DEUXIÈME PARTIE
trouver. En rentrant à la maison , ils doivent prendre aussi toutes les fois la bénédiction.
Lorsqu'ils vont à la promenade, ce doit être, comme nous l'avons dit ailleurs, pour se récréer et non pas pour s'exténuer. C'est pourquoi ils n'iront pas dans des endroits trop éloignés et ne marcheront pas comme en courant.
Ceux qui ont beaucoup de force doivent, par charité et par honnêteté , se proportionner à la faiblesse ou à la délicatesse do ceux qui en ont moins. Sous prétexte de se promener, on ne doit faire aucune visite, ni entrer dans aucune maison, sans une permission particulière. Il ne faut pas non plus se séparer, les uns. allant d'un côté et les autres d'un autre, ou ceux-ci restant au couvent tandis que ceux-là en sortent; mais il faut se récréer,-aulant que possible, tous ensemble, et ceux qui seraient d'un naturel indolent ou mélancolique doivent faire quelques efforts par raison et par vertu afin de se tenir aimablement avec leurs frères.
Ils se lèveront de bon matin et à heure fixe. L'un d'entre eux sera chargé de donner les signaux et de faire exécuter le règlement tracé par le Père maître. Après avoir fait leurs exercices de piété, ou même avant la sainte messe si on le leur permet, ils profiteront de la fraîcheur pour aller se promener. Cette récréation du matin est la plus utile de toute la journée pour la santé. On ne doit point demeurer à la cellule pendant ce temps-là sous prétexte de vouloir étudier; et si quelqu'un le faisait, il agirait contre l'intention des supérieurs. Car ce délassement de corps et d'esprit qu'on prend en quittant pour un temps les exercices du cloître, est destiné précisément à rendre capables de mieux étudier et de mieux servir Dieu ; c'est donc sa volonté qu'on en profile simplement et avec reconnaissance.
Après le dîner ils ne s'arrêteront point avec les Pères , autant qu'ils pourront s'en abstenir honnêtement; mais, aussitôt les grâces finies, ils iront se promener hors du couvent, si la chaleur n'est pas trop grande. Ils assisteront chaque jour aux Compiles et au Salve Regina, et ensuite ils feront ensemble une demi-heure de méditation. Après leur souper, ils
iront prendre leur récréation en se promenant aux alentours de la maison; et, après avoir fait une prière et l'examen de conscience en commun ils se retireront dans leur cellule. Là, ils garderont le silence profond d'autant plus fidèlement qu'on leur a permis avec plus d'indulgence de parler pendant une notable partie de la journée.
Les dimanches et les fêtes chômées ils éviteront de sortir dans la campagne et assisteront fidèlement aux exercices religieux qiii seront à leur portée; si c'est un jour marqué pour la communion, ils ne manqueront pas de la faire. Ils peuvent facilement dire ensemble le rosaire en entier : un tiers à la promenade du matin, un tiers à celle de midi, un tiers à celle du soir. Ce doit aussi être pour eux une grande consolation, tandis qu'ils ont tant de délassements, d'aller, de temps en temps, passer quelques moments dans la chapelle, pour adorer Notre-Seigheur Jésus-Christ, pour prier la sainte Vierge, leur bonne Mère, et se iriettre sous sa protection.
Ils ne toucheront jamais aux fruits du jardin de la maison qu'ils habitent ou de celles où ils iraient se promener, quand même ces fruits seraient déjà tombés des arbres. Lorsqu'ils se récréeront dans la maison, les jours où l'on ne peut sortir, ils éviteront d'y faire du bruit en criant, ou en chantant à pleine voix, surtout pendant le silence profond; tout ce tapage troublerait ceux qui sont dans la cellule, et scandaliserait les étrangers.
Lorsque les étudiants auront à retourner au noviciat, soit définitivement, soit pour s'y retrempei' daiis la piété, ils partiront de très bonne heufe s'ils doivent voyager le malin, ou après la grande chaleur s'il faut qu'ils partent le soir. Ils demanderont la bénédiction du Père vicaire, supposé qu'ils ne l'aient pas prise dès la veille, le remercieront des bontés qu'il a eues poiif eux, et lui feront leurs excuses au sujet des fautes qu'ils ont pu coiiimettre à son égard. Dès qu'ils seront arrivés au couvent, ils iront adorer le très saint Sacrement et remercier Dieu de les avoir protégés lé long du chemin et de leur avoir accordé un repos plus doux et plus large que ne l'ont souvent les riches de ce monde. Ils lui demanderont