‹ L'instruction des novices [microform]Chapitre 56 sur 361 · PREMIERE PARTIE · texte numérisé non relu

PREMIERE PARTIE

Ev.) A la vue de tant d'objets admirables, les bienheureux seront comblés de délices qu'on ne peut ni concevoir ni imaginer.

2° Leur volonté aimera Dieu parfaitement, et tous leurs désirs seront remplis. Nous avons vu que l'âme a naturellement un penchant, un poids, un amour qui la porte vers le bien, surtout vers le bien souverain et universel, c'est-à-dire vers Dieu, seul capable de la rendre véritablement heureuse. Mais étant ici- bas liée au corps, et détournée par différents objets qui l'impressionnent et l'absorbent, son amour pour cet unique bien est limité; et elle ne s'y porte pas avec toute son ardeur". Mais après la mort, dégagée du poids de la chair corruptible, et n'étant plus amusée par les objets créés, elle se précipitera vers le bien suprême avec d'autant plus d'impétuosité qu'elle le connaîtra mieux et n'aura plus aucune autre chose à convoiter. Et comme les bienheureux connaîtront Dieu très clairement, ils l'aimeront aussi d'un amour parfait et d'une charité consommée. Chacun d'eux le possédera tout entier; et chacune de ses perfections à laquelle ils participeront leur produira une variété et un excès de consolation tout à fait inexprimables.

3° Celte vue claire, cet amour consommé, et cette possession éternelle de Dieu mettront les saints dans des ravissements inconcevables. Au milieu de ces extases, de cette contemplation, de cet amour, ils chanteront continuellement un cantique nouveau , cantique de louange, d'admiration, de joie,d'action.de grâces et de bénédiction, dont parle saint Jean : Cantabant quasi caniicum novum. (Apec, xiv, 3.) 11 sera toujours nouveau pour eux, quoiqu'ils le répètent éternellement, car les douceurs et les contentements qu'il leur donnera ne les lasseront jamais et auront toujours un plus grand charme. Non, jamais ils ne se lasseront de voir, d'aimer et de louer cet objet unique et de savourer ces célestes plaisirs. Car l'esprit danc l'extase est tenu sans cesse dans l'admiration; et, de son côté, l'admiration porte toujours l'esprit à considérer avec un nouveau bonheur l'objet qu'il admire. Du reste , Tobjet dont jouissent les élus étant le bien souverain, universel et in-

fini, surpassera nécessairement leurs désirs et leur faculté d'aimer; il ne pourra donc jamais cesser de les rendre parfaitement satisfaits. C'est pourquoi ils ne se dégoûteront point des plaisirs, des beautés et des délices du ciel. «Quel être plus heureux, s'écrie saint Augustin, que celui qui jouit de la vérité immuable, et ne peut être ébranlé dans son bonheur?» Quid beatius eo qui fruitur mconcussa et incommutabili veritate? (Lib. II, de Lib. arbitr.)

4° Les corps des bienheureux participeront, après la résurrection, à la gloire et aux plaisirs des âmes auxquelles Dieu les a unis. Car ces corps, tout vils et abjects qu'ils sont par nature, deviendront, parla puissance de Jésus-Christ, transfigurés et conformes à son corps glorieux : Reformabil corpus humiliiatisnostrseconfiguratum corporiclaritatissuse. (Phil. m, 21.) En effet, il est juste que le corps, après avoir été sur la terre l'instrument de la pénitence et le coopérateur des bonnes œuvres, participe à la récompense. C'est pourquoi, de l'âme béatifiée rejailliront jusque sur le corps les quatre qualités glorieuses dont parle saint Paul. (I Cor. xv, 42, 43, 44.)

Par Vimpassibilité, les corps g"lorieux ne seront pas seulement soustraits aux atteintes de la mort et de la corruption, mais aussi à toutes sortes de douleurs, de peines et de misères; ce qui a fait dire à saint Jean, dans son Apocalypse: « Dieu essuiera les larmes de leurs yeux; les pleurs, les cris, les fatigues cesseront, et la mort ne sera Tplns. ■>■> AbstergelDeus omnem lacrymam ab oculis eorwn, et onors ultra non erit, neque luctus, neque clamor, neque dolorerit ultra. ( Apoc. xxi, 4.) La subtilité renâralQ cor^s, qui était animal et matériel sur la terre, comme spirituel; car il sera en quelque sorte semblable aux esprits, par la facilité avec laquelle il pourra participer à leurs opérations sans en être détourné par la nécessité du sommeil, de la nourriture et d'autres choses semblables, ainsi que cela a lieu dans ce monde. Ils pourront aussi pénétrer les autres corps par une vertu divine unie à cette subtilité. U agilité disposera les corps glorieux à suivre les mouvements de l'âme avec toute la célérité et la facilité qu'elle voudra, sans aucun travail , ni lassitude, ni difficulté. C'est pour figurer

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