‹ L'instruction des novices [microform]Chapitre 322 sur 361 · XI. — Jésus -Christ modèle de chasteté · texte numérisé non relu

XI. — Jésus -Christ modèle de chasteté

Vous nous avez donné, ô mon Sauveur I l'exemple d'une parfaite chasteté. Vous avez souvent témoigné combien vous aimiez cette belle vertu : dans votre Incarnation, en choisissant pour mère une Vierge plus chaste que les anges, et en étant conçu dans son sein par l'opération de votre divin Esprit; dans votre naissance, en embellissant la pureté de Marie au lieu de l'amoindrir, et en naissant d'elle comme le rayon de lumière passe par le cristal sans le briser ; dans le cours de votre vie , n'ayant pas permis à la malice des hommes , parmi les calomnies qu'elle répandait sur vous, comme d'être possédé du démon, d'aimer la bonne chère et le vin, qu'elle osât mêler le moindre soupçon contre votre pureté.

En développant votre doctrine , vous avez déclaré bienheureux ceux qui ont le cœur pur, parce qu'ils verront Dieu ; vous avez loué ceux qui gardent la pureté parfaite de l'âme et du corps pour s'assurer le royaume des cieux, et vous avez témoigné une amitié deprédileclion pour ceux qui étaient les plus chastes, comme pour Jean -Baptiste votre précurseur, et pour saint Jean l'Évangéliste votre disciple bien-aimé.

J'implore de vous, ô mon Maître, la vertu de chasteté I Faites que je renonce pour toujours à tous les plaisirs des sens, même à ceux qui pourraient m'être permis; afin que, par cette pureté sans réserve, je vous sois plus agréable, je vaque avec plus de liberté aux œuvres spirituelles, et je m'attache à vous d'une manière tout intime. Car ce sont les Vierges et les âmes chastes qui, dans le ciel, vous accompagnent, ô doux Agneau, partout où vous vous dirigez; ce sont elles qui portent écrits sur leur front le nom du Seigneur; elles qui demeurent avec vous sur la montagne, comme vous le fîtes voir à saint Jean. (Apoc. xiv, 1 et seq.) Par toutes ces figures , vous avez voulu enseigner aux âmes chastes l'excellence de leur état, et les plaisirs que vous leur communiquerez dans la patrie.

Je vous remercie, ô mon Jésus , de ma vocation à la pra-

tique de la chasteté. Vous seul avez pu m'appeler : vous seul pouvez me rendre fidèle. Je vous le demande par votre pureté infinie, ô mon Jésus, et par celle de votre sainte Mère. Amen.

ZII. — Moyens de garder la chasteté.

Vous nous offrez, ô mon Sauveur, plusieurs moyens de conserver la chasteté. Je viens en méditer l'importance à vos pieds, sous votre regard divin.

1° Avant tout, vous nous recommandez la prière. La chasteté est un don de Dieu, c'est-à-dire, une chose au-dessus de toute force humaine; il faut donc l'obtenir du ciel par nos gémissements et nos supplications. Cette prière doit être accompagnée surtout d'une grande humilité. Car Dieu permet souvent que les orgueilleux tombent très bas, pour punir leur arrogance par ce vice si humiliant et si tyrannique, dont il est très difficile de revenir, car il conduit à l'aveuglement de l'esprit ou à l'endurcissement du cœur, et dès lors les moyens nécessaires pour se relever font presque entièrement défaut.

2" La mortification du corps, qui empêche les révoltes de la chair contre l'esprit ou du moins les diminue. Cette mortification se pratique par les abstinences, les jeûnes, les veilles, la couche dure, la nourriture frugale, la sobriété dans l'usage du vin, et par les autres austérités, avec permission du directeur de la conscience ou du supérieur régulier, selon la condition des personnes.

3° La vigilance sur soi-même, qui consiste à veiller sur ses pensées, sur ses actions et sur ses paroles, pour n'en dire aucune de messéante et tant soit peu libre. Elle nous porte aussi à respecter notre corps comme le temple du Saint- Esprit, et à révérer plus encore l'Hôte divin qui habite ce temple, pour sanctifier toutes nos opérations.

4° La guerre à l'oisiveté , qui nous applique sans relâche aux occupations de notre état, parce que, ne constituassentelles pas en elles-mêmes un devoir, elles contribuent à dissiper les pensées contre la chasteté; car lorsque les facultés de l'âme et du corps sont utilement occupées, le démon impur ne

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