DEUXIÈME PARTIE
vrir et d'en déraciner la cause; lorsqu'après y être tombé on en prend occasion de devenir plus fervent, plus humble, et d'en gémir devant Dieu. Pour acquérir cette grande pureté de conscience, il est bon, avant la communion, de se confesser de ses péchés , avec un grand regret de les avoir commis et une forte résolution de s'en corriger.
11 faut surtout se purifier de toute tache opposée à la belle vertu, car l'Eucharistie contient une chair virginale, qui est la source de toute chasteté. Il ne faut cependant pas, parce qu'on a éprouyé, sous ce rapport, quelque illusion du démon sans notre faute, laisser trop facilement la communion. Il est rapporté dans les conférences des Pères du désert qu'un jeune solitaire ayant des épreuves de ce genre toutes les fois qu'il devait communier, les anciens s'assemblèrent et décidèrent que, nonobstant ces peines, il fallait qu'il continuât; et, en effet, par ce moyen les illusions cessèrent.
3° La dévotion actuelle est la troisième disposition pour la communion. Puisque la dévotion, en général, n'est autre chose qu'une ardeur et une promptitude de notre âme à s'appliquer au culte et au service de Dieu, la dévotion, considérée par rapport au très saint sacrement en particulier, ne doit être qu'une fervente application de notre âme aux excellences de ce divin mystère, accompagnée de saintes considérations sur les merveilles qu'il renferme, et entretenue par de ferventes affections qui naissent de ces considérations. Cette dévotion est nécessaire, non seulement à cause de la majesté également aimable et redoutable de Jésus -Christ qu'on reçoit dans ce sacrement, mais aussi pour en retirer l'abondance des grâces, et y trouver surtout une certaine réfection spirituelle qui fait que l'âme goûte la douceur ineffable du Pain de vie et en reçoit une vigueur toute nouvelle.
Pour arriver à cette dévotion actuelle, il est bon de s'y préparer pendant quelque temps; car il est très difficile, pour ne pas dire impossible, de passer tout à coup d'un état de liédeur à cet état de ferveur si désirable. C'est pourquoi il est avantageux, dès la veille de la communion, de s'y disposer par quelques pratiques pieuses, comme d'éviter plus soi"
gneusement les pensées inutiles, de retrancher les paroles oiseuses, de mortifier quelqu'une de ses passions, d'être plus modeste dans ses regards, de pratiquer quelque acte d'humilité, de douceur, d'obéissance et de pénitence. Il faut aussi, le matin du jour où l'on doit communier, dès qu'on s'éveille, penser à Jésus et désirer avec ardeur de le recevoir en disant , par exemple : mon aimable Sauveur, je vous adore. Venez, Seigneur, il me tarde de Tn'unir à vous dans votre auguste sacrement; je vous demande cette grâce de tout mon cœur.
Peu de temps avant la communion, il faut produire les actes qui doivent immédiatement la précéder. Quand on est sur le point de communier, qu'on s'est prosterné en récitant le Confiteor, et que le prêtre a dit le Misereatur, c'est le moment de former une dernière fois des actes plus simples et plus vifs de contrition, de componction, de crainte, de respect, de confiance et d'anéantissement.
Après la communion , il faut employer au moins un quart d'heure à faire son action de grâces. C'est le temps le plus précieux de notre vie, puisque Jésus-Christ réellement présent en nous se plaît alors à y répandre, avec une générosité sans égale, ses grâces et ses vertus. Ce serait manquer de respect et se rendre coupable d'une insigne ingratitude , d'occuper alors son esprit , son cœur ou ses sens à quelque chose d'étranger. Il convient surtout de former des actes de remerciement, d'adoration, d'oiïrande et de demande.
On doit passer tout le jour de la communion dans un plus grand recueillement intérieur et extérieur, et ne s'occuper qu'à des exercices de louange, de piété, de charité et d'obéissance, s'appliquant à faire dans cet esprit tous ses exercices, sa lecture, son oraison, son étude. C'est ainsi que la très sainte Vierge, ayant conçu le Sauveur, s'empressa d'abord de témoigner sa reconnaissance pour cette grâce, par une merveilleuse promptitude à suivro l'inspiration de Dieu, par une grande ferveur à traverser les montagnes de la Judée, afin d'exercer la charité envers sainte Elisabeth, et par une incomparable ardeur à chanter son cantique, Magnific-.U.
Le fruit le plus excellent et le plus à la portée de tous