‹ L'instruction des novices [microform]Chapitre 153 sur 361 · DEUXIÈME PARTIE 33S · texte numérisé non relu

DEUXIÈME PARTIE 33S

prit, et si, dans ce but, ils ont une dévotion tendre pour la très pure vierge Marie.

8° Stty les vertus chrétiennes, surtout l'humilité, qui en est le fondement, et la charité , qui en est le couronnement : S'ils aiment et désirent les humiliations ; si du moins ils supportent avec patience celles qu'on leur procure ; ce qu'ils éprouvent intérieurement en les accomplissant ; s'ils n'ont pas un penchant secret à être estimés, applaudis, loués et honorés; comment ils rejettent les pensées de vanité ; s'ils aiment Dieu sur toutes choses et pour lui-même; s'ils sont fervents et exacts à chanter ses louanges au chœur; s'ils aiment leurs frères comme eux-mêmes et pour Dieu ; s'ils se gardent de les chérir pour des motifs humains et naturels ; s'ils aiment tous leurs frères également , et s'ils n'ont pas quelque familiarité ou quelque amitié particulière pour les uns plutôt que pour les autres ; s'ils prient pour leur prochain, pour la conversion des pécheurs , pour la perfection des justes, et pour le soulagement des âmes du purgatoire ; si en récréation ou ailleurs ils manquent de douceur et de support pour leurs frères; s'ils usent à leur égard de manières prévenantes et de paroles douces; si, au contraire, ils n'emploient pas dès paroles rudes et choquantes; s'ils font ou écoutent des murmures et des médisances contre leur prochain, surtout contre les supérieurs.

Après que les novices auront communiqué leur intérieur au Père maître, ils écouteront avec beaucoup de respect, de reconnaissance, de soumission et de componction intérieure les avis que celui-ci leur donnera, afin d'avancer dans la pratique des vertus , sous la conduite de l'ange visible que le Seigneur leur a donné dans les voies de la vie spirituelle.

Quand le Père maître aura fini de les exhorter et de répondre à leurs doutes, ils feront la prostration pour recevoir sa bénédiction, réciteront avec lui une prière, et se retireront dans leur cellule. Y étant arrivés , ils se mettront à genoux devant leur oratoire, et remercieront Dieu des secours qu'il vient de leur donner pour travailler à leur perfection. C'est une bonne pratique de mettre par écrit les principaux

avis reçus , afin d'être plus fidèle à les exécuter dans toutes les occasions qui se présenteront.

ARTICLE VIII

De l'étude.

§ I. — La nécessité d'étudier.

L'élude est une des occupations les plus recommandées par nos constitutions. Dans quelques ordres religieux elle est facultative, ou de simple conseil, ou c'est une diversion agréable apportée aux exercices de la vie contemplative ; mais parmi nous elle est d'obligation stricte. En effet, la fin et les fonctions de notre ordre sont de travailler à la gloire de Dieu et au salut du prochain en instruisant tout le monde, soit dans les chaires par la prédication, soit dans les écoles par l'enseignement, soit au tribunal de la pénitence par la confession et par la direction des consciences. En un mot, le zèle pour la gloire de Dieu et le salut des âmes doit être le propre caractère des religieux de notre ordre. Or il est impossible de répondre comme il faut à cette vocation sans s'appliquer fortement à l'étude, qui procure les connaissances absolument nécessaire pour prêcher, enseigner, confesser et décider les cas difficiles de la morale évangélique.

Cette recherche de la science, qui est un devoir dans notre vocation, ne doit faire aucun tort à l'œuvre de notre sanctification. Car, comme la vertu sans le savoir est inutile pour le prochain, ainsi le savoir sans la vertu est dangereux pour celui qui le possède ; mais la science et la vertu alliées ensemble sont quelque chose de parfait, selon saint Bernard. Les novices ne doivent donc pas tellement s'adonner à l'étude, qu'ils tombent par là dans l'orgueil-, la présomption et le mépris des autres, sans quoi leur science serait celle qui enfle, non celle qui édifie. Le démon sait beaucoup plus de choses que tous les hommes, et pourtant il est malheureux pour l'éternité. Du reste, outre que la science est insuffisante à elle seule pour nous sanctifier, elle

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