‹ L'instruction des novices [microform]Chapitre 122 sur 361 · DEUXIEME PARTIE · texte numérisé non relu

DEUXIEME PARTIE

La communion spirituelle, étfint tout intérieure, a encore l'avantage de n'être point exposée à^la vanité, et de pouvoir être faite, non seulement une fois à la messe, mais toutes les fois qu'on forme ce désir ardent de recevoir Jésus. C'est pourquoi plusieurs personnes la font chaque fois qu'elles passent devant le très saint Sacrement, et souvent au milieu de leurs travaux. On pourrait user de cette forme : « Mon Sauveur, je décirerais très ardemment communier et vous recevoir sacramenlellement; mais, puisque je ne puis avoir ce bonheur, faitesmoi la grâce de vous recevoir spirituellement et d'être pour toujours uni intérieurement à vous, par mes actions, par mes intentions et par mes inclinations. »

ARTICLE 111 De rOfflce divin.

L'office divin, par lequel on rend à Dieu, au nom de l'Église, les louanges qui lui sont dues, est, après la sainte messe, l'action là plus considérable de la religion chrétienne. Dieu est grand; il mériterait des louanges infinies, si les créatures en étaient capables. Les anges et les bienheureux dans le ciel le louent continuellement. Ici -bas, les créatures inanimées le bénissent à leur manière; mais c'est à l'homme à s'acquitter de ce devoir sur la terre, d'une manière libre, intelligente et bien plus parfaite. Toutefois, tous ne peuvent pas se consaciiir exclusivement à la prière publique; l'Église a donc chargé de cette obligation et de cet honneur les ecclésiastiques et les religieux , qui sont destinés par état à louer le Seigneur, non seulement en particulier, mais publiquement; non seulement pour eux, mais pour tout le peuple. C'est pourquoi les fidèles contribuent à leur entretien par les aumônes, afin qu'étant dégagés des soins superflus et des affaires de ce monde, ils puissent s'occuper plus saintement et plus uniquement à devenir par l'oraison les médiateurs entre le ciel et la terre.

Pour bien dire l'office, il faut l'intention, la modestie du corps, l'attention de l'esprit et la dévotion du cœur.

Vinteniion est un mouvement de. la volonté, qui nous fait tendre à la réalisation d'un but désiré. Pour satisfaire à l'office, il n'est pas absolument nécessaire d'avoir l'intention actuelle et de dire: «J'entends réciter cet office pour satisfaire à mes obligations; » il suffit d'avoir l'intention virtuelle, qui existe dès qu'on se rend au chœur pour le dire avec la communauté, ou qu'on prend son bréviaire pour le réciter en particulier. Car ces actes de volonté viennent de l'intention qu'on a de faire son devoir, quoique l'habitude empêche d'en avoir conscience et de l'exprimer distinctement chaque fois.

Cela doit être bien remarqué par les scrupuleux, qui s'imaginent n'avoir pas eu l'intention de satisfaire à l'obligation de l'office, de la messe ou de la pénitence sacramentelle. Ils ont pour le moins l'intention virtuelle, renfermée dans cette disposition dont nous venons de parler, de prier Dieu, défaire tel acte, comme leur ayant été prescrit. Quand même ils croiraient, non seulement n'avoir pas eu l'intention nécessaire pour satisfaire à leur obligation , mais avoir consenti à l'intention contraire, ils ne doivent pour cela ni répéter leurs heures, ni recommencer leur pénitence , ni entendre une autre messe. Car cette intention contraire qu'ils supposent avoir eue n'est pas réelle, mais chimérique; et elle est une suite du trouble que le scrupule a laissé dans leur esprit, en inquiétant et en frappant leur imagination.

Pendant l'office, il faut avoir une grande modestie extérieure. Cette modestie consiste d'abord, quand on le dit en chœur, à se tenir dans la posture prescrite par les rubriques, en sorte qu'on soit exact à prier debout ou assis, couvert ou découvert, à genoux ou prosterné, dans les temps qui sont destinés pour cela. Lorsque c'est en particulier, il est louable de le réciter, au moins en partie, à genoux; c'est la posture du corps la plus humble, la plus respectueuse; et elle est un secours pour développer la dévotion intérieure. On doit surtout observer une grande modestie dans la vue, ayant toujours les yeux baissés, et ne regardant quoi que ce soit sans une véritable nécessité. Le principe de cette modes-

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