‹ L'instruction des novices [microform]Chapitre 76 sur 361 · DEUXIEME PARTIE · texte numérisé non relu

DEUXIEME PARTIE

Lorsque les novices auront dit l'office ou entendu la messe de la manière qu'on expliquera ci-après, ils sortiront du cliœur modestement et sans précipitation, ils feront l'inclination profonde et la génuflexion do la même manière que lorsqu'ils sont entrés, et formeront des sentiments analogues à ceux-ci : « Mon Sauveur Jésus-Ghrisf, je crois fermement que vous êtes ici présent; je vous y adore de tout mon cœur, je vous remercie de ce que vous m'avez souffert en votre présence pendant cet office, et je vous demande pardon de toutes les fautes que j'ai commises en le disant. » Ils marcheront posément deux à deux, les yeux baissés, les bras croisés sous le scapulaire. Ils se retireront ainsi en récitant le De profundis ou une dizaine de chapelet. S'ils passent devant le R. P. prieur ou le R. P. sous-prieur, ils les salueront respectueusement.

Afin que les novices s'accoutument à se comporter au chœur avec une grande modestie extérieure et un grand recueillement intérieur, ils doivent penser souvent qu'ils sont entourés de milliers d'anges présents dans nos temples , et qu'ils sont près des Saints, surtout de ceux de notre Ordre et de ceux dont l'église possède les reliques. Ils s'appliqueront surtout à se pénétrer de la présence de Jésus-Christ, se souvenant qu'il est le juge des vivants et des morts; qu'il récompensera au centuple les prières respectueuses et ferventes, tandis qu'il punira sévèrement les immodesties auxquelles on se sera laissé aller dans son sanctuaire, ainsi q.u'il châtia et chassa avec un fouet ceux qui profanaient le temple de Jérusalem au lieu d'en faire un lieu d'oraison.

ARTICLE II

La manière dont les novices doivent se comporter dans leur cellule.

Les novices se comporteront dans leur cellule avec beaucoup . de convenance. Lors même qu'ils n'y seraient vus d'aucune créature, ils ont toujours Dieu et leur ange gardien pour témoins de leurs actions. C'est pourquoi ils ne doivent jamais

penser à quoi que ce soit volontairement, et n'y rien faire qui s'éloigne delà sainteté de leur état. Dieu, qui leur est toujours présent, pénètre les pensées les plus subtiles de leur esprit et les désirs les plus cachés de leur cœur. Ils chériront leur cellule comme l'endroit où ils peuvent pratiquer toute sorte de biens, et éviter toute sorte de maux. C'est là qu'à l'abri du tumulte et de la corruption du monde, à couvert de la vue des hommes, ils peuvent lier un commerce continuel avec Dieu par la prière et par la lecture, écouter à loisir les paroles que le Seigneur dit à leur cœur au fond de la solitude où il les a conduits, et travailler efficacement à leur conversion et à leur perfection. C'est pourquoi les premiers religieux de notre Ordre étaient toujours ou au chœur ou dans la cellule, ainsi que le rapporte saint Antonin. S'ils veulent devenir des saints comme eux, ils doivent imiter leurs exemples et entrer dans les sentiments de saint Jérôme, lorsqu'il disait : « La cellule est pour moi un paradis, et la ville m'est aussi insupportable qu'une prison. »

Tandis que les novices demeurent dans leur chère cellule, ils doivent s'y occuper utilement. L'oisiveté est la source de tous les maux; ils éviteront donc jusqu'aux pensées oiseuses afin de s'accoutumer à penser toujours à quelque bonne chose. Si l'on se permet d'écouter les pensées inutiles, on en aura ensuite de mauvaises; car dès qu'on a une fois laissé à son esprit la liberté de se repaître de chimères, on n'est plus maître de son imagination; on perd beaucoup de temps à cette sorte de divagation, et lorsqu'on veut se recueillir pour étudier ou faire oraison , on n'en est plus capable; l'imagination va d'égarement, en égarement et on passe des heures entières sans pouvoir fixer l'objet dont il faudrait s'occuper; Pour éviter de si grands maux, les novices s'accoutumeront, étant encore jeunes, à s'employer toujours à quelque chose de saint ou d'utile, surtout à prier, à étudier et à écrire.

C'est cette heureuse alternative de la prière et de la lecture que saint Jérôme et saint Bernard ont fortement conseillée aux

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