DEUXIEME PARTIE
très à la résurrection du Christ. Les oraisons que le prêtre ajoute sont des actions de grâces pour remercier Dieu des bienfaits qu'il nous a accordés dans le saint sacrifice, en particulier dans la communion.
16° La Bénédiction que le prêtre donne lorsque la messe est finie, rappelle la bénédiction que Jésus-Christ donna à ses disciples en montant au ciel, ou encore la bénédiction solennelle qu'il donnera à ses élus, au jour du dernier jugement, lorsqu'il leur dira : Venez, les bénis de mon Père; possédez le royaume qui vous a été préparé dès le commencement du monde. (Matlh. xxv, 34.)
Ceux qui, en assistant au saint sacrifice, voudront entrer ainsi dans les vues de l'Église, et profiter sans effort de ses cérémonies, exciteront dans leur cœur les affections suivantes, ou d'autres semblables. Ils pourront, au Confiteor, demander pardon de leurs péchés ; à V Introït, désirer la venue spirituelle de Jésus-Christ; an Kyrie, implorer la divine miséricorde; au Gloria, se réjouir avec les anges et remercier Dieu de la naissance du Sauveur; au Dominus vohiscum , souhaiter de lui être toujours unis, puis imprimer dans leur esprit la pensée et demander la grâce qui sont spéciales à l'office du jour; à VÉpÛre , tâcher de s'instruire de quelques paroles de l'Écriture ; au Graduel et au Trait , solliciter l'esprit de pénitence; à V Alléluia, sq réjouir dans le Seigneur, et lui demander la paix d'une bonne conscience; à V Évangile, écouter avec respect la doctrine de Jésus -Christ et la graver dans leur cœur; au Credo, faire des actes de foi sur les mystères qu'il renferme, de soumission à l'Église qui les propose et en définit le sens; à V Offertoire, offrir Jésus, et s'offrir avec lui à son Père pour les quatre fins du sacrifice ; à la Préface, élever leur cœur et leur esprit vers Dieu, pour le louer et le glorifier avec les anges, par Notre-Seigneur j à V Élévation, adorer Jésus réellement présent sous les espèces du pain et du vin, au Pater, demander pour eux et pour ceux qu'ils aiment les grâces et les vertus qui leur conviennent; hVAgnus et à la Communion du prêtre, faire la communion spirituelle; à la Postcommunion et aux Orai-
sons^ remercier Dieu des grâces qu'il vient de leur faire; à la Bénédiction, lui demander qu'il les bénisse en ce monde par la grâce, et en l'autre par la gloire. Pendant le dernier Évangile, il est convenable de demander pardon des fautes et des négligences qu'on a commises en entendant la messe.
C'est après la consécration qu'il faut s'entretenir plus intérieurement et plus exclusivement avec Jésus-Christ réellement présent sur l'autel. Il est facile d'exciter alors de tendres affections dans son cœur, en formant des actes d'adoration , de foi, de contrition, d'humilité, de demande et d'amour. Tandis que, dans le chœur, le religieux reste longtemps prosterné, combien plus doit-il se prosterner et s'anéantir en esprit, à la présence de son Sauveur et de son Dieu ! Et pendant que le prêtre se frappe la poitrine et élève la voix pour dire : Nobis quoque peccatoribus , en souvenir de la contrition éprouvée par le larron pénitent, par le centurion et par le peuple qui , après la Passion, s'en retournaient en se frappant la poitrine, avec quelle application doit-il s'exciter à une vive douleur de ses péchés et en demander très humblement pardon ! Ensuite il mettra toute son attention à se préparer à la communion spirituelle, pour la faire au moment de celle du prêtre.
La communion spirituelle consiste dans un désir ardent de recevoir Jésus-Christ spirituellement parla grâce, et de s'unir à lui. La pratique en est excellente; aussi elle est vivement conseillée par les saints et recommandée par le concile de Trente. Ses avantages sont tels que parfois celui qui ne communie que spirituellement reçoit plus de grâces qu'un autre qui communie réellement. Car quoique la communion sacramentelle soit, par elle-même, d'un plus grand mérite, et que, comme sacrement, elle produise la grâce par une vertu qui lui est propre; toutefois le désir qu'on a de s'unir à Notre-Seigneur peut devenir si ardent, et être accompagné d'un si grand respect, d'un si grand amour, d'une si grande humilité, qu'on dépasse en saintes dispositions celui qui communiera réellement, mais avec des dispositions plus imparfaites.