DEUXIÈME PARTIE
après, il y a péché véniel, parce que l'on en a soi-môme posé la cause. Le mieux est de laisser le confesseur juge de la qualité de la faute et du degré du consenlement. On présume avec raison qu'il y a tout au plus péché véniel, lorsque la personne est d'une vie réglée , d'une conscience délicate, et qu'elle a coutume de rejeter ces sortes de pensées , aussitôt qu'elle s'en rend compte. Ce qu'on vient de dire doit s'entendre aussi des tentations de vengeance, de colère, d'envie, de désobéissance , avec cette différence que dans ces derniers cas, pour un péché mortel, il faut qu'outre le consenlement pleinement volontaire, la matière atteigne une gravité notable, tandis que pour ce qui est contraire à l'aimable vertu, il n'y a pas de matière légère , tout est considérable.
Le pieux et savant Louis de Grenade conseille, pour bien profiter du sacrement de Pénitence, de s'examiner et de s'accuser s'il y a lieu, au début, après avoir indiqué la date de la confession précédente, de quatre manquements si communs que peu de personnes les évitent. C'est : 1<» la négligence à se préparer à la confession, et à faire l'examen de conscience; 2° le peu de soin apporté à s'exciter à la contrition et au ferme propos; 3" d'avoir accompli sa dernière pénitence avec beaucoup de distractions, et d'avoir communié sans l'attention et la dévotion requises; 4" de ne s'être pas tenu après la sainte communion dans le recueillement que demandait la présence de Jésus-Christ. Après s'être ainsi accusé des manquements ordinaires aux personnes même qui se présentent souvent au saint tribunal, on s'accusera des autres péchés qu'on a commis. C'est une méthode encore plus courte de rappeler dans sa mémoire les pensées , les paroles , les actions , par lesquelles on a pu offenser Dieu , et de s'en accuser dans le même ordre qu'on a fait l'examen.
Lorsqu'on a fini la déclaration de ses fautes, il est bon d'ajouter : a Je m'accuse de tous ces péchés, de tous les autres que je ne connais pas, et de tous ceux de ma vie passée, en particulier d'un tel. J'en demande pardon de tout mon cœur à Dieu, et à vous, mon Père, l'absolution et la pénitence. » Ensuite, sans plus se préoccuper des fautes qu'on vient de dire
OU de celles qu'on pourrait avoir oubliées, on écoutera avec beaucoup de docilité et d'humilité les avis et les remontrances du confesseur. S'il adresse quelque demande, on lui répondra avec une grande candeur, comme à celui qui tient la place de Jésus-Christ, et on acceptera de bon cœur la pénitence qu'il donnera. Si l'on craint de ne la pouvoir pas accomplir, on le lui représentera très humblement. Quand il sera sur le point de donner l'absolution, on fera un nouvel acte de contrition de toute la puissance de son âme, car la grâce descend en nous au moment où le prêtre prononce les paroles sacramentelles^; et celte grâce est plus ou moins abondante, selon le degré du repentir. Après la confession, on s'empressera de remercier Dieu de tout cœur de ce qu'il a daigné nous pardonner, et l'on se disposera à faire exactement ce que le confesseur a ordonné ou conseillé.
V. La pénitence ou la satisfaction que le prêtre enjoint est une partie du sacrement de la réconciliation., comme le bras appartient à l'intégrité du corps humain. Quoique l'offense contre Dieu ou la coulpe du péché soit remise par l'absolution, il reste pourtant encore une peine temporelle à subir dans ce monde ou dans l'autre, po^r satisfaire à la justice divine sous le rapport du plaisir déréglé qu'on a pris en péchant : c'est pour cela qu'on reçoit une pénitence. Cette pénitence est aussi un frein contre le péché pour l'avenir, un remède contre les mauvaises habitudes, un trait de ressemblance avec Jésus -Christ, un gage de la vie éternelle; enfin elle nous délivre des peines qu'il faudrait souffrir en purgatoire , si elle parvient à égaler le nombre et l'énormité de nos péchés. C'est pourquoi il faut l'accomplir intégralement et au temps marqué. Comme les pénitences qu'on impose suffisent rarement pour l'entière expiation des fautes, il est bon d'en demander ou d'en ajouter soi-même quelques-unes , comme d'offrir à Dieu, en esprit de pénitence, nos mortiiBcations ordinaires, les jeûnes, les veilles, les éludes et les exercices réguliers.
Là confession générale dans laquelle on s'accuse des péchés de toute sa vie ou de ceux qu'on a commis depuis un