‹ L'instruction des novices [microform]Chapitre 70 sur 361 · DEUXIÈME PARTIE · texte numérisé non relu

DEUXIÈME PARTIE

de ëontfômtè, pendant tout le cours de la procession on peut s'occuper intérieurement de quelques bonnes pensées, comme de la présence de Dieu qui nous pénètre intimement, ou de quelqu'une des quatre fins dernières, ou encore de quelques mystères du rosaire et du sujet de méditation qu'on a lu au chœur ce jour-là. On peut aussi s'occuper à des prières vocales, comme seraient le petit office de la sainte Vierge, celui de la sagesse éternelle du bienheureux Henri Suso, les quinze psaumes graduels, ou le Miserere, en méditant sur les sentiments de pénitence qui sont renfermés dans chaque verset. Surtoiit on trouvera du profit à dire le rosaire. Si on a soin de le réciter posément, et de s'arrêter quelque temps eh méditant sur chaque mystère, il y a là de quoi s'entretenir intérieurement pendant longtemps, et même jusqu'au retour à l'église, sans s'ennuyer, et sans avoir envie de regarder de côté et d'autre. Que l'on prenne ces moyens, et l'on sera quelquefois plus recueilli au milieu des rues, pendant la procession, qu'on ne l'est à genoux au fond de sa cellule.

La modestie qu'on doit observer n'empêchera pas qu'on ne prenne garde si l'on marche trop vite ou trop lentement et vis-à-vis de son collatéral. Il faut observer qu'entre chaque religieux il y ait une dislance de quelques pas. S'il n'y à point d'ordre dans la marche d'une procession , elle choqué plutôt qu'elle n'édifie. Ceux qui la regardent passer sont mal impressionnés de voir plusieurs religieux presque les uns sur les autres, tandis que plus loin il reste de longs espaces vides. Or cela arrive lorsque ceux qui sont proches de la croix marchent toujours, sans faire attention à ceux qui suivent et qui sont plus près du célébrant, d'où il résulte une distance exagérée entre les uns et les autres, comme si c'étaient deux communautés différentes.

Il est bon qu'aux processions, soit générales, soit particulières, le Père maître se tienne près des novices ^ afin de veiller à ce qu'ils soient fidèles à ces prescriptions j et qu'ils ne parlent ni entre eux j ni avec les jeunes Pères , ni avec des i'eligieux d'un autre Ordre. Quand ils se laisseront entraîner à ebmmettre quelque faute, il lâchera de les rappeler à Dieu

d'un regard. Si cela ne suffisait pas, il s'approcherait doucement pour les remettre dans le devoir.

§ IV. — Vacances hors du couvent.

Pendant les grandes vacances, on accorde aux novices étudiants la permission d'aller passer à tour de rôle quelques jours de récréation à la campagne, dans quelque vicariat de l'Ordre, ou dans toute autre maison où ils soient seuls et séparés des séculiers.

Le jour du départ, ils doivent se lever de bonne heure, faire leurs prières, et prendre leur réfection de manière à être en état de se mettre en marche avec le frais, et d'arriver avant la grande chaleur. Ils regarderont cette sortie du couvent comme une espèce de pèlerinage pour demander à Dieu par l'intercession de Notre -Seigneur, de la sainte Vierge ou de sainte Marie Madeleine, selon le lieu où ils se rendent, la grâce de sanctifier la récréation qu'ils vont prendre. C'est pourquoi toute dissipation doit être bannie de leur voyage, et tout doit s'y passer religieusement. Après qu'ils auront marché pendant une demi-heure en se récréant modestement, ils pourront dire ensemble les petites heures et le petit office de la B. V. Marie, s'ils ne l'ont pas déjà fait avant de sortir du couvent. Un peu plus tard , ils réciteront un tiers du chapelet et les litanies de la sainte Vierge. Dès qu'ils seront arrivés au terme de leur course, ils prendront la bénédiction du Père vicaire s'ils vont dans une maison de l'Ordre, et ils salueront le très saint Sacrement pour remercier Notre-Seigneur de les avoir préservés de tout fâcheux accident, et lui demander la grâce de bien profiter du temps qu'ils doivent passer dans ce lieu de délassement. De là ils pourront aller prendre quelques rafraîchissements et se reposer s'ils en ont besoin.

Tant qu'ils resteront à la campagne, ils ne sortiront point de la maison pour s'aller promener sans y avoir été autorisés. Si le supérieur leur donnait une permission générale, ils ne se serviraient de son obligeance que très modérément et quand celui-ci serait absent ou qu'on ne pourrait commodément le

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