‹ L'instruction des novices [microform]Chapitre 77 sur 361 · DEUXIEME PARTIE lb · texte numérisé non relu

DEUXIEME PARTIE lb

religieux. Par elle, l'âme entretient un saint commerce avec Dieu; car comme nous parlons à Dieu dans la prière^. Dieu aussi nous parle dans la lecture. Mais afin que ces sortes d'occupations nous soient plus utiles, il faut avoir soin, au commencement, de les lui offrir, en se mettant en sa présence, en l'adorant, en lui consacrant tout ce qu'on entreprend. On renouvellera ces actes de foi , d'adoration et d'offrande le plus souvent qu'on le pourra , surtout lorsqu'on entendra sonner l'horloge. Il faut agir de même quand on finit ce à quoi on était occupé, et demander pardon à Dieu des fautes qu'on a pu commettre en y travaillant. Il sera question ailleurs de la manière de bien faire la prière, la lecture, et de bien étudier; on n'y insiste donc pas.

Il n'y aura dans la cellule des frères rien de superflu, ni de curieux, ni de précieux, ni d'affecté, ni de négligé, mais tout y ressentira la pauvreté et la propreté : deux vertus qui s'unissent aisément ensemble et qui font honneur à un religieux. Il faut demeurer la tête couverte et ne jamais regarder par la fenêtre sans nécessité. Ces sortes de regards sont une marque de curiosité o u de légèreté, ou d'ennui de la retraite : l'oiseau qui met la tête hors de la cage témoigne par là qu'il en voudrait sortir. Lorsqu'on nous a une fois préparé et désigné une cellule, il n'y faut rien changer de place, pas même les images, ni rien ajouter ou retrancher. Ces changements feraient connaître la frivolité ou l'inquiétude de celui qui s'y occuperait.

Si quelquefois on s'endort en lisant, ou en étudiant dans la cellule, il ne faut jamais se mettre sur le lit en dehors des temps permis; ce serait la marque d'une grande paresse. On doit tâcher de dissiper ce sommeil en faisant par exemple quelques pas sans toutefois sortir, ou en écrivant quelque chose de particulier, ou en réservant pour ces moments la lecture de ce qui nous intéresse davantage. On ne doit jamais faire de bruit dans la cellule; ce serait incommoder ceux qui sont proches; si donc il arrivait qu'on eût à s'y livrer à un travail un peu bruyant, il faudrait, avec la permission du Père maître, prendre le temps où les autres no-

vices sont en récréation. On doit aussi ôviler de faire du bruit en sortant ou en entrant, comme par exemple si on fermait la porte ou si on l'ouvrait avec précipitation , ainsi que pourrait agir quelque dissipé ou quelque impatient.

Les novices garderont leur cellule le plus qu'ils pourront et y resteront dans un très grand silence. S'ils s'accoutument dès le commencement de leur conversion à y demeurer fidèlement, elle deviendra ensuite l'endroit où ils trouveront le plus de douceur, de paix et de consolation. Au contraire, s'ils s'accoutument à en sortir souvent, soit par légèreté, soit par inconstance, soit par fainéantise, soit par inquiétude, ils n'y trouveront plus tard que de l'ennui. C'est pourquoi ils se feront une loi de ne la quitter que par obéissance ou par nécessité. La nécessité doit être véritable; et quant à l'obéissance, elle s'impose toutes les fois que la cloche sonne pour appeler à quelque action de communauté, comme au chœur, à la classe, au réfectoire. Mais en quelque endroit qu'ils veuillent aller, et quelque proche qu'ils soient de leur cellule, ils n'en partiront jamais sans porter leur vêtement complet. Un religieux fut possédé du démon pour s'être montré hors de celle qu'il habitait sans le scapulaire.

Toutes les fois que les novices sortent de la cellule, ils prennent de l'eau bénite : et pour cela leur bénitier doit en être toujours muni et être tenu très propre. Après avoir fait le signe de la croix, ils se mettent à genoux à leur oratoire s'ils en ont le temps, y récitent nnAve Maria, et y font un acte de foi sur la présence de Dieu avec un acte d'adoration en disant : « Mon Dieu, je vous adore de tout mon cœur, et je vous offre l'action que je vais entreprendre. » Si l'on se rend au chœur, on offre l'office auquel on va assister ; si on se rend en classe, l'étude à laquelle on va se livrer; si on se rend au réfectoire, la réfection qu'on va prendre. Enfin quelque autre chose qu'on aille faire hors de la cellule, il faut toujours en sortant l'offrir à Dieu pour sa plus grande gloire, pour lui plaire, pour pratiquer l'obéissance et la pénitence, pour obtenir la rémission de ses péchés et de ceux du prochain, et pour mériter les grâces dont on a

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