‹ L'instruction des novices [microform]Chapitre 75 sur 361 · DEUXIEME PARTIE · texte numérisé non relu

DEUXIEME PARTIE

dant, quelque prière, soit mentale, soit vocale, sans se livrer à aucun mouvement d'ennui de ce qu'on ne commence pas assez tôt. Ils diront l'offlce avec modestie de corps, attention d'esprit et dévotion de cœur, ainsi qu'on l'expliquera dans un autre chapitre.

Toutes les fois qu'en venant du noviciat ils passeront devant l'autel où est le très saint Sacrement, après avoir fait la génuflexion et l'inclination profonde ensemble avec leur collatéral, ils s'arrêteront pour adorer pendant quelques moments Notre-Seigneur; et ils pourront, s'ils en ont le temps et l'attrait, dire les strophes : Tanlum ergo sacramentitm el Genitori genitoque, ou les strophes : Mémento, saluiis aucior, et gloria iibi, Domine, ou un Pater et un A'De, ou une antienne, un verset et l'oraison de l'office du saint Sacrement. Ils ne s'arrêteront pourtant point en face du tabernacle lorsque, pendant l'olflce, ils iront de l'église à la sacristie ou de la sacristie à l'église.

Quand ils seront debout au milieu du chœur pour chanter les hymnes, les invitatoires , les antiennes et certaines parties de la grand'messe, ils auront le corps droit et ferme, le capuce sur la tête, les yeux baissés, les mains en croix sous le scapulaire, et les pieds presque joints ensemble. Étant debout à leur place dans les stalles, ils garderont une posture semblable. Lorsqu'ils seront assis pendant les leçons, les icpons, la lecture du martyrologe, l'épître de la grand'messe et une partie des psaumes de Laudes, ils se tiendront aussi la tête couverte, les mains sous le scapulaire, les yeux baissés, les genoux rapprochés, et tout le corps ferme. Quand ils sont à genoux pendant la méditation, l'élévation de la sainte Hostie, et pendant quelques strophes ou versets de l'office, ils doivent se tenir la tête et le corps droits, les yeux à lerre ou pieusement fixés vers l'autel. Enfin ils se conserveront toujpurs dans une grande modestie, tout en évitant la gm^ et l'affectation.

Ils prendront garde en s'asseyant de ne point froisser leur scapulaire; à cet effet, il leur est permis de le retirer modestement et de le placer à côté d'eux. Mais aux offices où

l'on porte la chape , ils se contenteront de la replier sur leurs genoux. S'ils sont assis pendant un psaume, ils se lèvent à la moitié du dernier verset afin d'être mieux en état de s'incliner gravement dès le premier mot du Gloria Patri. Ils se lèveront aussi, après chaque leçon, au moment où le versiculaire reprend la fin du répons , pour pouvoir commencer l'inclination tous ensemble, lorsque l'hebdomadaire donne la bénédiction avant les autres leçons.

Go serait une immodestie d'entrer dans le chœur comme un étourdi, la tête levée, les yeux égarés, les bras pendants; de s'avancer avec précipitation sans, se découvrir ou sans attendre son collatéral lorsqu'on le peut avoir, et sans faire l'inclination et la génuflexion, si ce n'est à demi ou en faisant l'une et l'autre d'un même trait , au lieu d'attendre qu'on se soit relevé entièrement de la première pour commencer la seconde. Ce serait aussi une immodestie, étant debout, de regarder de côté et d'autre, de pencher la tête sur les épaules, de trop enfoncer la capuce sur le front lorsqu'on doit être couvert, ou de ne l'abattre qu'à moitié lorsqu'il faut être découvert; d'avoir les bras pendants, de porter souvent la main au visage, de tenir le corps dans une posture molle, de l'incliner de côté, de s'appuyer sur les accoudoirs des stalles d'une manière qui ressente la nonchalance, de trop écarter les jambes, de les remuer souvent, ou d'avancer trop un pied devant l'autre avec une pose cavalière. Ce serait également une immodestie, étant assis, d'appuyer la tête et les épaules au dossier des stalles comme si l'on voulait dormir; de regarder sans nécessité ceux qu'on a devant soi; de tenir les bras pendants en dehors du scapulaire; de laisser tramer ce dernier ou les deux extrémités de la chape par le devant, et de mettre un pied sur l'autre à la manière des mondains. Ce serait une très grande immodestie de parler au chœur, d'y rire, de se faire des signes. Ces sortes de fautes font injure à Dieu plus qu'on ne le pense, scandalisent le prochain, causent des distractions aux frères, profanent le lieu saint et sont la marque d'un manque total d'esprit de foi.

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