‹ L'instruction des novices [microform]Chapitre 151 sur 361 · DEUXIEME PARTIE · texte numérisé non relu

DEUXIEME PARTIE

d'être tenté, mais c'en serait un grand de s'exposer à succomber à la tentation en différant de la découvrir. C'est même souvent une bonne marque, d'avoirbeaucoup de tentations- Le Saint-Esprit nous apprend que ceux qui veulent bien servir Dieu doivent se préparer à l'épreuve. Le démon n'a pas besoin d'environner de ses pièges ceux qui sont à lui, puisqu'il est leur maître ; mais il attaque ceux qui lui résistent résolument, c'est-à-dire les amis de la vertu. Ordinairement ceux qui sont appelés à une haute perfection sont, pour la même raison, plus fortement tentés en différentes manières; et plus ils sont fidèles à bien rejeter les assauts des ennemis, plus ils en retirent d'avantages, surtout sous le rapport de l'humilité et de la patience, dont, à chaque pas, pour chaque sujet, on a besoin de faire l'éloge et de recommander la pratique.

Les novices sont trop clairvoyants pour s'arrêter à une fausse crainte que le Père maître ne les estime et ne les aime plus autant, après qu'il connaîtra leurs tentations; car il n'est pas seulement pour eux un maître capable de les corriger, c'est surtout un père qui les aime tendrement en Jésus- Christ, et qui compatit d'autant plus à leur état qu'il voit en eux, avec de plus grandes épreuves, plus de confiance et de filial abandon. Une bonne mère s'attendrit d'autant plus sur ses enfants qu'elle les voit souffrir davantage et qu'elle découvre en eux plus de candeur et de promptitude à recourir à elle ; or, ce que l'amour naturel produit dans les mères à l'égard de leurs enfants, la charité de Jésus le fait d'une manière moins sensible peut-être, mais plus élevée dans un Père maître envers ses novices. A l'exemple de saint Paul , il les regarde comme ses fils spirituels, qu'il engendre chaque jour dans le Seigneur par son saint Évangile, et pour qui il souffre volontiers jusqu'à ce que le Christ soit formé en eux.

Les novices simples feront leur direction spirituelle tous les quinze jours, soit dans la cellule du Père maître, soit à l'oratoire du noviciat, selon l'usage. Avant de s'y rendre, ils prieront à genoux dans leur cellule , pour demander à Notre- Seigneur la grâce : 1® de se bien connaître eux-mêmes; 2° de se bien faire connaître à leur directeur, en lui découvrant avec

beaucoup de clarté, de simplicité et de confiance tout ce qui se passe dans leur intérieur; S" ils demanderont à Dieu de l'éclairer touchant leur état et leurs besoins ; 4" de les rendre dociles aux avis qu'il leur donnera. Arrivés près du Père maître, ils feront la prostration, se découvriront la lêle, se mettront à genoux pour faire encore, avec lui, une courte prière , et ils commenceront à lui rendre compte de leur conduite.

Les novices étudiants choisiront pour la communication spirituelle le temps qui leur est le plus commode, comme celui des fêtes et des vacances , ou , durant les jours de classe, l'heure à laquelle ils sont moins absorbés par leurs devoirs scolaires. C'est surtout à eux qu'il importe d'être fidèles à respecter l'ordre fixé pour la suite des directions ; et comme ils doivent tout disposer de façon à ne pas manquer leur tour, ainsi est-il juste qu'ils se fassent scrupule de ne pas déranger celui de leurs frères. S'ils veulent avancer dans la perfection, ils doivent pratiquer ce saint exercice au moins une fois le mois; ils le feront même plus souvent, lorsqu'ils auront des peines d'esprit, de fortes tentations ou des attraits particuliers de la grâce. Ils s'examineront sur les mêmes points que l'on indique ci-après pour les novices simples, excepté que, touchant leur vocation, ils ont à considérer s'ils ont su correspondre à la grâce de leur profession ; s'ils travaillent à avancer dans la perfection, ainsi qu'ils y sont obligés; s'ils ne perdent point le temps destiné à l'étude; s'ils gardent exactement leurs constitutions autant qu'il dépend d'eux, comme ils s'y sont engagés.

Les principaux points de la communication des novices sont : 1" Sur leur vocation .• S'ils sont contents dans l'état de vie qu'ils ont embrassé, ou s'ils ont des tentations contraires; s'ils ressentent de la difficulté à pratiquer quelques points de la règle et des constitutions ; s'ils s'occupent dans leur cellule à ce qui leur est prescrit; s'ils y demeurent avec plaisir, ou s'ils s'y ennuient; s'ils ont quelques peines d'âme ou quelque fatigue corporelle qui font que les observances religieuses leur deviennent à charge.

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