‹ L'instruction des novices [microform]Chapitre 26 sur 361 · PREMIÈRE PARTIE · texte numérisé non relu

PREMIÈRE PARTIE

salut y est attaché ! Si vous êtes frère de chœur, étudiez beaucoup; si vous êtes cohvers, travaillez continuellement; si vous êtes prêtre, appliquez -vous au salut des âmes, selon les talents que Dieu vous a donnés. Tous, soyez fidèles à l'oraison , à la lecture spirituelle; dites votre office avec dévotion; gardez exactement les abstinences, la solitude, la dépendance, et vous vous sauverez. Mais si vous étiez infidèles à votre règle, Dieu retirerait de vous ses grâces, et vous pourriez tomber dans l'endurcissement.

Lorsque les religieux négligents seront à l'article de la mort, quelle fidélité ne voudraient-ils pas avoir apportée à garder leurs constitutions 1 Quels regrets n'auront-ils pas de les avoir transgressées l De quoi leur serviront alors ces conversations inutiles, ces visites vaines, ces violations du silence, cet empressement pour les nouvelles, ces médisances, ces railleries piquantes, ces plaisanteries sans dignité, ces actes de sensualité, ces absences du chœur, cette tiédeur dans le service de Dieu, ces confessions sans amendement, ces communions et ces messes sans fruit? On a vu des religieux mourir presque dans le désespoir, tant ils étaient frappés, au moment de paraître devant le souverain Juge, de ces transgressions habituelles de leurs devoirs 1 Et si l'on pouvait pénétrer dans l'enfer, on en verrait un grand nombre dont la damnation a commencé par ces mêmes infidélités ! Prévenons ces malheurs. Gardons notre règle avec crainte, fidélité et reconnaissance. C'est le grand et infaillible moyen de salut que Dieu nous a préparé de toute éternité.

ARTICLE II

La nécessité de la pénitence.

1» La pénitence est nécessaire à tout le mondé; 2» elle doit être sévère et proportionne'e aux péchés; 3» la pénitence des religieux consiste dans l'exacte observation de leur règle.

§ I. — La pénitence est nécessaire à tout le monde.

La pénitence est nécessaire non seulement à ceux qui sont encore dans le péché, mais à ceux qui sont déjà convertis, et même à ceux qui ont conservé leur innocence.

88 L'INSIRUGTION DES NOVICES

i°l\ faut que le pécheur fasse pénitence ou qu'il soit damné. Jésus-Christ l'a déclaré : Nisi 'pœnitenliam habueritis omnes sîmiliter peribiiis. (Luc. xiii, 3.) Il n'y a point de milieu: ou pleurer et souffrir dans ce monde, ou pleurer et souffrir pendant l'éternité. « Tout péché, dit saint Augustin , doit être puni ; si ce n'est par l'homme pénitent, ce sera par un Dieu vengeur. » Aut ah homine pœnitenie aut a Deo puniente. Eu effet, les pécheurs ont offensé la majesté divine; ils ne seront jamais sauvés s'ils ne réparent celte injure par la pénitence. Ils ont fait naufrage après le baptême; ils ne peuvent revenir sur la terre des vivants que sur cette planche de salut : Secunda post naufragium tabula. Ils ont irrité la colère de Dieu ; ils seront écrasés par elle s'ils ne l'apaisent, et ils n'y réussiront que par la pénitence. Ils sont redevables à la justice divine des peines éternelles que méritent leurs iniquités ; s'ils ne satisfont à leur dette dans ce monde, par une pénitence volontaire, ils se condamnent eux-mêmes à la pénitence forcée de l'autre monde, et elle sera éternelle. Car Dieu repousse nécessairement et éternellement le péché; or la disposition du pécheur ne changera plus après sa mort ; il sera fixé et immobilisé dans sa révolte ; Dieu l'aura donc éternellement et nécessairement en haine. C'est pourquoi il le punira par un supplice sans fin.

20 Quand même nous serions déjà convertis et assurés du pardon, nous devrions encore faire pénitence. David, averti par un prophète que sa faute lui avait été remise, persévérait néanmoins à s'en punir rigoureusement et s'excitait à la componction. Son péché lui restait toujours devant les yeux ; ses nuits entières se passaient â pleurer et à prier ; son corps était affaibli par les jeûnes, et il mangeait la cendre comme le pain. Saint Paul ne sentait rien dans sa conscience qui lui fût un reproche, toutefois il réduisait son corps en servitude pour faire pénitence. La Madeleine avait été assurée par Notre-Seigneur que ses péchés lui étaient pardonnes ; cependant elle continua le reste do sa vie à les pleurer et à les expier. C'est qu'en effet il y a dans le péché deux choses : la coulpe ou l'injure qu'il fuit à Dieu , et la peine qu'on doit

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