‹ L'instruction des novices [microform]Chapitre 345 sur 361 · QUATRIÈME PARTIE t · texte numérisé non relu

QUATRIÈME PARTIE t

Je VOUS demande, ô mon Dieu! ce don de force afin d'accomplir avec ferveur, fermeté et générosité tout ce qui intéresse votre gloire et mon salut. Je le reconnais, je ne suis que faiblesse, tiédeur, timidité, négligence et paresse; et je me trouve à chaque pas, sur le point de succomber aux peines qui se rencontrent dans la pratique de la vertu, en danger même de vous offenser mortellement. Que j'ai besoin de votre force, ô mon Dieul elle seule me soutiendra par ses énergiques influences , me fera garder avec ferveur vos commandements et m'encouragera à souffrir toutes sortes de peines temporelles, plutôt que devons offenser.

Je vous demande celte faveur par Notre- Seigneur Jésus- Christ. Amen.

§ VIL — Le don de piété.

Le don de piété nous dispose à honorer Dieu , comme notre bon Père qui est dans les cieux. Il fait que l'on éprouve pour Lui un amour tendre et filial; que l'on montre un saint empressement à lui rendre le culte, l'obéissance et le respect qui lui sont dus à ce titre de père, et qu'on le prie avec beaucoup de confiance, de dévotion et de persévérance.

Le don de piété porte aussi à honorer les saints, qui sont les amis intimes de Dieu, surtout la bienheureuse Vierge Marie; à respecter les choses saintes, comme l'Église et les Sacrements; à vénérer l'Écriture dans les passages mêmes qu'on ne comprend pas; à aimer les hommes en tant qu'ils sont les enfants et les images vivantes.de Dieu; à supporter leurs défauts avec douceur et patience; à compatir à leurs peines et à leurs faiblesses ; à les consoler avec bonté et charité , et à soulager les malheureux dans leurs misères corporelles ou spirituelles.-

Je vous demande, ô Esprit divin, le don de piété, pour qu'il me fasse honorer Dieu comme mon père, vénérer les saints comme ses amis, aimer et soulager les hommes comme ses membres et ses enfants. Hélas! je ne suis que trop souvent dépouvu de tout sentiment de piété pour Dieu, sans dévotion pour les saints, sans compassion pour mon prochain.

Mais votre don de pieté, ô Esprit divin, saura triompher de'lj celle dureté et de cette insensibilité. Daignez donc me l'ac- | corder en grande abondance. Je vous le demande par Notre- Seigneur Jésus-Christ. Amen.

§ VIII. — Le don de crainte^

Le don de crainte dispose l'àme à éprouver un profond respect pour la suprême majesté de Dieu, qui dépasse toute conception. Il fait qu'on se tient en sa présence avec beaucoup de modestie, de retenue, d'anéantissement de soi-même, et qu'on a une entière soumission à sa volonté dans toutes les choses, soit agréables, soit fâcheuses. Il inspire une aversion croissante pour le péché, une vive horreur pour tous les plaisirs qui offensent Dieu], une crainte continuelle d'être séparé de lui, un éloignement instinctif de toutes les occasions de l'outrager, et une vigilance attentive sur soi-même, pour éviter qu'il ne se glisse , dans nos actes ou nos pensées , quelque chose qui puisse déplaire à sa bonté , et qui soit contraire au '^ profond respect dû à sa majesté.

Daignez m'accorder, ô mon Dieu , le don de crainte filiale , pour qu'il m'incline à vous bien révérer et à me tenir humblement en votre présence. Que j'en suis loin , moi qui mille fois le jour suis envahi par des sentiments d'orgueil , de vanité, de présomption et d'élévation au-dessus de moi-même!

Vienne en moi votre crainte filiale et chaste, et je ne songerai plus qu'à m'humilier et à m'anéantir devant vous à la vue de mes fautes. Alors je rapporterai à votre gloire tout le bien qu'il me sera donné de faire; je concevrai une sainte horreur du moindre péché; et je tremblerai sans cesse à la pensée de votre excellence divine, à la méditation de vos jugements éternels.

Seigneur Jésus, c'est par vos mérites que j'espère recevoir le don de crainte, et avec lui travailler nuit et jour à ma perfection. Amen.

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