TROISIEME PARTIE
et après avoir prêché avec des fruits admirables, pendant de longues années, dans plusieurs provinces de l'Europe, loin d'être épuisé de courage, il rêvait de plus grands travaux, et désirait ardemment de passer les mers pour aller annoncer l'Évangile aux infidèles, dans les pays les plus reculés, espérant y gagner la couronne du martyre. (Act. canoniz.)
Tâchons d'imiter de loin ces exemples de ferveur, en nous acquittant avec un grand zèle des devoirs ordinaires de la religion. Chantons les louanges de Dieu avec une foi vive, une grande modestie et un doux recueillement qui viennent de notre profond respect pour la souveraine majesté de Dieu. Ne cherchons pas de vains prétextes pour manquer aux austérités de l'Ordre, ni des raisons frivoles pour en adoucir les saintes rigueurs. Travaillons avec ferveur au salut du prochain, et, pour nous mettre en état de le faire avec fruit, employons le temps avec activité ; appliquons-nous fortement à l'étude, surtout à celle de l'Écriture sainte, de sorte que nous puissions prêcher, confesser, convertir les pécheurs et maintenir les fervents dans la persévérance.
Ayons une grande confiance dans les prières de notre glorieux Patriarche, si puissant auprès de Dieu, qu'étant encore sur la terre il avoua ne lui avoir jamais rien demandé en vain. Maintenant, dans le ciel, il nous obtiendra plus facilement encore ce que nous lui demanderons , surtout si nous le supplions de nous obtenir la disposition qui lui fut la plus agréable, une constante ferveur. En effet, avant de mourir, ayant fait assembler tous les religieux de la communauté, la première chose qu'il leur recommanda fut celle-ci: « Soyez constants dans la ferveur d'esprit, et que cette ferveur anime tout ce que vous ferez pour le service de Dieu. » In fervore spiritus consistite, et in ipso Domino deservite. (Act. canoniz.)