DEUXIEME PARTIE
2<* Sur les confessions et les communions : S'ils s'y préparent comme il faut; s'ils en retirent les fruits qu'elles doivent produire; s'ils deviennent plus attentifs et plus recueillis dans la prière , plus mortifiés dans les sens et dans les passions les jours où ils se sont confessés et ont communié ; s'ils ont grand soin de faire leur action de grâces après la communion, et même aussi, quoique d'une autre manière, après la confession.
3° Sur leurs tentations: S'ils sont tentés contre la foi, contre la pureté , contre la charité ; s'ils sont portés à la gourmandise, à la colère, à la paresse, etc.; s'ils sont tentés contre Dieu , contre les saints et les choses les plus sacrées , et quels fruits ils savent retirer de ces épreuves.
4° Sur l'oraison mentale et la présence de Dieu, qui sont si nécessaires pour être intérieur : Gomment ils se comportent dans la méditation ; s'ils ont de la peine à la faire ; s'ils s'y sentent, au contraire, -attirés; s'ils rejettent les distractions aussitôt qu'ils s'en aperçoivent, ou s'ils sont négligents à les repousser ; quels sujets les louchent le plus ; s'ils sont fidèles à garder pendant la journée les bonnes résolutions qu'ils ont prises le malin ; s'ils ont des sécheresses , des tentations ou des consolations ; comment ils se comportent pour lors , et s'ils quittent l'oraison à cause de l'ennui; si, lorsqu'ils n'ont pu la faire en commun, ils ont soin de s'y appliquer ensuite en particulier, dans le temps le plus propice; s'ils songent à se mettre souvent en la présence de Dieu , surtout lorsqu'ils entrent dans leur cellule ou qu'ils en sortent, lorsque l'horloge sonne, lorsqu'ils commencent leur étude, leur lecture ou quelque autre action que ce soit.
5" Sur la mortification , sans laquelle on ne peut avancer dans l'oraison : S'ils sentent de l'altrait ou de la répugnance pour les croix et les souffrances ; s'ils ont de la peine à jeûner, à faire maigre, à garder la solitude et le silence, à porter la laine, à se lever la nuit, et à pratiquer nos autres austérités ordinaires ; s'ils ont soin de mortifier leur vue, en tenant toujours les yeux modestement baissés et en évitant les regards légers et curieux, soil par la fenêtre de la cellule, soit au
chœur ou pendant les autres actions de communauté, soit dans la ville, en suivant les processions ou en allant accomplir quelque devoir; s'ils mortifient leur langue , ne pariant que par nécessité, d'un ton bas et modeste, ne s'entretenant jamais avec les profès , et se contentant , quand ils le peuvent , d'écrire sur un billet les choses qu'ils ont besoin de demander; s'ils mortifient leurs autres sens; s'ils ne font pas de pénitences corporelles sans permission du Père maître et par propre volonté ; s'ils mortifient leur jugement et leurs passions en suivant plutôt le sentiment des autres que le leur , en se gardant d'être opiniâtres , en modérant leurs désirs et leurs passions selon la raison et la foi, sans rien faire avec précipitation, inquiétude, trouble et impatience.
6° Sur leurs exercices spirituels : S'ils les font avec ferveur ou avec tiédeur ; s'ils sont attentifs ou distraits en les accomplissant; s'ils donnent occasion aux distractions; si, au commencement de l'office, de la messe, etc., ils ont soin d'offrir à Dieu ces actes très saints, pour sa gloire, pour leur salut et pour la sanctification de leur prochain ; si, en les continuant, ils se mettent de temps en temps en sa présence, pour ranimer leur attention et exciter leur dévotion ; quelle méthode ils suivent pendant la messe, et quels fruits ils en retirent; s'ils sont exacts chaque jour à la lecture spirituelle ; s'ils la font avec attention et sans précipitation ; s'ils en sont touchés et en retirent quelque profit; s'ils se corrigent des défauts qu'ils se reconnaissent par l'examen de conscience.
7° Sur la pratique des vertus religieuses : S'ils aiment ces vertus et ont de l'horreur pour les vices qui leur sont contraires ; s'ils n'ont pas de peine à obéir ; s'ils s'appliquent à faire toutes leurs actions par obéissance; s'ils gardent, par le même motif, la règle, les constitutions et les rubriques ; s'ils ont l'esprit de pauvreté; s'ils ne désirent pas avec trop d'ardeur de se procurer leurs petites aises; s'ils n'ont pas d'attachement aux choses dont on leur laisse l'usage, comme livres, habits, cellule, etc.; s'ils font tout ce qu'ils doivent pour acquérir une grande chasteté de corps, de cœur et d'es-