‹ L'instruction des novices [microform]Chapitre 40 sur 361 · PREMIERE PARTIE · texte numérisé non relu

PREMIERE PARTIE

souvent dans l'Évangile de nous tenir .toujours prêts : « Veillez, parce que vous ne savez ni le jour ni l'heure.» Viyilaie, quia nesciiis diem , neque horam. (Mallh. xxv, 13.) « Soyez prêts, parce que le Fils de l'homme viendra à l'heure que vous n'y penserez pas. » Esiote paraii, quia qua hora non putatis Filius hominis veniet. (Luc. xii, 40.) Il emploie plusieurs paraboles pour nous faire mieux comprendre cette même vérité. Il se compare, tantôt à un maître qui feint un grand voyage et vient tout à coup faire rendre compte à ses serviteurs, tandis qu'ils le croyaient bien loin : tantôt à un époux qui, s'étant fait attendre, arrive lorsqu'on y pense le moins. (Matth. xxv-Luc. xii.) Il ne nous dit pas : « Vous vous préparerez dès que je viendrai; » mais : « dès maintenant soyez prêts. » Estote parati.

L'exemple des gens du monde peut aussi nous exciter à cette vigilance de tous les instants. Un soldat n'attend pas pour apprendre à manier les armes que l'ennemi livre le combat; longtemps auparavant il s'exerce. Un gouverneur déplace ne commence pas à réparer les murailles de la ville et à l'approvisionner lorsqu'il est sur le point d'être investi ; il prend de loin ses précautions, de peur d'être surpris. Un homme qui a le maniement des deniers publics , et à qui on peut chaque jour demander l'étal de son administration, ne commence pas à mettre ses comptes en règle, quand déjà l'inspecteur est sur le seuil de sa maison; il les tient constamment prêts. Sera-t-il donc toujours vrai que les enfants de ce siècle ténébreux seront plus prudents que les enfants de la lumière?(Luc. xvi,8.) Et l 'affaire du salut qui mérite les premiers soins sera-t-elle toujours la plus négligée? A l'heure de la mort, un ennemi puissant, cruel et rusé doit nous donner l'assaut le plus rude et le plus difficile à soutenir qui fut jamais. Un Maître sévère, inflexible, viendra nous demander rigoureusement compte de toute notre vie; et nous négligerions de nous tenir prêts à tout instant 1 Commençons donc, du moins aujourd'hui, à nous disposer pour ce moment redoutable, et redisons -nous sans cesse avec l'Imitation : « Si maintenant tu n'es pas prêt, comment lo seras- tu demain? Le jour de demain est incertain, et qui est

assuré de le voir? » Si hodie non es paralns, quomodo cras eris? Cras est dies incerta, et quis scît si crasiinum habebit?

Il faut se préparer à la mort avec beaucoup de soin, car il n'est pas si facile qu'on pourrait le croire de bien mourir. Pour bien mourir il ne suffît pas de se confesser, de recevoir le saint viatique et l'extrême-onction, de verser quelques larmes, et d'expirer en baisant le crucifix. Une telle fin est, à la vérité, très édifiante et fort désirable; mais ces marques extérieures sont éiquivoques dans une personne qui a mal vécu. Faire une sainte mort, précieuse aux yeux de Dieu, c'est mourir en sa grâce, avec une foi vive, une espérance ferme, une charité ardente et une véritable contrition. C'est mourir après avoir ifait pénitence de ses péchés, s'être corrigé de ses passions, s'être débarrassé de ses mauvaises habitudes, avoir pratiqué les vertus chrétiennes, et réparé le tort fait au prochain. Or il est difficile de suffire à tout cela dans les angoisses d'une dernière maladie, soit parce que souvent on n'en a pas le temps, étant surpris par un mal imprévu et, violent; soit parce que Dieu refuse quelquefois l'abondance de ses grâces en punition des péchés passés et de la négligence qu'on a apportée à travailler à son salut; soit parce que le malade, absorbé par la crainte de la mort, ne fait qu'une confession précipitée, imparfaite, sans douleur surnaturelle. Aussi l'expérience fait-elle voir que la plupart de ceux qui n'ont pas travaillé à leur salut étant en santé, quoiqu'ils se confessent de leurs mauvaises habitudes lorsqu'ils sont malades, retombent dans leurs premiers désordres dès qu'ils sont guéris : indice trop probable que leur conversion était peu solide. Et on le comprend; il est très difficile que le cœur change subitement, que des passions invétérées s'éteignent dans un moment, et que, comme par enchanteinent, les mauvaises inclinations se déracinent. Ce quia fait dire a saint Augustin: « Il est excessivement rare qu'on meure Isien , après avoir mal vécu. » Vix bene moriiur, qui maie mxerit. [lAh. I de Civit. Dei.)

Écoutons donc le conseil du divin Maître. C'est à nous tous

qu'il dit : « Veillez. » Omnibus dico : Vigilate. Il a voulu nous cacher notre dernier jour dans un but de miséricorde, afin que chaque jour nous nous observions et nous nous disposions. Latéldiés ullimusut observetur omnis dies. (S. Aug.) Correspondons à ses desseins miséricordieux. Préparons-nous avec soin. Préparons -nous, non seulement afin d'assurer en substance la question de notre salut, mais afin de l'opérer plus saintement, plus glorieusement, et d'être plus près de Dieu après la mort. Que la vierge Marie nous fasse cette grâce, elle que nous prions si souvent par ces mots : Nunc et in hora morlis nosïrœ. Amen.

§ III. — La véritable préparation à la mort pour le religieux, c'est' la fidèle observation de sa règle.

Trois choses sont nécessaires pour se préparer à la mort : 1° réparer le passé; 2° bien employer le présent; 3° prévoir l'avenir, en pensant souvent à la mort et à l'éternité. Ceux qui laissent la vie après une telle préparation peuvent avoir une mort subite , mais elle ne saurait être imprévue. Mourir, c'est pour eux entrer dans le repos qu'ils ont su se ménager : Justus si morte prœoccupatus fuerit in refrigerio erit. (Sap. iv, 7.) Or les religieux ont beaucoup plus de facilité que les séculiers de pourvoir à ces trois choses. Il leur suffit pour cela de garder exactement leurs vœux et leur règle.

La première condition pour se préparer à une sainte mort , c'est de remédier au passé, de sorte qu'au dernier moment les fautes anciennes soient comme si elles n'étaient pas. Or le religieux ïidèlè à ses devoirs d'état ne vit que pour réparer ses prévarications dans la pratique continuelle de la mortification d'esprit ou de corps ^ ainsi qu'on l'a expliqué ailleurs. Dès le commencement du noviciat, on l'applique à observer tous les points de la règle, sans aucune dispense, a moins de raison légitime, afin qu'ayant commencé à faire pénitence de bonne heure, il continue toute sa vie à la pra-

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tiquer avec ferveur, et soit toujours prêt à mourir. C'est cotte âdélité, qui est IWpiation déterininée pour lui par Dieu

même. Quelle consolation! Quelle sccurilé! Et quel puissant molif pour l'animer à garder exactement sa règle!

Pour se disposer à faire pénitence des péchés passés, il est très avantageux de faire une confession générale dès le commencement de sa conversion , tandis qu'on est en santé et que l'esprit jouit d'une parfaite liberté, afin de réparer tous les défauts commis dans les confessions précédentes, depuis la plus tendre enfance. Or la religion prescrit cette pratique aux novices avant de prendre l'habit; ainsi elle les prépare à faire en état de grâce et avec d'excellentes dispositions intérieures leurs mortifications de nuit et de jour. Après avoir accepté une première fois en esprit de sacrifice toutes les austérités de la vie religieuse, ils ont l'occasion de renouveler chaque jour, dès le matin, et plusieurs fois dans la journée, l'offrande de toutes les observances pénibles à la nature, et ainsi se complète de plus en plus la mesure de leurs satisfactions. Mais lorsqu'ils manquent à quelque point de leur règle, comme au silence, etc., c'est autant de l'etranché aux satisfactions que Dieu leur demande, et autant de perdu pour la préparation à une bonne mort. Au lieu donc de chercher des prétextes pour obtenir des dispenses, ils doivent être ravis de se trouver en état d'observer toutes leurs constitutions à la lettre, par un esprit de réparation; et ainsi ils auront quelque droit de dire à Dieu : « Ne vous ressouvenez pas, Seigneur, des péchés et des ignorances de ma jeunesse. » Delicta juventuiis mess et ignorantias meas ne memineris, Domine. (Ps. xxiv, 7.)

Pour se préparer à la mort , il faut ensuite bien employer le temps présent, en menant une vie chrétienne, réglée et sainte. Car, comme dit saint Augustin, on ne peut guère mourir en mauvais état quand on a bien vécu : Non potest maie moriy qui bene vixerit. (De Givit. Dei.) Or il est difficile de trouver une vie plus sainte que celle d'un religieux , fervent observateur de sa règle. L'objet en est saint, car c'est l'exercice continuel de la charité, de la pénitence, de la chasteté, de l'obéissance, de l'humilité et des autres vertus. Délivré des dangers et des chagrins du monde, il jouit d'une paix pro-

fonde qui lui fournit le moyen d'avoir des intentions et des motifs dignes de la sainteté de ses actions extérieures. Tout ce qui l'entoure, les exemples des fervents religieux, les avertissements des supérieurs, les prières publiques, contribuent à le maintenir dans cette sainteté intérieure et extérieure. Et s'il lui faut encore des grâces plus intimes pour le soutenir dans la voie parfaite, les consolations spirituelles qu'il reçoit de Dieu viennent lui apporter chaque jour un accroissement de ferveur. La vie religieuse l'aide donc à bien vivre, et par conséquent le préparé à bien mourir : Disces bene mori si didiceris bene vivere. (S. Aug., de Disc. Christ.)

Pour se préparer à la mort, il faut en troisième lieu prévoir l'avenir. C'est pourquoi saint Antoine, saint Basile, saint Benoît, saint Bruno, saint Bernard et les autres fondateurs et réformateurs des ordres monastiques recommandaient à leurs disciples, comme une chose essentielle, de penser souvent à la mort et à l'éternité, et de faire toutes leurs actions comme si chacune eût dû être la dernière. « A chaque action, dit saint Bernard, il faut se demander à soi-même : Ferais-je cela si je devais mourir un moment après? » In omni opère suo dicat sibi ipsi : Si moriturus esses, facerès istud ? ( In Spec. Monach.) Saint Basile nous dit également : Ayez toujours votre dernière fin devant les yeux. Quand vous vous lèverez le matin, doutez si vous irez jusqu'au soir; et lorsque vous vous coucherez le soir, ne vous promettez pas de voir le lendemain; ainsi vous pourrez plus facilement réprimer toutes sortes de vices : semper ante oculos versetur ultimus dies. Combien cette simple réflexion continuée toute la vie serait salutaire 1 Si, par exemple, lorsqu'on s'approche du saint tribunal, on croyait que c'est la dernière confession, avec quelle contrition , quelle humilité et quels gémissements ne la ferait-on pas? Si, lorsqu'on s'avance vers la sainte Table, on prévoyait que ce dût être la dernière communion , avec quelle foi, quelle humilité, quelle crainte et quel amour ne s'approcherait-on pas de Notre-Seigneur? Si , lorsqu'un prêtre va dire la messe, il pensait que c'est le dernier jour qu'il ce-

lèbre les saints Mystères, avec quel esprit de religion et de sacrifice ne se tiendrait-il pas à l'autel, et avec quel soin ne ferait-il pas son action de grâces? Qu'on use de cette prnlique pour toutes les autres actions, et comment calculer ce que vaudra pour l'éternité une seule journée qu'on passera ainsi! Notre règle nous aide à nous entretenir dans celte pensée de la mort.' C'est pour nous en rappeler le souvenir et nous inviter à nous y préparer qu'il nous est ordonné, quand nous finissons l'office divin , de le terminer par cette prière : « Que les âmes des fidèles reposent en paix, par la miséricorde de Dieu. » Fidelium ànimse per misericordiam Dei requiescant in pace. C'est pour le même motif qu'avant de prendre notre repas nous disons le psaume De profundis, non seulement pour prier Dieu de soulager nos frères qui sont dans le purgatoire, mais aussi afin de nous rappeler lé souvenir de là mort dans cette action même que nous allons faire pour entretenir la vie, et afin de nous placer devant les yeux notre tombeau, dans lequel nous serons bientôt mangés' des vers. C'est dans ce but encore qu'il nous est recommandé de dire le De profundis ou quelque autre prière pour les défunts, lorsque nous passons par le cloître destiné à la sépulture des frères; et le sacrifice de l'autel lui-même, en nous remémorant chaque matin la Passion et la mort du Sauveur, nous ramène à la pensée de notre propre fin. Si nous chantons des messes de Requiem, si nous assistons aux funérailles, si nous entendons sonner les cloches pour les défunts, si on nous lit en communauté les lettrés qui annoncent la mort de quelque frère ou de quelque religieuse, si nous disons l'office des riiorts, etc., toutes ces choses nous rappellent ce qui nous arrivera bientôt. En un mot , toute notre observance régulière

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est un vaste sujet de méditation sur la mort.

Craindrait -oh que cette pensée ne nous fît tomber dans une tristesse nuisible? Non, car le souvenir de la mort n'est dur et amer qu'à ceux qui ne s'y préparent pas par une bonne vie, et qui ne veulent pas se corriger de leur attachement criminel aux plaisirs. Mais il fortifie et console ceux qui ont réglé l'état de leur conscience ; ou s'il leur cause quel-

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que tristesse, c'est une tristesse sanctifiante, qui les détache davarilàge d'eiix-iiiêmes, et les préserve de la mort éternelle, seule vraiment redoutable.

Pour nous mieiix préparer à la mort et nous la rendre méi-itoire, il est utile (le l'accet)tër souvent. par avaiice. Nou^ l'accepterons d'abord en esprit de sduinission à la volonté de Dieu , lé maîti-e souverain , l'arbitré de la vie et (lé la mort, tous lés moments dé riotré existence dëpériclent de liii, mais nos derniers instants en aëpeiiderit, en quelque façon, H'une manière plus particulière: Dominî, Dômini exitus môrtis, (Ps. Lxvii, 21. j Âfiii (idnc que la mdrtiious soit méritoire , nous nous rnettrons dans une parfaite dëpendâricë iritëriéiiré de son domaine souverain, coinme l'a fait Notre-Séigrieur Jesus-Ghrist.

Nous i'accépitérbns ensuite en esprit de jiistice, car Dieu à condaiiiiië à là mort tous les enfants d'Adâni a causé du prëiniér piécHé, et ses jugements sont éc^iiitàbles : Juslus es. Domine, et rectum judicium iuum. (Ps. cxviii, i37.) Àflîi que notre immolation soit, a cet égard, plus satisfàctoiré, nous l'unirons à celle de Jësùs-Ghrist, qui à répandu toiit son sang pour la rëniissioii de nos péchés.

isioiis accepterons surtout là mbrt en esprit de charité ; car Dieii mérité qu'on l'aicbé parfaitement et qu'on àdiiffre tout poiir son amour. Mais dans cette vie oii arrivé diffîcilemérît à une charité vraiment parfaite. Il faiit donc s'ernpresser d'accepter le grand saci'ificé dé là vie par iin àmbtir généreux, avec l'espéraiice que par là lious plairBns aii Seigriéiir dans la région dés vivants : Placebo Domino in regione vivorûm.{Fé. cxiv, 9.) C'est aiiisi que iésus-tihrist, partout notre modèle, donna sa vie piàr àiripur, et remit son ànie entré les rhains dé son Père.

Les religieux qui n'ofit pas été fidèles oBsei'vàteurs de leur règle rriëurent dans le trouble et la fràyeiir; Car, aux approches de la rhdft, la foi se réveille et fait saisir lé^ rhaximes dé l'Évarigilë et lés obligations de la sainte religion d'une biéii autre màriière (j[u'ori ne lés connaissait tandis qu'ori jouissait de sa sàiitë, et qu'on était étourdi par les passions, eiitràînë par l'activité naturelle, àvéùglé par les faux préjugeai subjùgiié par les rnàhvàisés coiitiimes et lés pérnicieui ekéni-

pies. La ferveur du noviciat presque aussitôt perdue, l'obéissance acceptée sans esprit de foi, la grâce reçue seulement pour en abuser, les choses saintes transformées en occasion de péché, toute une vie ne formant qu'une longue chaîne de péchés véniels volontaires, et peut-être de nombreux péchés mortels...: quel tableau abrégé, mais frappant, mais affreux, sous les yeux de ce religieux qui va mourir 1 Quelle confusion pour le prédicateur d'avoir tant de fois prêché aux autres la pénitence et de n'avoir pratiqué lui-même ni les pénitences volontaires, ni môme cette pénitence essentielle que Dieu demandait de lui par l'observation de son devoir! Quel trouble pour un docteur, qui a enseigné aux autres la loi de Dieu et les principes de la perfection, de se trouver sans esprit d'oraison , d'humilité et de charité envers Dieu 1 Quelle crainte pour un frère qui était venu en religion afin de s'y appliquer constamment au travail des mains , de voir qu'il a passé une partie de sa vie dans l'inutilité, et qu'au lieu d'employer les temps libres en dehors de ses occupations, à faire des prières et à donner bonne édification, il les a perdus misérablement à des entretiens inutiles et dangereux avec des séculiers ou d'autres frères oisifs. Enfin tous ceux qui ne se seront pas acquittés des obligations de leur état, et qui n'auront pas tendu à la perfection de la charité et des autres vertus, seront saisis d'une grande frayeur, en considérant ce qu'a été leur passé, et en se demandant ce que va être leur avenir. Au contraire les religieux qui ont observé exactement leur règle, sont à l'heure de la mort dans une grande paix et une douce confiance : Sperat autem justus in morte sua. ('Prov. XIV, 32.) Les péchés passés ne les troublent pas, parce qu'ils en ont fait la pénitence que Dieu leur demandait; et ils les regardent comme effacés dans le sang de Jésus- Christ. Ils ne sont frappés que des bontés du Seigneur, qui les a retirés d'un monde corrompu, les a comblés de ses grâces en religion , et leur a préparé dans le ciel une récompense éternelle ; ils font, à cette vue, des actes de foi, d'espérance, de contrition et d'amour. Au lieu d'être accablés par les douleurs de la mort, ils la regardent comme un gain : Mori lucrum.

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