‹ L'instruction des novices [microform]Chapitre 73 sur 361 · DEUXIEME PARTIE · texte numérisé non relu

DEUXIEME PARTIE

nier pourrait le soulager de quelques-unes des choses qu'on vient de dire, en les répartissant entre plusieurs novices exacts , doux de caractère, discrets et exemplaires en toutes les observances.

Tout le monde doit respecter le doyen, puisque le Père maître lui a communique une partie de son autorité. Si quelqu'un allait à rencontre de ce devoir, il mériterait d'être puni aussi sévèrement que s'il avait manqué d'égards au Père maître. Le doyen ne doit pas, de son côté, abuser de cette confiance et de cette demi -autorité : il ne s'en servira que pour exercer la charité envers ses frères , sans les inquiéter ni les chagriner; pour faire observer les règlements, sans hauteur ni fierté; pour avertir ceux qui y manquent, sans trouble ni aigreur. En tout , il lui convient de prier plutôt que de commander. Par exemple , il évitera de dire brusquement : « Allez à tel endroit; » mais il préférera cette tournure : « Je vous prie d'aller en tel endroit. » Si, lorsqu'il parle ainsi, on lui refusait de faire ce qu'il demande, il devrait en avertir le Père maître, qui punirait sévèrement la désobéissance, la malhonnêteté et l'arrogance du novice assez téméraire pour résister. Lorsque le Père maître n'est pas au noviciat, nul, pas même un prêtre, n'en peut sortir sans avoir demandé la permission au doyen.

Mais il est encore mieux qu'outre le doyen il y ait, dans le noviciat, un prêtre sage et régulier qui soit Père sousmaître. C'est ordonné par plusieurs chapitres généraux, et on l'observe exactement dans les provinces régulières. Il est difficile, en effet, qu'un Père maître puisse faire face à tout : le travail est de nature à occuper constamment deux personnes, surtout quand le noviciat est nombreux, car la continuité de la vigilance est nécessaire à la perfection de tous les détails, et celle-ci est d'une importance hors ligne pour la bonne culture des vocations. Si un seul homme était chargé d'apprendre le chant aux novices, de leur expliquer les rubriques, de leur enseigner les constitutions, d'écouter leurs peines, de leur tenir chapitre, de les confesser souvent, de leur faire des instructions, de les former à la méditation

et à la vie intérieure, de les accompagner aux récréations et ailleurs; et si à ces occupations réglées venaient s'ajouter les embarras imprévus qui peuvent surgir de nuit et de jour, il serait impossible que ce seul homme ne s'épuisât bientôt; et, tandis qu'il serait malade ou se trouverait absent du noviciat, tout languirait; les novices simples n'auraient aucune surveillance ni instruction, les profès aucune consolation; tous se dissiperaient ou se démoraliseraient comme un troupeau sans pasteur et une armée sans chef. Au lieu que s'il y a un sous -maître, en l'absence même du Père maître toutes choses iront leur train; ils se soulageront l'un l'autre en se partageant les occupations; et, pendant que l'un aura soin des frères qui sont au dehors, l'autre pourra soigner ceux qui demeurent au dedans. Enfin ils se compléteront réciproquement par la diversité de leurs qualités et de leurs fonctions. Il y a mille autres avantages à avoir ainsi un sous- maître qui ait sur les novices toute l'autorité que le Père maître lui communiquera, pourvu qu'il soit sage, régulier et d'accùrd avec celui qu'il est destiné h servir humblement en tout, sans vouloir le supplanter en rien.

Page 1