‹ L'instruction des novices [microform]Chapitre 159 sur 361 · DEUXIÈME PARTIE · texte numérisé non relu

DEUXIÈME PARTIE

§ III. — Oomment il faut animer l'étude.

Ce n'est pas assez d'acquérir la science en étudiant, il faut aussi devenir saint. Si nous voulons que l'étude nous sanctifie, nous devons, nous d'abord, sanctifier l'étude. Dans ce but, 1° avant de la commencer, il faut l'offrir à Dieu en union avec Noire-Seigneur Jésus-Christ, pour contribuer à sa gloire, pour accomplir sa volonté, pour opérer notre sanctification et celle du prochain; pour pratiquer l'obéissance; pour acquérir l'esprit de pénitence en supportant la peine qu'on a quelquefois à étudier, à garder le silence et la cellule. Une simple élévation de cœur et d'esprit vers Dieu peut renfermer tous ces motifs.

On serait bien malheureux et bien insensé d'étudier par des motifs bas et terrestres. Si l'on étudiait seulement pour savoir, ce serait curiosité; si l'on étudiait pour être estimé, ce serait vanité; si l'on étudiait uniquement parce qu'on s'y plaît, ce serait amour-propre; si l'on étudiait pour gagner quelque avantage temporel, ce serait un sordide intérêt; si l'on étudiait par habitude et par coutume, on perdrait le mérite et la récompense de son travail devant Dieu. Il faut donc purifier son intention en commençante étudier et n'y chercher autre chose que le divin Maître, à l'exemple de saint Thomas, qui disait à Notre- Seigneur : Je ne veux point d'autre récompense que vous-même, ô mon Dieu! En continuant son étude, il faut, de cœur ou de bouche, renouveler souvent celte pureté d'intention.

2» On doit s'accoutumer aussi, tandis qu'on travaille, à se mettre de temps en temps en la présence de Dieu ; à faire quelques élévations de cœur et d'esprit vers lui; à exciter dans son âme de courtes aspirations et de tendres affections envers le Seigneur, et à regarder quelques pieuses images, comme celle du crucifix ou de la sainte Vierge. On peut agir ainsi surtout lorsque l'horloge sonne, lorsqu'on tourne le feuillet du livre , ou lorsqu'on s'y sent attiré intérieurement. Ces élévations vers le ciel, loin de détourner de l'étude, contribuent à la rendre plus profitable, parce qu'elles tiennent l'esprit

plus recueilli; or l'esprit recueilli est mieux disposé à pénétrer les choses difficiles, surtout les choses divines.

3° Il faut aussi terminer l'étude par principe de vertu et surtout par obéissance. C'est pourquoi, lorsque l'office sonne, ou que la cloche nous appelle à quelque action de communauté, ou lorsqu'on entend le signal du coucher, il faut aussitôt cesser de travailler, pour obéir aux supérieurs et à Dieu. En finissant l'étude , on se mettra en la présence de Dieu , le remerciant du temps qu'il nous a donné pour nous instruire, et lui demandant pardon des fautes qu'on a commises. Ainsi on se disposera, en quittant les livres, à quitter effectivement l'étude, loin d'en entraîner derrière soi les préoccupations jusque dans la prière, l'office et la messe. Si on a soin de sanctifier ainsi son étude, elle sera d'un grand secours pour la piété. Mais si on n'avait pas soin de la bien rapporter à Dieu, et si, pour gagner du temps, on omettait quelque chose de son devoir, elle dessécherait le cœur, fatiguerait l'esprit, et serait une source de mille distractions et de fautes.

Notre grand maître dans les études, par la profondeur de sa science, et notre grand modèle dans la manière d'étudier par la hauteur de sa sainteté, c'est saint Thomas d'Aquin. Sa doctrine a été adoptée par l'Église, consacrée par les Conciles et comme canonisée par les Souverains Pontifes. Elle était infuse. (Jean XKll.) Elle contient autant de miracles que d'articles. (fd.) Elle est véritable et éminemment catholique. (Urb. V.) Elle a confondu et convaincu toutes les hérésies, (S. Pie. V.) Elle est la règle très certaine de la vérité chrétienne. ( Id.) Elle est d'un ordre et d'une clarté admirables, et sans aucune erreur. (Clém.VIII.) E//e /"ai/ triompher V Église de toutes les attaques des hérétiques. (Paul V.) Ses principes sont inébranlables, très certains, et elle surpasse toute sorte de louanges. (Alex. VIL) Elle a été approuvée par Jésus-Christ, qui a dit : « Vous avez bien écrit de moi, Thomas.» (Clém. VIII.) Enfin, cette doctrine est si grande qu'elle comprend tout ce que les anciens ont eu de science , comme la mer comprend les divers fleuves qu'elle reçoit. (Léon XIII.) Par cette fidélité à suivre l'Ango de l'école, malgré la fragi-

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