TROISIÈME PARTIE
qui peuvent y remédier, sans rien diminuer ni exagérer, demandant avec humilité et sans détours les soulagements dont on a besoin; les attendant avec patience; les recevant avec reconnaissance; en usant sans trop se flatter, et renonçant avec empressement à toutes les dispenses, dès qu'elles ne sont plus nécessaires.
Prions Dieu de nous faire tendre à la perfection, et de nous donner la plénitude de la charité. Pour cela, observons exactement, même dans les choses les plus petites, toutes nos obligations, et veillons constamment sur la pratique des vœux qui ôtent les obstacles à la céleste dilection, sont un exercice continuel des vertus, et nous font monter, comme par degrés, vers l'état parfait : Consilia ordincmtv/r ad removenda impedimenta charitatis... ad perfectionem charitatis istis gradibus ascendere nitimur. (S. Th. 2. 2. q. 184.)
Demandons pardon à Dieu d'avoir tant négligé de tendre à ce grand but, pratiquant nos vœux et nos Constitutions avec tiédeur, ou les transgressant entièrement. Formons une ferme résolution de commencer, dès aujourd'hui, à marcher dans la voie du progrès avec une nouvelle ardeur, rapportant au souverain Maître toutes les puissances et les affections de notre âme, dans l'action, dans la souffrance, toujours.
Recommandons-nous à notre bien-aimé Père saint Dominique, qui arriva si vite à la consommation de la charité, pour qu'il nous conduise à sa suite vers la sublime perfection de notre état. Ainsi, de même que tout bon chrétien, en général, tend à devenir parfait comme son Père céleste est parfait : de même nous travaillerons à acquérir cette perfection spéciale dont notre glorieux Père nous offre le modèle visible et si aimable. Telle est, pour nous, la voie abrégée et sûre pour arriver à posséder l'infinie perfection de Dieu,