‹ L'instruction des novices [microform]Chapitre 52 sur 361 · PREMIÈRE PARTIE · texte numérisé non relu

PREMIÈRE PARTIE

accompagnée de confiance et d'humilité, et nous donne une grande ferveur à nous acquitter de tous nos devoirs en esprit de pénitence.

Seigneur Jésus, allumez dans nos cœurs le feu de votre divine charité; qu'il y brûle toujours et ne s'éteigne jamais, puisque lui seul peut résister au feu éternel et nous défendre de ses ardeurs : Domine Jesu, hic solus qui a te est igni resistit setemo. (S. Paulin. Epist. lxiii.)

ARTICLE VII

Les délices du paradis.

1° Les délices du paradis sont ineffables; 2" elles sont universelles et étemelles; 3° c'est en observant fidèlement leur règle que les religieux mériteront les délices du paradis.

§ I. — Les délices du paradis sont ineffables.

Les délices du paradis sont si grandes, qu'elles surpassent tout ce qu'on peut penser et imaginer. C'est pourquoi saint Paul, après avoir été élevé jusqu'au troisième ciel et y avoir joui de ravissantes douceurs, nous adresse ces mémorables paroles : « L'œil de l'homme n'a jamais vu, son oreille n'a jamais entendu, et son cœur n'a jamais rien connu ni goûté de semblable à ce que Dieu .prépare pour ceux qui l'aiment.» Oculus non vidit, nec auris audivit, nec in cor hominîs ascendit quœ prœparavit Deus iis qui diligunt Ulum. (I Cor. II, 9.) Saint Augustin dit que ce que Dieu a réservé à ses amis surpasse tout ce qu'on peut croire ; l'espérance n'oserait s'étendre jusque-là; la charité même ne peut le comprendre; c'est quelque chose au-dessus de tous nos vœux et de tous nos désirs. On peut bien acquérir ce bonheur; on ne peut jamais assez l'estimer. Car cette gloire, cette beauté, cette splendeur, cette magnificence, cette majesté qui feront notre béatitude, sont au-dessus de nos paroles, de nos sens et de toutes nos conceptions : Omnem sermonem atquo sensum humanœ mentis excedit decus illud, illa pulchritudo, {lia gloria, illa magnificcntia , illa majestas. (Scrm. 37 de Sanct.) Tout ce que nous en savons d'une manière obscure,

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c'est que la félicité des bienheureux renferme l'exemption de tous les maux et la possession de tous les biens dont l'homme est capable; c'est que l'occupation des saints dans le ciel sera de voir Dieu, de l'aimer, de le louer, de l'adorer à jamais; c'est qu'ils y goûteront une paix et une joie inaltérables : Videbimus et amabimus; amabiinus etlaudabimus : ecce quoderit in fine sine fine. (S. Aug., lib. XXII de Civit. Dei.)

L'Ecriture sainte, pour nous en donner quelque connaissance, autant que cela est possible dans ce monde, se sert d'expressions figurées. Et comme les figures sont généralement au-dessous de la réalité, surtout dans des sujets aussi relevés, elle les varie et les accumule, afin que leur assemblage forme quelque chose qui ne soit pas trop indigne de la vérité. Considérons-en quelques-unes.

D'abord seint Jean nous représente la beauté du ciel , sous le nom de « la sainte cité de Dieu » et de « la nouvelle Jérusalem yt.Vidi sanctam dvitatem, Jérusalem nouaw.(Apoc. xxi, 2.) Son étendue est immense; ses fondements sont de douze sortes de pierres précieuses, ses murs de jaspe, son pavé d'or pur et transparent comme le cristal; et ses portes, au nombre de douze, sont aussi de pierres très riches. — Le ciel est appelé la cité de Dieu et la nouvelle Jérusalem , parce que , comme la ville de Jérusalem, ornée de son temple, était le lieu où Dieu faisait éclater sa gloire, le ciel est aussi le lieu où il habite d'une manière particulière, où il manifeste sa majesté et se communique sans réserve aux bienheureux. La sainte cité est bâlie de pierres précieuses, qui sont ce qu'il y a de plus beau dans le monde , pour nous faire connaître la magniflcence de cette Jérusalem céleste dans laquelle les élus jouissent de toutes les richesses spirituelles. « Admirable cité, c'est donc à juste titre qu'on a dit de vous des choses glorieuses et excellentes. » Gloriosa dicta surit de le civilas Dei. (Ps. Lxxxvi, 3.)

Saint Jean appelle aussi la demeure des bienheureux « le paradis » : In paradiso Dei mei. (Appc. ii, 7.) Parce que, comme le paradis terrestre où Dieu plaça Adam innocent était

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