‹ L'instruction des novices [microform]Chapitre 125 sur 361 · DEUXIEME PARTIE · texte numérisé non relu

DEUXIEME PARTIE

Une marque qu'on a de la dévotion à dire l'office , c'est lorsqu'on quitte avec promptitude toute autre occupation extérieure, aussitôt qu'on entend le premier signal qui y appelle, et lorsqu'on trouve du plaisir à chanter les louanges de Dieu avec ses frères. Au contraire, c'est une marque d'indévotion , lorsqu'on retarde le plus qu'on peut de venir au chœur pour y dire l'office; lorsqu'on cherche de faux prétextes pour s'en absenter, et lorsqu'on s'y ennuie en célébrant les louanges du Tout-Puissant comme si on les trouvait trop longues.

Les religieux feront leurs délices d'assister au chœur. Gomme les anges et les saints dans le paradis, en chantant les louanges de Dieu, sont continuellement dans des transports , des extases et des ravissements ineffables, les religieux devraient aussi, pendant l'office, être dans une espèce de transport, par la vivacité de leur foi, l'ardeur de leur amour et la ferveur de leur dévotion; car ils ont le bonheur de louer la même souveraine Majesté que les anges. C'est ainsi que notre Père saint Dominique et ses premiers disciples se faisaient un bonheur de venir au chœur la nuit comme le jour; ils y trouvaient une fournaise d'anaour où ils se consumaient avec délices, et chacune de leurs paroles s'élevait comme une flamme vers le trône de l'Éternel pour lui marquer leur ferveur et leurs adorations. Tels étaient aussi les sentiments de David, lorsqu'il disait : Mon cœur est prêt, mon Dieu, mon cœur est prêt; je chanterai et je réciterai des cantiques; mes lèvres prononceront vos louanges avec des transports de joie; je bénirai le Seigneur en tout temps, sa louange sera toujours dans ma bouche. ( Ps. lvi , 8 ; xxxiii , 2.) Pourquoi ne chercherions -nous pas à acquérir peu à peu de pareils sentiments?

Afin d'avoir de l'attention et de la dévotion en disant l'office, il faut y apporter une préparation convenable; le Saint- Esprit nous le recommande : Avant de prier, préparez votre âme, et ne soyez pas semblable à un homme qui tente Dieu» (Eccli. xviii, 23.)

La préparation éloignée consiste à se tenir recueilli péri'» dant la journée, à marcher en la présence de Dieu, à faire

régulièrement la méditation, à produire de fre'quentes élévations de cœur et d'esprit vers Dieu, à bien garder le silence, à pratiquer la mortification des sens et des passions. Si l'on est dissipé tout le jour, si Ton est vif et déréglé dans ses passions, et surtout si avant l'office on parle de nouvelles ou d'autres choses curieuses, il est impossible d'être recueilli aussitôt qu'on veut prier, et d'avoir l'attention et la dévotion nécessaires. Avec notre triste nature , il est facile de passer brusquement de la ferveur à la dissipation, mais non de la dissipation à la ferveur. Dieu ne voulait pas, dans l'ancienne loi, qu'on attendît, pour allumer le feu sacré, qu'il fallût s'en servir pour le mettre dans l'encensoir ou pour consumer les sacrifices et les holocaustes; il avait ordonné qu'il brûlât toujours sur l'autel, et que le prêtre, tous les matins, y mît du bois pour le renouveler et l'entretenir; de même aussi ne suffît- il pas d'allumer le feu sacré de l'amour divin; lorsqu'on veut offrir le sacrifice de la louange et l'encens de la prière; ce feu doit être toujours allumé dans notre cœur, et il faut l'entretenir chaque jour par de saintes pensées, de pieuses affections ; de ferventes méditations et un continuel recueillement.

La préparation prochaine, que l'on doit faire avant de commencer l'office, embrasse les cinq actes suivants : 1» acte de foi , sur la présence et la grandeur infinie de Dieu, qui nous regarde et nous écoute; 2° de contrition pour purifier notre âme des péchés qui nous rendent indignes de lui parler; 3° d'offrande , de l'office qu'on va dire, afin qu'il glorifie Dieu, satisfasse à nos péchés et à ceux du prochain , contribue au soulagement des âmes du purgatoire, procure la conversion des pécheurs, augmente la perfection des justes, et obtienne quelque autre grâce particulière, selon l'intention qui nous est recommandée; 4° de renoncement anticipé aux distractions qui pourront nous venir pendant l'office, disant avec saint Bernard : Pensées du monde, demeurez ici jusqu'à mon retour; quand j'aurai besoin de vous, je vous reprendrai; hélas! vous ne reviendrez que trop lot! 5** d'union à Jésus en associant les prières qu'on va réciter aux louanges qu'il a offertes à

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