‹ L'instruction des novices [microform]Chapitre 15 sur 361 · PREMIERE PARTIE · texte numérisé non relu

PREMIERE PARTIE

après avoir employé ses eiïorls aux fonctions apostoliques, d'aller au chœur chanter les louanges divines, de réveiller sa dévotion par le spectacle de la ferveur dos frères , de reposer saintement son esprit et de répandre sans effort son cœur en Dieu, par un ensemble d'exercices qui répondent si bien à notre nature, réunissent tous les charmes de Ja prière extérieure, laissent le champ libre aux élévations de la contemplation intérieure, et donnent à toute la journée un reflet de la vie du Ciel 1

« Dans l'ordre de Saint-Dominique, on inspire une dévotion tendre et solide à Jésus- Christ et à la sainte Vierge. Les religieux regardent Marie comme leur protectrice et leur mère ; et c'est par son intercession qu'ils obtiennent beaucoup de grâces.

« Quant à l'étude, elle dure.autant que la vie; on y emploie tout le temps qui reste après les prières et les fonctions apostoliques. Les jeunes profès vont en classe trois heures par jour, pendant deux ans de philosophie et quatre ou cinq ans de théologie; ils ont aussi des thèses et d'autres exercices scolastiques propres à éclaircir les questions et à donner de la promptitude à l'esprit. Après les études, ils s'occupent, chacun selon son talent, ou à prêcher, ou à enseigner, ou à confesser; ou encore ils vont aux missions apostoliques. L'étude procure un vrai plaisir à l'intelligence , lorsqu'on s'accoutume à y vaquer avec pureté de cœur ; et elle est d'un grand mérite devant Dieu , pourvu qu'elle soit animée par un esprit de pénitence, d'obéissance et de charité.

a Durant l'année de probation, les novices n'étudient pourtant point les sciences. Un an, bien employé, suffît à peine pour les former à la piété, à la prière, à la retraite, au silence, à l'obéissance, à l'humilité, à la régularité, et pour juger la question de leur vocation. Ils ont cependant des classes où ils apprennent le chant de l'Église, les constitutions de l'Ordre et les rubriques de l'ofûce divin. A leur profession, ils font les trois vœux de religion , qui leur donnent le principal moyen d'arriver à la perfection vers laqr-elle ils devront tendre pendant toute leur vie. Ils s'engagent en outre, en pro-

fessant, à garder la règle de Saint- Augustin et les constitutions des Frères prêcheurs, comme étant des moyens pour observer plus facilement leurs vœux; et ils promettent de les pratiquer, non comme elles s'observent ici ou là, mais telles qu'elles sont écrites, sans qu'aucun usage puisse prescrire contre elles. Cependant cette règle et ces constitutions ne les obligent à aucun péché, ni mortel ni véniel, ce qui les préserve de la gêne de conscience, très nuisible au progrès des âmes. Ils les observent de bonne grâce, par mortification , par amour, et pour acquérir de nouveaux mérites; s'ils viennent à y manquer, ils s'engagent seulement à subir la pénitence qui leur sera imposée par les supérieurs.

« Ce qu'il faut observer et admirer par-dessus tout, c'est que saint Dominique a réuni dans son Ordre la vie contemplative, qui se repose paisiblement auprès de Dieu dans la prière et l'étude, avec la vie active, qui se dévoue au prochain pour le délivrer de la mort éternelle et lui procurer la gloire du Ciel. Il a rassemblé aussi tous les avantages et les mérites de beaucoup d'autres états, savoir : le zèle des ecclésiastiques qui travaillent au salut des âmes; la prière publique des chanoines et des autres clercs qui sont consacrés à chanter les louanges de Dieu dans le chœur ; la pénitence des solitaires et des autres religieux, c'est-à-dire la retraite, les jeûnes, les veilles et la pauvreté. Ces éléments divers font que la vie du frère prêcheur est quelque chose d'élevé et de difficile; mais, comme il remplit ces diverses, fonctions par état, avec mission reçue d'en haut dans la personne du fondateur, et confirmée par l'approbation de l'Église , il reçoit aussi des grâces particulières pour s'en bien acquitter, et il est secouru dans ces saintes pratiques par les bons exemples de ses frères, parleur charité et par la joie qu'elle répand, par les bons avis des supérieurs, par la douceur du gouvernement de l'Ordre, par les lectures spirituelles, et par la fréquentation des sacrements.

« Cet Ordre a rendu de grands services à l'Église depuis plus de six cents ans qu'il est établi. Il a donné au Ciel beaucoup de saints béatifiés et canonisés ; et il y en a beaucoup d'au-

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