XIII. — Jésus-Christ modèle de mortification universelle
Vous ne vous êtes pas contenté, ô mon Sauveur, de nous donner des principes sur la mortification; vous nous en avez aussi donné des exemples dans tous les états de votre vie, dans toutes les rencontres, à l'égard de tous les objets. Le retranchement des plaisirs a été en vous constant et universel. Nous lisons, en efifet, dans l'Écriture que vous n'avez rien fait pour vous plaire à vous-même. (Rom. xv, 3.) Mais nous ne lisons point que vous ayez pris jamais aucun divertissement, ni même que vous vous soyez permis les récréations les plus innocentes, pour donner quelque relâche à votre esprit et à votre corps.
Vous n'aviez pas besoin, comme nous, de mortification pour régler vos passions, car elles ne se sont jamais portées que sur des objets légitimes et saints; elles n'ont jamais prévenu ni troublé la raison , mais l'ont toujours suivie et servie, sans se jamais ébranler que par votre ordre ; de là vient qu'on les a appelées quelquefois propassions, ou tenant lieu dépassions. Cependant vous avez voulu pratiquer une mortification universelle, pour mieux honorer voire Père, pour racheter plus glorieusement les hommes, et pour être plus visiblement leur modèle.
Vous avez souffert dans tous les membres et tous les sens de votre corps, depuis la tête jusqu'à la plante des pieds, pour être à la lettre Vhomme des douleurs. (Is. lui, 3.)
Votre tête a été déchirée parla couronne d'épines j vos pieds et vos mains ont été percés de clous, tellement que tout le poids de votre corps portait sur des blessures; votre bouche a été tourmentée par le fiel et le vinaigre; votre visage, par les crachats et les soufflets; enfin toute votre chair, parla cruelle flagellation qui vous couvrit de plaies et de sang. Et comme la complexion de votre corps était très délicate, très pure