‹ L'instruction des novices [microform]Chapitre 137 sur 361 · DEUXIÈME PARTIE · texte numérisé non relu

DEUXIÈME PARTIE

2° Si l'on s'est loué et glorifié de ses qualités corporelles ou spirituelles; si, pour s'attirer l'estime, on a parlé de soi-même et de ses parents, ou de ce qu'on a fait dans le monde.

3° Si l'on a dit des mensonges , soit par divertissement, soit pour rendre service, soit pour nuire; si l'on a adressé des questions ou des réponses équivoques pour déguiser la vérité; si on l'a fait même à l'égard des supérieurs.

4° Si l'on a dit du mal de son prochain en remarquant ses défauts, en divulguant ses fautes, en les exagérant, en interprétant en mauvaise part ses bonnes actions, ou en les niant et en rabaissant le mérite.

5° Si l'on a murmuré contre ses frères, et surtout contre ses supérieurs, en critiquant leur conduite, en blâmant leur manière d'agir, et en s'en plaignant injustement. (La plainte est injuste lorsqu'on n'y observe pas le temps et le lieu convenables ; lorsqu'on se plaint à une personne qui ne peut remédier au mal; lorsqu'on se plaignant, même au supérieur qui peut y remédier, on ne garde pas la modération convenable à un religieux.)

6° Si l'on a fait des rapports en répétant à quelqu'un ce que les autres ont dit de fâcheux contre lui; en racontant les fautes du prochain à d'autres qu'au supérieur, ou même au supérieur par un sentiment d'aversion , non de charité.

7° Si l'on a péché par envie ou par jalousie, en tenant des discours chagrins et méchants contre la réputation du prochain.

8° Si l'on est tombé dans la flatterie, en louant avec feinte ou avec excès le bien d'une personne ; en approuvant le mal qu'elle fait, dans la vue de lui plaire et de s'insinuer dans son esprit, et surtout dans l'espérance de gagner la bienveillance des supérieurs , dont on croit connaître le côté faible.

9° Si l'on a dit des paroles de mépris de son prochain , en lui parlant avec des airs hautains, ou des paroles rudes, piquantes et acerbes; en lui reprochant quelque défaut et en se moquant de ses imperfections; en discutant avec lui d'une manière contentieuse, accompagnée d'éclats de voix et d'invec-

tives scandaleuses pour ceux qui entendent; si on a ne'gligé de parler aux supérieurs avec tout le respect et l'obéissance qui leur sont dus.

10° Si on a dit des paroles inutiles , curieuses , mondaines , indiscrètes, trop libres et peu chastes; et si on a fait des récits peu édifiants de choses qu'on a apprises des personnes du dehors.

On examinera si on a prononcé ces paroles par légèreté, par précipitation et inadvertance, ou de propos délibéré, ou même avec quelque mauvaise intention.

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