‹ L'instruction des novices [microform]Chapitre 225 sur 361 · TROISIÈME PARTIE · texte numérisé non relu

TROISIÈME PARTIE

à pratiquer les pénitences de son état. Car tout se tient, dans les vices comme dans les vertus, et l'expérience fait voir que les religieux grands parleurs sont les mêmes qui cherchent continuellement des prétextes pour rompre ou adoucir les jeûnes, pour s'exempter des offices de la nuit, pour ne pas assister aux méditations, ou pour les quitter avant l'heure; pour échapper à la sévérité de la clôture et sortir souvent de la cellule ou même du couvent. Ceux, au contraire, qui gardent le silence, contractent l'habitude de se vaincre continuellement : leur force morale augmente pour pratiquer plus aisément la mortification. En même temps les visites spirituelles de la grâce se multiplient en eux et répandent sur leurs jeûnes, leurs veilles, leur étude et leur solitude j le baume des consolations intérieures : l'austérité de la vie ,est devenue une source de joie.

Les jeunes religieux doivent se défier du respect humain dans l'observation du silence. Les mauvais exemples se rencontrent partout, et il y a eu des prévaricateurs jusque dans le ciel. Pour éviter de se laisser influencer par ces exemples funestes, il faut se garder de toute familiarité et de toute conversation intime avec les dissipés. En récréation, on se joindra au plus grand nombre ou à ceux qui sont les plus réguliers; et la récréation finie, on se rendra droit à sa cellule, pour n'en plus sortir sans une véritable nécessité. Que si un de ces religieux déréglés vient pour parler à la porte de notre cellule , ou veut nous en faire sortir pour aller converser avec lui, surtout dans le temps du profond silence, on saura, par son air sérieux, par quelques mots prononcés à demi- voix, ou par signe, lui faire comprendre que l'on est résolu à ne parler à aucun prix, attendu que c'est silence. Si l'on est ferme à le recevoir ainsi, se voyant rebuté et traité sèchement, il se dégoûtera de ses avances, et, tout honteux de la leçon reçue, il nous laissera en repos. Peut-être se fâchera-t-il ou fera-t-il semblant de se fâcher, en disant qu'on est scrupuleux et insociable : il n'y a rien à répondre; le plus simple est de se retirer ou de fermer sa porte. Au fond du cœur, et après avoir réfléchi , les dissipés louent celui qui agit ainsi , et ils se disent à eux-mêmes

qu'ils devraient suivre son exemple. Di soient assez aveugles pour ne pas faii conscience, on saura se mettre au-dessj et redire avec saint Paul : « Si je plai| ne serais pas le serviteur du Christ. » Si cerem, Chrisii servus non essem. (Gai.

ARTICLE IV Règles pour garder, en parlant, l'es^

La vertu du silence ne consiste pas à se y a un temps pour se taire etun temps pou cendi et tempus îoquendi. (Eccle. m, 7.) acte de prudence de fuir complètement 1 maines , comme le faisaient les solitaires mais tout le monde n'a pas la force ni le la vie anachorétique ; et si elle se génér propagerait l'Évangile? Du reste, la perfi port , consiste plutôt à savoir, en restant sions, se posséder si bien, qu'on pratiq pleine de sagesse dans les discours, et parlant , les règles d'une conversation dir Dieu. Ainsi, dans un autre ordre de chos( ci, la parfaite tempérance du goût ne coni ger absolument rien , mais à se nourrir î nière qu'il le faut pour la gloire de Dieu.

Les saints Pères ont marqué plusieui stances à garder afin de parler sagemen pales :

1° Avant d'ouvrir les lèvres pour intc pondre, il est bon d'élever son cœur à Di( sur ce que l'on veut dire. Car Dieu seul p langue : Domini est gubemare linguam.

langue ayant une prodigieuse facilité à se situde aucune, au gré du cœur et de l'im d'une manière presque inévitable à leur (

iple. Du reste, supposé qu'ils pas faire ce retour dans leur au-dessus de leurs critiques, je plaisais aux hommes, je st. » Si adhuc hominibus pla- .. (Gai. 1,10.)

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