‹ L'instruction des novices [microform]Chapitre 229 sur 361 · TROISIÈME PARTIE · texte numérisé non relu

TROISIÈME PARTIE

s'adresse, quel maître peut se comparer à celui qui est par excellence le « Seigneur », Dominus? Et si ce grand maître est en même temps notre bienfaiteur de chaque jour, bienfaiteur insigne, bienfaiteur persévérant, qui parviendra à lui rendre des services proportionnés à sa munificence ? Faisons du moins tous nos efforts pour le servir d'une manière qui ne soit pas trop indigne de Lui, comme l'Apôtre nous en conjure : Ut ambularetis digne Deo..., per omnia plaçantes. (ï Thess. II, 12. — Goloss. i, 10.) Ne mettons donc aucune borne à notre ferveur, et après cela proclamons encore, avec conviction et confusion, que « nous sommes des serviteurs inutiles». {Luc. xvii, 10.) Et puisque Dieu daigne, par pure bonté, agréer des efforts si peu proportionnés à sa grandeur, soyons-en tout pénétrés d'une vive reconnaissance.

Ce motif de la grandeur de Dieu devient plus imposant si Ton pense à sa sainte présence. Ceux qui servent les rois leur témoignent, quand ils sont sous leur regard, un redoublement de sollicitude à faire leur volonté. Avec quel accroissement d'ardeur ne devons -nous donc pas servir notre Maître, Lui qui est présent partout par son immensité, Lui qui nous environne et nous pénètre entièrement, Lui qui habite en nous comme dans sa maison et dans son temple, Lui qui daigne jeter un regard bienveillant sur tout ce que nous faisons ou souffrons pour le servir et mériter son amour!

La grandeur des obligations de notre état forme un nouveau motif de ferveur. Comme chrétiens, nous sommes tenus par notre baptême à travailler pour devenir saints et parfaits. Or nous ne pouvons y réussir sans une grande ferrveur. Car tout disciple de Jésus-Christ, pour travailler sincèrement et avantageusement à sa sanctification, doit marcher dans la voie étroite, s'élever au-dessus de lui-même par des efforts vigoureux, et pratiquer toutes les vertus de son état, surtout la charité; et l'on ne peut être fidèle à tous ces ^devoirs sans une grande ferveur, qui fasse vaincre les obstacles continuellement soulevés contre le progrès spirituel. [Mais les religieux ont encore besoin d'une plus grande ferjveur que le commun des fidèles; car ils s'obligent, par leur

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profession, à une plus haute perfection, et ils reçoivent, pour la réaliser, plus de grâces que les simples chrétiens. 11 leur faut donc une ardeur plus généreuse pour se soutenir à celte hauteur surnaturelle, et persévérer dans les exercices de force extraordinaire, au milieu des grandes difficultés delà vie religieuse. Ainsi, homme religieux et homme fervent, doivent signifier la même chose; tandis que, religieux et homme tiède, sont incompatibles autant que la lumière et les ténèbreSj que les glaces de l'hiver et la chaleur du soleil d.'été.

La récompense promise à nos oeuvres est un troisième motif de ferveur. Si l'on considérait bien sérieusement que Dieu a promis à ceux qui le serviront fidèlement son royaume céleste, immense, rempli d'une gloire éternelle; que chaque action, faite avec un ardent amour, sera récompensée par un degré particulier de grâce en ce monde, et par un degré de béatitude après cette vie, on se sentirait animé à croître chaque jour et à chaque moment dans le plus fervent amour de Dieu. Les enfants des ténèbres ne sont-ils pas extrêmement empressés à se procurer les biens les plus fragiles? Quelle ardeur ne doivent donc pas mettre les enfants de la lumière à se procurer les biens solides et éternels 1 Cette ardeur, ces empressements devraient être infinis. Donnons-leur du moins toute l'activité et l'intensité dont nous sommes capables.

Le quatrième motif de ferveur résulte des beaux exemples qui nous en ont été donnés par Jésus -Christ, les Apôtres, les chrétiens des premiers siècles, tous les saints, et en particulier ceux de notre Ordre. Jésus -Christ a tant apporté de ferveur dans le service de son Père qu'il n'a rien épargné pour lui témoigner la vivacité de son amour, allant jusqu'à répandre tout son sang, tandis qu'une seule goutte de ce sang précieux , une seule larme de ses yeux , eussent suffi pour nous racheter. De sa ferveur venaient ces ,' élans dont parle le Psalmiste : ExuUavitut gigas, et cette ar-/' deur dévorante : Zelus domus tuse comedit me, et ces défail-' lances à la vue de l'iniquité : Defeçtio tenuit me. Les Apôtres, eux aussi, étaient animés d'une si grande ferveur en sortant du j cénacle où ils avaient reçu le Saint-Esprit, qu'ils ne pensaient I

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