, par rapport aux vœux, à la pratique des vertus, et aux obligations de nos devoirs d'état. 3° S'exciter à la contrition , et dans ce but considérer la grandeur du Maître que nous avons offensé, l'extrême bassesse de celui qui a osé l'outrager, la grandeur de l'injure que nous lui avons faite après avoir reçu de lui tant de bienfaits, et enfin la vanité des choses pour lesquelles nous nous sommes révoltés contre lui.
Si l'on n'a pas récité les prières du cordon de saint Thomas, on peut les dire ensuite, pour obtenir la vertu de pureté. Car comme ce grand saint a reçu du ciel le don d'une chasteté angélique, il a aussi, auprès de Dieu, un pouvoir particulier pour obtenir cette vertu à ceux qui la demandent par son intercession.
ARTICLE II De la Messe.
La sainte messe est V Action par excellence, c'est-à-dire l'acte principal de la religion chrétienne. C'est le sacrifice de la loi nouvelle, dans lequel Jésus-Christ s'immole à son Père. Elle renferme tous les sacrifices de l'ancienne loi; et seule, elle procure à^la sainte Trinité plus de gloire et d'honneur que tous cesjJOTniers. On ofl'rait à Dieu, dans la loi judaïque, quatre principaux sacrifices, à savoir : l'holocauste, pour reconnaître son souverain pouvoir sur les créatures; le sacrifice de propitiation, pour l'expiation des péchés des hommes; le sacrifice eucharistique ou de louange et de remerciement, en reconnaissance de ses bienfaits; le sacrifice pacifique ou d'impétration, pour obtenir les grâces nécessaires afin de marcher dans les voies de la justice. Or le sacrifice de la messe pro-
duit les mêmes effets d'une manière infiniment plus parfaite, ayant été institué et étant offert par Jésus-Christ à ces mêmes fins, c'est-à-dire pour tionorer la souveraine majesté de Dieu, pour réparer lïnjure qui lui est faite par le péché, pour le remercier de ses faveurs, et pour obtenir de lui toutes les grâces dont on a besoin.
11 faut assister au saint sacrifice de la messe avec respect, recueillement, modestie , attention et dévotion, puisque Jésus- Christ, vrai Dieu et vrai homme, s'immole lui-même sur l'autel par les mains du prêtre, comme il fut immolé sur le calvaire par les mains des bourreaux. C'est la même Victime, le même Sacrificateur; et ce sacrifice n'est pas seulement une commémoration et un souvenir de la passion deNotre-Seigneur sur la croix, mais il en est un véritable renouvellement, quoique d'une manière non sanglante. C'est pourquoi il faut assister à la messe avec une vive frayeur et un saint tremblement, comme si l'on était présent au crucifiement de Jésus. Nous devrions aussi entrer dans les sentiments de la très sainte Vierge, de sainte Madeleine, de saint Jean-, et du bon larron , quand ils étaient devant le Sauveur immolé, c'est-à-dire être tout pénétrés de sentiments d'adoration , d'amour, d'admiration, de crainte, de contrition , de respect et de reconnaissance.
Comme Jésus-Christ se sacrifie sur l'autel pour être la nourriture de nos âmes, on ne trouvera pas une meilleure manière d'entendre la messe que de s'y occuper des circonstances de sa sainte Passion, et de communier spirituellement aux fruits de sa mort, même lorsqu'on ne doit pas avoir le bonheur de communier sacramentellement. Pour cela, on peut dire le chapelet en méditant sur les mystères douloureux. Une prière si facile, relevée par la méditation des mystères, contrlbue-è entretenir l'attention de l'esprit et la dévotion du cœur.
Une autre manière de s'occuper avantageusement de la passion, pendant le saint sacrifice, c'est de la méditer intérieurement sans réciter de formules orales. Cela est surtout salutaire, quand on se sent un attrait intérieur et une grande facilité pour contempler les souffrances de Notre- Seigneur, et qu'on a, d'autre part, delà difficulté pour les prières vocales.