DEUXIÈME PARTIE 3A
et qu'on s'anime à l'accomplir , en méditant les maximes qu'elle renferme, et en considérant, dans les faits dont elle montre l'enchaînement, comment la Providence dispose tout pour le bien de ses élus. L'Écriture renferme les deux testaments de notre Dieu et Père, scellés par la mort de son Fils. Elle est une Lettre divine que l'Esprit-Saint lui-même a dictée aux écrivains sacrés, afin de nous parler d'une patrie d'où nous sommes exilés pour un temps. Si l'on est malade, on trouve dans l'Écriture un remède contre tous les maux de l'âme. Si l'on se sent faible dans la voie de la perfection, c'est un lait spirituel qui nous soutient; si on est vaillant, c'est un pain qui fortifie davantage; si on est altéré par l'ardeur des passions, c'est une fontaine d'eau céleste; si l'on se trouve dans les ténèbres sur les moyens d'avancer dans la vertu, c'est un flambeau céleste qui éclaire nos pas; si on est attaqué par toute sorte de tentations, c'est un glaive à deux tranchants, un bouclier spirituel, pour vaincre les plus terribles ennemis. C'est donc avec toute raison que les saints Pères, surtout saint Jérôme et saint Jean Chrysostome, ont tant conseillé la lecture de l'Écriture, même aux personnes pieuses qui vivent dans le monde.
Saint Dominique, l'ami de la vérité, exhortait ses religieux à lire sans cesse l'Ancien et le Nouveau Testament, disant que sans la science des saints Livres , on ne pouvait être un parfait prédicateur. C'est ce que rapporte Thierry d'Appolda: Et quia sine sanctarum noiiiia Scripturancm perfectus prœdicator nemo esse potest, hortabatur fratres (S. Dominicus), ut semper in Novi et Veteris Tesiamenti lectione essent. Voilà pourquoi il portait toujours avec lui un volume de la Bible; et il la lisait si assidûment qu'il la savait presque par cœur. Ce grand saint, parfait modèle des prédicateurs, dans la lettre qu'après le chapitre de Bologne il adressa, selon certains historiens, à tous les religieux de l'Ordre, leur dit ces paroles, qui, en tous cas, sont dignes de sa clairvoyance et de son zèle : « Afin que vous puissiez faire de grands fruits dans la prédication et la confession, lisez, étudiez, écoutez et méditez attentivement l'Écriture sainte, qui a été inspirée de Dieu,
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et qui contient la Loi immaculée du Seigneur, capable de convertir les âmes. » Ut ignito prœdicationis eloquio et salutari in confessionibus consilio abundars possitis, Scripturas divinitus inspiralas ^ et Legem Domini immaculatam conveTtentem animas, audiendo, meditando, scrutando sectemini; studio semper v.tilium insis tentes, et curiositatis dispendium devitantes. Nos premiers pères, dociles à ces conseils, s'appliquaient beaucoup à l'étude de l'Écriture; ils en savaient le texte en grande partie, et composaient d'excellents ouvrages afin d'en faciliter l'intelligence. Il faut avoir une sainte émulation pour imiter leur exemple.
C'est donc 1res sagement que plusieurs de nos chapitres généraux, conformément aux recommandations du concile de Trente, prescrivent d'établir dans nos couvents un professeur de la sainte Bible; et tandis qu'ils défendent aux novices simples l'étude de la philosophie et de la théologie, ils leur imposent d'étudier l'Écriture sainte, surtout le Nouveau Testament, et d'en imprimer certains passages dans leur mémoire afin de pouvoir s'en entretenir ensemble pendant leurs récréations.
Les novices étudiants doivent à plus forte raison s'appliquer à cette lecture. Les uns et les autres liront les Livres saittts avec un très profond respect, adorant toutes les paroles, celles même qu'ils ne comprennent pas , puisque toutes ont été inspirées par l'Esprit de Dieu , et que plus elles sont impénétrables, plus elles portent l'empreinte de sa Majesté. En lisant trois chapitres de la Bible par jour, à la fin de l'année, on aurait parcouru toute l'Écriture, sans beaucoup de difficulté, et on en acquerrait promptement l'intelligence, puisque le meilleur commentaire de l'Écriture, c'est l'Écriture même.
111° Les novices doivent aussi s'appliquer à l'étude de l'histoire ecclésiastique, qui leur sera très agréable et très utile. 1° Très agréable, car s'il y a du plaisir à savoir l'histoire de sa famille, de sa ville natale, et de son pays, il y en a infiniment davantage à connaître les grands actes de l'Église. L'Église est notre véritable famille, notre patrie, notre royaume. Or l'histoire ecclésiastique nous enseigne tout ce qui concerne