‹ L'instruction des novices [microform]Chapitre 332 sur 361 · QUATRIÈME PARTIE · texte numérisé non relu

QUATRIÈME PARTIE

VOUS êtes charité {I Joan. iv, 8); et, comme Homme -Dieu, vous nous avez donné des exemples de la charité la plus consommée. Cette charité vous pressait de chercher la gloire de votre Père, en lui procurant une infinité d'adorations : elle animait chacune de vos actions, celles même qui paraissaient les moindres, comme une simple prière, une larme de vos yeux, un soupir de votre cœur; et, parla divine dilection, elles rendaient à Dieu plus de gloire que tous les hommes et tous les anges ne lui en ont procuré et ne lui en procureront jamais.

C'est par motif de charité envers votre Père , dont vous aimiez la gloire , que pendant toute votre vie vous avez pratiqué l'humilité la plus profonde, la patience la plus parfaite, la pénitence la plus sévère, la pauvreté la plus extrême, l'obéissance la plus grande, la chasteté la plus pure, la mortification la plus rigoureuse. Car vous rapportiez à cette fin de la charité toutes vos actions et toutes vos souffrances. Vous avez fait paraître votre charité à l'égard de vos disciples, à l'égard du peuple, à l'égard des pharisiens et des scribes, à l'égard des malades, des pauvres et des affligés, à l'égard de vos ennemis et de vos bourreaux , lorsque étant attaché à la croix, couvert de plaies et accablé de douleurs inconcevables, vous avez prié votre Père de leur pardonner, en tâchant d'excuser leurs crimes.

mon Jésus, ô mon bienfaiteur, quoique j'aie beaucoup de grâces à vous demander, je vous supplie de me donner pardessus tout cette vertu, afin que je vous aime, et qu'en vous je m'aime moi-même, ainsi que mon prochain, d'un amour saint et réglé. Je vous le demande avec instance, car la charité est la plus excellente des vertus, ayant pour objet votre bonté souveraine; et elle est de toutes la plus nécessaire, puisque sans elle on reste dans la mort éternelle du péché, dans la disgrâce de Dieu, et dans l'impuissance d'acquérir aucun mérite pour le salut.

Elle est la forme et la perfection des vertus surnaturelles , puisque sans elle les autres vertus sont de nul prix devant le divin Maître. Elle en est la vie, attendu qu'en dehors d'elle ces mêmes vertus sont mortes, et qu'elle seule est assez puis-

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santé pour les animer en les rapportant à sa sainte volonté , source unique de toute vie. Mais en les faisant pratiquer pour Dieu, elle constitue la racine de tous nos mérites; et elle est assez efficace pour que les actions les plus indifférentes d'elles-mêmes deviennent d'un prix inestimable.

divine charité, je vous désire! sans vous ce que j'ai n'est rieni En vous j'aurai la plénitude de tous les biens. Venez donc en moi 1 Ainsi soit-il.

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