‹ L'instruction des novices [microform]Chapitre 131 sur 361 · DEUXIÈME PARTIE · texte numérisé non relu

DEUXIÈME PARTIE

seux, impatient, indocile, immodeste et transgresseur de ses constitutions, qu'on l'était quand on commença d'être religieux. Peut-être même qu'au lieu d'avancer dans la perfection, on a reculé, parce qu'on se confesse par coutume, par respect humain , et sans les dispositions requises.

Cinq conditions doivent se réunir pour que la réception du sacrement de pénitence porte tous ses fruits : examen, contrition, ferme propos, déclaration des péchés, accomplissement de la pénitence,

1. L'examen de conscience est une recherche exacte des péchés qu'on a commis depuis la dernière confession. Pour le bien faire, il faut en demander à Dieu la grâce, par quelque acte de ce genre : Mon Dieu, je vous demande, par les mérites de Jésus-Christ, et par l'intercession de la sainte Vierge, de mon saint ange gardien, et de mes saints patrons, la lumière qui m'est nécessaire pour me bien souvenir de tous mes péchés, et pour en bien pénétrer toute la malice. Ensuite on recherche en détail les péchés commis par pensées, désirs, paroles, actions, omissions et coopération. Lorsqu'on fait une confession qui embrasse un temps assez considérable, on peut s'examiner en parcourant les commandements de Dieu et de l'Église, les sept péchés capitaux, l'usage des cinq sens, c'est-à-dire Touïe, le goût, la vue, l'odorat et le toucher, et les obligations particulières de son état. Mais , lorsqu'il n'y a pas longtemps qu'on s'est confessé, il suffit de rechercher avec une diligence exempte d'efforts excessifs ce qu'on a commis contre Dieu , contre le prochain et contre soi-même.

On doit aussi , en s'examinant, tâcher de découvrir le nombre et les circonstances du péché. Car il y a des circonstances qui en changent l'espèce, d'autres qui en augmentent notablement la malice et peuvent modifier le traitement dont l'âme a besoin pour guérir. On emploiera pour s'examiner un temps raisonnable, plus ou moins long en proportion de l'intervalle qui nous sépare de la dernière confession. Gomme les novices se confessent souvent, il suffit qu'ils consacrent un quart d'heure à faire leur examen de conscience. C'est une marque de scrupule ou de paresse d'employer trop de temps à

s'examiner. Les scrupuleux perdent en cela des heures précieuses qu'ils feraient mieux d'appliquer à la lecture spirituelle, à l'étude, ou à des œuvres de miséricorde.

II. La contrition est une douleur sincère des péchés que l'on a commis, avec une forte résolution de n'en plus commettre à l'avenir. Tout chrétien instruit sait qu'il y a deux sortes de contrition. L'une s'appelle parfaite, parce qu'elle est conçue par le motif du parfait amour de Dieu ; et elle efface les péchés avant même la réception du sacrement. L'autre s'appelle imparfaite ou atirition, et elle est principalement conçue, pour l'ordinaire, par la considération de la laideur du péché ou par la crainte des peines de l'enfer: quoique imparfaite, elle dispose utilement à être justifié dans le sacrement de pénitence. Pour faire une bonne confession , il est absolument nécessaire d'avoir la conlrilion, au moins imparfaite , car le péché ne peut pas être remis si on ne le détesle par une véritable et sincère douleur; et,- en outre, afin que le sacrement de pénitence soit valide, il faut y apporter une matière convenable ; or la matière de ce sacrement , ce sont les péchés qu'on accuse avec le repentir qui les accompagne. Mais il est bon de s'exciter à la contrition parfaite, en considérant les motifs les plus pressants qui peuvent nous porter à détester nos offenses pour le pur amour de Dieu. Il n'est pas aussi difficile d'y arriver qu'on se le persuade; et c'est le parti le plus sûr pour la rémission, comme le plus salutaire pour la sanctification.

Il faut donc bien se garder d'employer tout le temps à se souvenir de ses péchés, mais s'appliquer principalement à s'exciter à la contrition, puisque sans elle on n'en recevrait pas le pardon dans l'absolution. C'est pourquoi aussi il est .nécessaire que l'acte de contrition précède l'absolution, afin que la forme du sacrement de pénitence soit appliquée sur une matière légitime et bien complète. Mais pour que la contrition soit véritable , il ne suffit pas de protester de bouche qu'on est affligé d'avoir offensé Dieu ; cette douleur doit être intérieure , c'est-à-dire atteindre la volonté, qui est la racine et la source d'où nait toute prévarication.

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