‹ L'instruction des novices [microform]Chapitre 79 sur 361 · DEUXIEME PARTIE · texte numérisé non relu

DEUXIEME PARTIE

quelque psaume, ou de quelque autre sujet pieux qui Sôit capable de rendre le sommeil plus saint et plus tranquille ^ et qui fasse naître de bonnes inspirations pendant là nuit ou dès qu'on s'éveille le matin; Un serviteur de Dieu doit avoir horreur du repos qu'on prend comme les bêtes, et pendant lequel l'esprit ainsi que le corps sont ensevelis dans une espèce de léthargie. Ils peuvent ^ en s'endormànt, se représenter que Jésus attaché à la croix les regarde, et qu'ils ont la sainte Vierge d'un côté de leur lit, saint Joseph de l'autre, l'ange gardien au pied et saint Dominique au chevet. Pourtant ils prendront garde que ces sortes de représentations ne frappent pas à l'excès leur imagination. Chacun doit choisir la pratique qui lui rend le sommeil plus prompt et plus douxi

Si quelquefois ils s'éveillent, ils se mettront aussitôt eii la présence de Dieu, l'adoreront et lui offriront liBÙr cœur. Ils pourront aussi prononcer le nom de Jésus ou dé Marie, faire le signe de la croix j ou dire : Jesu, fili Dei vivi, miserere mei, ou Sancta Trinitas, unus DeuSj miserere mei, ou quelque autre courte prière, pourvu qu'elle ne les empêche pas de se rendormir. En cas d'insomnie, ils auront soin dé né s'occuper dé rien qui leur gêne l'esprit ou échauffe l'imagination, comme serait de réfléchir à quelque peine ou à quelque question de leurs études. Ils penseront plutôt à la passion de Jésus- Christ j et surtout à cette nuit douloureuse pendant laquelle on l'accabla de tant d'outragés, ou aux tourments des damnés qui n'ont pour lit de repos que des flammes, ou à quelque autre sujet facile et édifiant qui puisse ramener le sommeil et les empêcher de s'inquiéter en l'attehdànt.

ARTICLE III

Manière dont les novices doivent se comporter au dortoir et au chauffoir.

Le dortoir et le cloître sont des lieux consacrés au silence , aussi bien que le réfectoire, les cellules et l'église. Tous les religieux doivent garder un silence continuel dans ces cinq

endroits, comme nos conslitulions l'ordonnent, et il n'y a aucun supérieur qui en puisse dispenser. C'est par ce silence qu'on juge de la régularité d'une maison. S'il y règne parfaitement, on en conclut avec raison que la communauté est bien réglée; mais si l'on remarque que le silence y est facilement violé, on est fondé à croire que l'esprit intérieur n'y règne pas, et qu'il s'y trouve une certaine dissipation destinée ' à aller en croissant. C'est pourquoi les novices ne doivent jamais parler dans le dortoir, et si on leur adresse la parole ne répondre que par signes. Lorsqu'ils auront besoin de demander quelque chose à un autre novice, ils écriront sur un billet ce qu'ils souhaitent, et ils le lui présenteront : en attendant la réponse, ils ne demeureront point à la porte de la cellule, mais se tiendront un peu à côté, jusqu'à ce que celle réponse leur soit donnée sur le même billet, ou sur un autre.

Aussitôt qu'ils entendront le signal de quelque action de communauté , ils s'y rendront avec empressement, puisqu'il y a une bénédiction particulière pour celui qui arrive le premier. En marchant dans le dormitorium, ils éviteront de faire du bruit, de peur, pendant la nuit, d'éveiller ceux qui reposent, ou , pendant le jour, de troubler ceux qui étudient. Leur démarche doit être posée et accompagnée d'une certaine dignité simple. C'est pourquoi ils ne marcheront point d'une mani^'ire molle et efféminée, ni en balançant les épaules tantôt d'un côté et tantôt d'un autre, ni en se courbant, ni en levant la tête, ni en mettant trop de lenteur ou trop de précipitation ; car tout cela ressent ou la légèreté, ou la vanité, ou l'affectation. En passant près du dortoir des Pères, ils ne regarderont pas ceux qui s'y trouvent ni ce qu'ils y font; mais ils continueront leur marche modestement, les yeux baissés et le cœur uni à Dieu seul.

Dès qu'ils sortiront de leur cellule pour aller à quelque action de communauté, ils pourront commencer quelques dizaines de rosaire qu'ils continueront devant la porte du noviciat jusqu'à ce qu'on récite le De profundis. Us s'accoutumeront ainsi à dire leur rosaire pendant le temps qu'ils circulent par le couvent, ou qu'ils attendent pour quelque action de

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