‹ L'instruction des novices [microform]Chapitre 67 sur 361 · DEUXIEME PARTIE · texte numérisé non relu

DEUXIEME PARTIE

ARTICLE IV Exercices de chaque année.

§ I, — Quinze samedis.

Les novices simples feront les quinze samedis une fois pendant l'année de leur noviciat, c'est-à-dire qu'ils communieront pendant quinze samedis conséculifs, à l'honneur de la très sainte Vierge, pour demander à Dieu, par son intercession, la persévérance dans la grâce et dans leur vocation. Il y a des indulgences accordées à ceux qui pratiquent cette dévotion, et l'expérience montre que la Reine des cieux obtient des faveurs toutes particulières à ceux qui l'accomplissent avec de saintes dispositions.

Les novices profès pourront aussi faire , chaque année , les quinze samedis avec la permission du Père maître, pour demander à Dieu, par Marie, de toujours mieux remplir les engagements et correspondre aux grâces de leur profession, de bien garder leurs vœux et leurs constitutions, de faire des progrès dans les études sacrées, et de se corriger en particulier du défaut qui met le plus d'obstacle à leur perfection. La très sainte Vierge étant justement regardée comme le siège de la sagesse et comme la mère de notre Ordre, préside à la vocation de ceux qui y entrent^ et s'intéressa aux progrès des religieux qui y sont déjà.

§ II. — Retraite annuelle.

Tous les ans , les novices font les exercices spirituels de dix jours, les novices simples avant leur profession, et les novices étudiants avant l'ouverture des classes, ou à toute autre époque fixée par les supérieurs. Ils y suivent le règlement qu'on affiche chaque année pour cela , si la retraite est commune. Si elle est individuelle, ils se conforment au règlement que leur donne le Père maître, et se servent des livres qu'il trouve les meilleurs, pour les méditations et les lectures. Les novices

profès, pendant leur retraite, sauront trouver du temps pour dire, en tout ou en partie, l'office de la très sainte Vierge.

Pendant la durée des saints exercices , on ne prend pas la récréation avec les autres novices. Ceux qui, par exception, en auraient besoin, par exemple, à cause de quelque fatigue de tête, la commencent en disant un tiers du chapelet et une invocation à notre père saint Dominique; ensuite ils s'entretiennent avec leurs frères, mais de choses saintes et édifiantes. Ceux, au contraire, qui n'ont pas besoin de cette dispense, gardent constamment le silence, pour se tenir plus recueillis; et ils se promènent seuls au jardin ou dans le cloître, en faisant quelque prière ou quelque réflexion qui ne sont pas de nature à fatiguer leur attention. Le pape Paul V a accordé une indulgence plénière aux religieux qui, pendant les dix jours de retraite, vaquent aux choses spirituelles, séparés de la conversation des autres ; us qui in cella commorabuntur aut ah aliorum conversatione separati.

Cette sainte pratique des exercices produit de grands fruits dans ceux qui s'y appliquent. On a vu souvent des religieux qui en sont sortis transformés, et ont persévéré dans ces dispositions soudaines tout le reste de leur* vie. Quelque exact que l'on soit à faire son devoir, on se ralentit pourtant peu à peu de sa première ferveur, à cause du penchant de la nature corrompue au relâchement et à la sensualité. C'est pourquoi il est nécessaire de prendre un certain temps pour se renouveler et pour retrouver ce que l'on a perdu de sa régularité d'autrefois. Les terres les plus fertiles ont besoin assez souvent de pluies et de rosées extraordinaires qui les pénètrent plus profondément, ou d'un repos de plusieurs mois, pour porter ensuite plus de fruits. Ainsi notre âme doit prendre, au moins pendant quelques jours, un repos intérieur, et vaquer davantage à l'oraison, à la lecture spirituelle et aux autres exercices de piété , afin d'avancer de plus en plus dans la perfection.

Il faut entrer en retraite, comme Notrergeigneur Jésus- Christ entra dans le désert, c'est-à-dire spus la direction du Saint-Espyit, et s'y occuper comme ce divin modèle pendant

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