‹ L'instruction des novices [microform]Chapitre 158 sur 361 · DEUXIÈME PARTIE · texte numérisé non relu

DEUXIÈME PARTIE

cette famille; ce qui s'est passé dans les Conciles; quelle a été la foi des Pères qui les composaient; quelles hérésies on y a condamnées ; quels dogmes on y a établis ; quels canons on y a promulgués; quelles règles pour les mœurs on y a prescrites; dans quel temps et quels lieux , sous quels règnes et quels pontificats ces Conciles ont été tenus. C'est par elle qu'on connaît la succession non interrompue des Souverains Pontifes; les règlements qu'ils ont faits pour la foi et pour les mœurs; les hérétiques qu'ils ont proscrits; les décrétales qu'ils ont publiées; les décisions qu'ils ont données, et tout ce qu'ils ont fait de grand pour le bien de la religion.

2° Cette étude est très utile : car c'est dans l'histoire ecclésiastique que l'on apprend quelle a été la discipline de l'Église de siècle en siècle; comment elle a changé de temps en temps dans les choses accidentelles, et en quoi elle est différente aujourd'hui de ce qu'elle était autrefois , non pour avoir modifié son but, qui est la sanctification des âmes, mais pour réussir à l'atteindre plus heureusement. En étudiant cette histoire, on s'instruit de la vie des saints Pères et des autres saints do chaque siècle; on voit dans quel temps ils ont vécu; quelle influence ils ont eue sur leur siècle ; quelle morale ils ont soutenue; quelle école spirituelle ils ont fondée; quelles vertus ils ont pratiquées; et comment, en excellant chacun de leur côté dans quelque perfection , réunis tous ensemble, ils expriment en eux et dans leurs œuvres la perfection et la ressemblance complète de Noire-Seigneur Jésus-Christ. Il y a un grand nombre d'autres avantages à étudier l'histoire de l'Église; et plusieurs théologiens scolastiques, pour avoir négligé cette étude, sont tombés dans, de grandes erreurs, confondant les événements j les temps, les lieux, les personnes, et n'exposant pas avec une clarté suffisante les dogmes euxmêmes faute de bien connaître l'enchaînement des faits relatifs aux attaques et à la défense dont ils ont été l'objet.

Cette abondance de matières, que nos constitutions nous ordonnent d'étudier, ne doit pas nous décourager. Elle doit, au contraire, nous animer à travailler de bonne heure et à ne perdre aucun moment, afin d'apprendre peu à peu, et par ordre,

3i6 L'INSTRUCTION DES NOVICES

des choses si nécessaires, si élevées, si instructives, et si attrayantes. Chacun, il est vrai, n'est pas obligé d'avoir une science transcendante de toutes ces matières; mais il faut que tous s'en instruisent selon la portée de leur esprit. Celui qui avait bien employé ses deux talents, comme celui qui en avait reçu cinq , eurent pour récompense d'entrer dans la joie du Seigneur. Ce n'est pas la science extraordinaire qui fait le degré de la gloire des saints, mais la vertu éminente, comme la charité, l'humilité et la régularité.

Tandis qu'on est jeune et qu'on va encore en classe, il no faut pas lire beaucoup de livres, ni de philosophie, ni de théologie. Cette multitude d'ouvrages ne ferait que surcharger l'esprit et confondre les idées. Les élèves doivent se contenter d'étudier leur leçon en s'appliquant à la bien pénétrer. Afln d'y réussir, ils ne se contenteront pas de l'apprendre chaque jour avant la classe, mais ils la repasseront de temps en temps. Ainsi, ils comprendront dans la suite ce qu'ils n'ont pu pénétrer une première fois; leur esprit s'ouvrira peu à peu, leurs idées se coordonneront et s'éclairciront. Les théologiens, outre leurs cahiers, ont la Somme de saint Thomas, la lisent et l'étudient assidûment, en gardant l'ordre des matières qu'ils suivent en classe. Cependant, quand on doit argumenter, on peut consulter un auteur et y chercher quelques secours pour les objections. Il est bon aussi de lire de temps en temps quelques dissertations.sur l'Écriture sainte, sur les Conciles, sur les Souverains Pontifes et les saints Pères. Cette diversité de choses, quand elle n'est pas excessive et se rattache à un objet principal, repose l'esprit en même temps qu'elle le complète.

C'est seulement après leurs cours que les novices pourront étudier les matières de théologie, d'Écriture sainte et d'histoire ecclésiastique dans les auteurs qui les ont traitées plus amplement, afin de mieux les apprendre et de devenir, par cette augmentation de science, plus capables de servir notre mère la sainte Église.

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