‹ L'instruction des novices [microform]Chapitre 64 sur 361 · DEUXIEME PARTIE · texte numérisé non relu

DEUXIEME PARTIE

ARTICLE III Exercices de chaque mois.

§ I. — Procession du Rosaire, du Saint Nom do Diou, etc.

Lorsqu'on assiste aux diverses processions de l'Ordre qui ont lieu à certains dimanches de chaque mois, il faut bien en savoir les cérémonies, différentes sur certains points, selon la disposition des églises et des cloîtres. On doit y observer une grande modestie extérieure, ayant toujours les yeux baissés et gardant une posture très respectueuse. Il faut également s'y tenir dans un profond recueillement intérieur, faisant des actes tantôt de foi, tantôt d'humilité, tantôt d'amour, tantôt de contrition de ses péchés, et tantôt de confiance dans la miséricorde de Notre-Seigneur. On ne marchera point trop près les uns des autres, mais on laissera entre deux une distance de quelques pas, et chacun sera attentif à son collatéral, afin de demeurer vis-â-vis de lui. Lorsqu'on fait des stations au cloître, il ne faut pas se mettre trop près de la croix, mais s'écarter tellement les uns des autres, que les derniers religieux soient proches de l'officiant, au lieu de le laisser isolé.

§ II. — Couronne.

Les jours du mois où l'on fait la couronne, deux novices vont à la salle destinée à cette fin. Ils portent avec eux un livre, afin que celui qui attend puisse lire de temps en temps quelque chose d'édifiant, soit tout bas, soit à haute voix, s'il le peut, pour l'utilité des autres. Quand les frères reviennent, ils rapportent le livre, de peur qu'il ne se perde s'ils le laissent après eux. Celui qui va à la porte des cellules des religieux, pour les avertir que leur tour approche, doit éviter de se dissiper et de parler inutilement. Lorsqu'on sonne l'oifîce, les novices quittent aussitôt la salle et se rendent au chœur. Quand on est près de quelque office plus important, comme les premières vêpres d'une grande fête, avant de commencer une rasure, il faut calculer s'il reste assez de temps pour la

finir et arriverau début de la cérémonie; car les dérangements au chœur dans ces grands jours en déparent la solennité. Les novices ne parleront, pendant qu'on leur fera la couronne, ni entre eux ni avec les Pères, ni avec les frères converSj ni même avec celui qui la leur fait. Ils se garderont surtout de donner à ce dernier des ordres sur la manière de disposer leur couronne. Il n'y a que des dissipés et des vaniteux qui parlent et agissent ainsi. Ils garderont donc tous le silence, et ils écouteront attentivement la lecture; ou, en attendant leur tour, ils s'occuperont soit à étudier leurs cahiers de classe, soit à réciter quelque prière, soit à méditer quelque sujet facile. Ils pourront en particulier considérer la signification de la couronne qu'on va tracer sur leur tête. C'est une figure de la royauté spiriluelle qu'ils doiventacquérir sur eux-mêmes ; etlescheveux qu'on leur enlève pour donner à cette couronne sa forme circulaire, leur rappellent les retranchemenis qu'il leur faut opérer constamment en eux pour se vaincre et régner en paix.

§ IIÏ. — Confessions, Communions et direction de règle. Retraite du mois,

La Constitution veut que les novices se confessent fréquemment, fréquenter; et la glose tirée des chapitres généraux, expliquant ce passage, dit que ceux qui ne sont pas prêtres doivent se confesser chaque semaine une fois pour le moins, quand même ils ne seraient admis à communier que de quinze en quinze jours. Combien faut-il être plus fidèle à la confession fréquente, quand on est admis à la fréquente communion avec tant de prodigalité 1 Du reste , les grands avantages que les novices peuvent retirer de la fréquentation du sacrement de pénitence établi par Dieu pour effacer les traces du péché , affaiblir les mauvais pemchants et embellir les âmes, Suffisent à leur faire aimer la confession fréquente,

Les novices simples feront la communication spirituelle au Père maître deux fois le mois, de la manière qu'on le dira dans le quatrième chapitre; les profès n'y sont tenus qu'une fois chaque mois. Les uns et les autres pourront la faire plus êouvent, lorsqu'ils en auront besoin.

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