DEUXIEME PARTIE
vues de l'Esprit- Saint; le résultat est donc plus facile, plus grand, plus assuré. On peut aussi, à la fin de la retraite, faire une confession extraordinaire; par exemple, depuis un an, afin de s'exciter à une plus grande ferveur. Enfin, il importe souverainement de continuer et finir ces saints jours sous la protection de la très sainte Vierge, l'invoquant souvent, et tâchant de dire d'une manière quotidienne son petit office, son rosaire en entier et ses litanies, afin d'obtenir, par son intercession, la grâce de bien profiter des exercices spirituels et des impressions surnaturelles qu'on y a reçues.
§ m. — Processions annuelles.
Il y a dans presque chaque ville où les couvents sont situés, des processions générales , auxquelles les novices doivent assister chaque année. En attendant à l'église que leur tour de sortir arrive, ils se comporteront avec un grand respect en la présence de Notre-Seigneur Jésus-Christ et des reliques de ses saints, et ne s'amuseront point à regarder ceux qui passent, ni à parler ensemble ou avec quelque autre ; mais ils resteront agenouillés dans le lieu saint, pour y vaquer à la méditation, à la prière ou à la lecture spirituelle. S'il fallait pourtant attendre beaucoup, après qu'on serait demeuré quelque temps à genoux, on pourrait se tenir debout, ou s'asseoir, pour continuer sa prière ou sa lecture dans quelque livre édifiant dont on aurait eu la prévoyance de se munir.
Il faut assister aux processions, dans un esprit intérieur de pénitence, de contrition et d'humilité, afin de fléchir la justice de Dieu, d'apaiser sa colère et d'attirer sur nous ses miséricordes. Gomme les processions sont une espèce de pénitence et de supplication publique, pour être agréables au Seigneur, elles doivent, avant tout, être animées par ces dispositions intérieures. Il faut aussi y assister avec une grande modestie extérieure, en sorte qu'on ne voie qu'à quelques pas devant soi, sans jamais regarder de côté et d'autre ni les tableaux , ni les tapisseries , ni les décorations qui sont dans les églises ou le long des rues, ni les personnes qui sont aux
fencircs, ni les passants. On doit cette modestie à Dieu, à soi-même, à son Ordre et à son prochain.
1° On la doit à Dieu, parce que ces processions étant des prières publiques, il convient d'y paraître avec respect pour sa Majesté, et on ne peut cohserver ce respect, ni en donner de véritables marques, qu'en gardant une exacte modestie. D'ailleurs, ces cérémonies étant établies, ou pour demander à Dieu quelque grâce, ou pour le remercier de quelque faveur qu'on a reçue, ces demandes et ces actions de grâces ne seraient point acceptées dé lui, si elles n'étaient pas accompagnées de componction, de respect et de recueillement. 2° On doit aussi être modeste, par prudence, afin de ne point s'exposer soi-même à quelque tentation. Car, si on regarde libremesnt de côté et d'autre, il est à craindre que, parmi tant de choses différentes, et parmi iine si grande foule de monde, il né se trouve quelque objet capable de csiliser de fâcheuses impressions dans l'esprit ôii dans l'imagination. 3° L'état religieux , qui est un état de pénitence et de mortification demande pareillement qu'on jDratique cette rései'vë eh suivant le cortège sacré. Car savoir contenir ses regards et les tenir baissés, pour les priver du plaisir qu'ils pourraiëht avoir à regarder dés objets agréables, est une mortification difficile, méritoire, salutaire, et dont l'occasion alors se renouvelle à chaque pas. 4° Enfin le prochain attend de nous cette modestie. Les séciiliers, ceux mêmes qui sont les plus dissipés, hë peuvent comprendre ni excuser que les religieux Manquent de cette vertu; ils en sont tellement scandalisés, qu'ils vont jusqu'à le remarquer tout haut pendant là procession ; éi ils sont, au contraire, très édifiés en voyant pdSser les communautés qui la pratiquent. Ils en sont quelquefois si touchés c^ue cela les porte à se convertir, à inépriser les fausses iiiaximes du monde, et même à le quitter entièrement poiir entrer dans la religion. C'est par ce moyen qu'un religieux fer^^èflt devient la bonne odeur dé Jésus-Christ et l'édification de sdii prochain : au lieu qu'tih religieux immodeste et dissipé se rend facilement un sujet de scandale.
Afin de conserver une grande modestie, exërri^itë pourtant