‹ L'instruction des novices [microform]Chapitre 143 sur 361 · VI°. — PAR ACTION ET PAR OMISSION · texte numérisé non relu

VI°. — PAR ACTION ET PAR OMISSION

Contre les vœux et les points de règle.

1° Si l'on a été négligent à exécuter ce qui est de l'obéissance; si on a accompli avec chagrin ce que les supérieurs ont ordonné; si on ne l'a fait que par complaisance ou par

respect humain, sans dessein de plaire à Dieu; si on a agi sans aucune permission.

2° Si on a manqué d'obéir aveuglément, de cœur et d'esprit, s'informant çà et là, examinant, et réclamant d'autres raisons, pour se soumettre, que l'obéissance même, c'est-à-dire la volonté divine manifestée par celle des supérieurs.

3° Si, au lieu d'aimer ceux-ci comme des pères, on n'aurait pas contre eux quelque aversion secrète, quoique légère; si on a omis de prier pour eux; de leur porter le respect qui leur est dû; de leur parler avec candeur et sincérité; si on s'est permis d'examiner leurs actions et de murmurer contre leur conduite.

4° Si l'on a reçu avec impatience les avertissements et les corrections des supérieurs, redoutant d'être repris par eux , et les accusant de sévérité, de partialité ou d'indiscrétion; si l'on a été tellement opposé à faire et à souffrir ce qu'ils ont voulu, qu'on les ait obligés à suivre notre inclination plutôt qu'à rechercher l'intérêt de notre âme.

5° Si l'on n'a pas aspiré au véritable esprit de pauvreté; si l'on a donné ou prêté sans permission ; si on a reçu quelque chose de ses frères ou des séculiers, ou retenu quelque objet dans la cellule à l'insu des supérieurs ; si, par sa faute, on a laissé perdre les biens de la religion.

6° Si l'on a gardé à son usage des objets superflus et curieux; si on a de l'attachement aux choses nécessaires , comme aux livres, aux vêtements, à la cellule, etc.; si on a eu trop d'empressement à se les procurer; si on s'est plaint ou inquiété lorsqu'elles nous ont manqué; si on s'est arrêté à des desseins chimériques, comme d'avoir de grandes richesses, de bâtir de beaux couvents, de faire d'agréables voyages.

7° Si l'on éprouve de la honte à porter des habits usés et rapiécés; si on s'est approprié ce qui était destiné à l'usage des autres; si l'on a toujours voulu avoir ce quil y avait de meilleur.

8° Si l'on a eu des tentations, des pensées, des représentations, etc., contre la chasteté; si l'on y a donné occasion par

des regards dangereux sur les personnes, les objets, etc.; ou par des conversations libres ; si on a été négligent à rejeter ces tentations.

9° Si, par suite de sa mollesse ou pour y avoir donné occasion, on a ressenti des mouvements peu chastes; si on ne s'est pas hâté de les réprouver dès qu'on s'en est aperçu.

■1 0° Si l'on a manqué de modestie en se couchant , et pendant le repos; si on adonné facilement des serrements de main, ou si on s'est laissé aller à quelque manière trop libre; si on a permis aux autres d'en prendre envers nous.

11" Si on n'a pas été exact à garder ses constitutions, ou si on les a observées sans estime, n'y reconnaissant pas des moyens très sages que la Providence nous a donnés pour arriver à la perfection; si on a tourné quelques-unes de leurs prescriptions en ridicule, et si on a plaisanté ceux qui les observaient scrupuleusement dans les moindres choses.

12° Si, par négligence et par passion, on a transgressé quelques points des règles , comme le silence et les jeûnes ; si on les a transgressés par mépris ou par une habitude invétérée, qui dispose plus vite qu'on ne le croit au mépris et au péché grave.

13° Si on a négligé de tendre à la perfection ainsi qu'on y est obligé par la profession religieuse; si on s'est dégoûté de son état; si par paresse ou par tiédeur on a négligé ou omis ses œuvres de piété, et manqué à ses bonnes résolutions.

14° Si on a donné occasion à quelqu'un d'aller contre la règle, les constitutions et les avis des supérieurs, soit en les transgressant soi-même, devant les autres, soit en entraînant les autres à les transgresser, ou en leur en inspirant peu d'estime, comme si c'étaient des choses de" minime valeur, ou en approuvant ceux qui les transgressent, ou en souriant au lieu de gémir, quand quelqu'un les viole devant nous.

15° Si on a manqué de fidélité et d'exactitude à s'acquitter des offices auxquels on est employé.

On peut juger, par les détails de cet examen , de combien de défauts les personnes spirituelles doivent se garder, combien elles doivent s'humilier lorsqu'elles sentent en elles tant d'à-

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