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DEUXIEME PARTIE

II faut remarquer toutefois que, pour bien entendre la messe, il n'est point nécessaire de produire par ordre toutes les différentes affections dont on vient de parler; il suffît d'en exciter quelqu'une; et lorsqu'elle réussit à nous toucher, on ne doit pas passer trop vite à une autre , car le cœur, lorsqu'il est mieux pénétré d'une affection , forme une plus forte résolution de pratiquer la vertu à laquelle elle se rapporte.

Une troisième manière de se bien occuper de Jésus-Christ pendant le saint sacrifice, c'est d'entrer dans les sentiments qui ont porté l'Église a instituer les cérémonies de la messe, de suivre le prêtre dans tout ce qu'il dit et ce qu'il fait, pour s'exciter à des aspirations analogues et offrir la sainte victioie en union avec lui. Car quoique celui-ci monte seul à l'autel comme ministre de Notre-Seigneur, tous les fidèles qui sont présents offrent pourtant le sacrifice à leur manière, comme membres du Verbe incarné. Pour faciliter ce saint exercice, nous allons expliquer brièvement les principales parties de la messe, et leurs rapports avec Jésus-Christ Notre-Seigneur.

On peut en distinguer trois. La première s'étend depuis le commencement jusqu'à la consécration, et elle sert de préparation au sacrifice. La seconde va depuis la consécration jusqu'à la communion , et elle est la plus essentielle. La troisième comprend tout le reste, depuis la communion jusqu'à la fin, et elle sert d'action de grâces, pour remercier Dieu du sacrifice qui a été offert et de la communion sacramentelle ou spirituelle qu'on a faite.

La seule vue des ornements sacerdotaux suffirait pour préparation. Car elle nous rappelle les circonstances de la Passion. On (peut, par exemple, voir dans l'amict, le voile que les Juifs mi/ent sur le visage du Sauveur avant de le frapper; dans l'aube, la robe blanche dont Hérode le revêtit par dérision; dans le cordon, les liens avec lesquels on le garrotta; dans la chasuble, la robe de pourpre qu'on lui fit porter, ou sa tunique sans couture et teinte de son sang dont on le dépouilla pour le crucifier. Les ornements sacrés ont beaucoup d'autres significations qu'on peut avantageusement mettre à profit.

Quant à la sainte messe elle-même, ses cérémonies ont aussi

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des significations nombreuses et profondes, les unes rappelant les anciens usages des catacombes et de la primitive Église, les autres figurant diverses circonstances de la vie de Notre-Seigneur, d'autres servant à exprimer la grandeur des saints mystères, et à faciliter, soit au prêtre, soit aux fidèles, les actes de piété que ces mêmes mystères réclament d'eux. On pourra , si on y trouve son bien spirituel, se servir des pensées suivantes choisies parmi un grand nombre d'autres, car le sujet est immense.

1° Le prêtre, au pied de l'autel , commence par rendre grâces au Seigneur, et dit ensuite le Confiieor. Par là, il nous apprend que la première préparation pour entendre la messe et partiticiper à ses fruits, c'est de remercier Dieu de la faveur qu'il nous fait, et de lui demander pardon de nos péchés, en nous excitant à une contrition pleine d'humilité et de douleur.

2° U Introït, que le prêtre récite deux fois, marque les désirs empressés des anciens patriarches, lorsqu'ils demandaient au Seigneur qu'il envoyât le Messie, l'agneau dominateur de la terre, pour sauver par sa mort le peuple d'Israël.

3° On dit plusieurs fois Kyrie et Christe, c'est-à-dire trois fois en s'adressant au Père, trois fois au Fils qui s'est fait homme et est appelé le Christ, et trois fois au Saint-Esprit. Ces invocations témoignent de la misère où était le monde avant la venue de Jésus-Christ. On peut, en les disant ou en les entendant, demander pardon des offenses commises contre le Père, le Fils et le Saint-Esprit, et se disposer ainsi à participer au sacrifice de l'autel.

4° Le Gloria inexcelsis sert à louer, à bénir, à glorifier Dieu, et à le remercier des grâces qu'il a faites aux nations en leur envoyant le Messie, afin qu'il conduisît à la gloire céleste les hommes de bonne volonté. ' '*'

5° Le prêtre salue les assistants, par ces mots: Dormnusvobiscum, «que le Seigneur soit avec vous, » et après la réponse du peuple : et cum spiritu tuo, il dit : Or émus, « Prions, » Tout cela nous fait comprendre que , pour s'élever vers Dieu avec plus de ferveur, il faut avoir l'esprit du Seigneur; que le prêtre songe à prier pour les assistants , et que les assistants

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