DEUXIÈME PARTIE
En effet, il y a un certain rapport entre l'esprit et le corps. De même mtQ Ife corpà qui travaille trop longtemps sans se reposer s'affaiblit peu à peu, et fait retomber les suites de son épuisernent sur l'esprit : de même l'esprit qui travaille trop lorigterrips à des occupations sérieuses et intellectuelles s'épuise petit à petit, et en s'épuisaht mine les forces du corps. Lorsqu'un ârc est toujours bandé, la corde se relâché et devient hots d'état de faire quelque effort au moment où on en à besoin. Ce fut par cet exemple que saint Jeari l'évangélistê répliqua à ceux qui se scandalisaient de le voir se donner quelque récréation avec sèé disciples. Au contraire, dès qu'on a pris quelque déléëëefriërit tnodéré et qu'ofl s'est entretenu de quelque sujet édifiant, on se sent tout recueilli, tout disposé à mieux étudier; l'on serait même en état dé faire une profonde oraison.
Mais afin que les novices tirent ces avantages de leurs récréations, il faut que le sujet de leurs entretiens soit digne et édifiant. Là modestie doit régler là voix, les regards, leë gestes et tout le maintien du corps. La charité et l'humilité, qui Sont le fondement de la civilité établie parmi les gens bien élevés, doivent leur inspirer, dans Mrs paroles et dans leurs manières, toute sorte de politesse et de bienséance. Mais ils oublieront toutes les habitudes purement séculières qu'ils avaient àvàiit de quitter le monde. Comme ils sont entrés dans urié tèrfè nouvelle, il doivent àtissi en contrabter les coutufiies toutes saintes. Que si déjà, avant d'entrer en religion, ils avaient des manières civiles, honnêtes et de bon ton, insérées par ûiië droite ràisoh et par une noble éducation, ils les cdiiserverdiit et les animeront par tin principe de religion. On pf-atiquéra toujours une politesse présidée par le bon goût, la modestie, là charité et l'htijuilité. Sur ces vertus roUlë toute là civilité chfëtiéhrië et religieuse.
Au commëndëraerlt de là rébréàtion^ les ilovicés se thettront en la présence de Dieu , et lui offriront cette action pdUr sa plus grande glbirë. Pendant (Qu'elle se cbrïtinuëra , ils se renôUvellérorit plusiëUt-s fdis en cette disposition, sans que rien pài-aissë, disant du fdnd du cœur : « Moti Dieu, je
VOUS offre ce délassement; c'est pour l'amour de vous que je le prends, afin de pouvoir mieux vous servir; je vous demande la grâce de ne pas vous y offenser. »
Les novices simples, dès le commencement de la récréation, se sépareront des novices profès, et ils parleront latin pendant le temps fixé, si ce bon usage est en vigueur. Gomme les langues s'apprennent mieux par la pratique que par l'étude, ils acquerront ainsi une grande facilité pour celle dont ils ont à se servir durant leurs études de philosophie et de théologie. Ils auront soin d'éviter les expressions impropres et vulgaires. S'en servir par incurie ou par affectation dé-, noterait un esprit peu élevé et peu soucieux de la dignité religieuse.
Ils auront un air gai et aisé, accompagné de retenue et de discrétion. Saint Paul veut que les serviteurs de Dieu joignent ensemble la joie et la modestie, de peur que la première sans la seconde ne dégénère en dissipation, et que la seconde sans la première ne se change en une gravité trop austère. Voici ses paroles : n Réjouissez- vous toujours dans le Seigneur; je vous le répète encore une fois , réjouissezvous; que votre modestie soit connue de tous les hommes, car le Seigneur est proche. » (Philip, iv, 45.) Il faut donc avoir une modeslie qui ne soit ni gênée ni affectée, mais qui vienne de ce sentiment intérieur que Dieu est près de nous, qu'il est en nous, et que nous nous récréons sous ses yeux. Alors notre modestie sera conforme à celle qui, selon la définition de saint Thomas, règle tout l'extérieur de l'homme, de telle sorte qu'il n'y ait rien dans ses mouvements et la tenue de son corps qui puisse offenser Notre-Seigneur et mal édifier le prochain, mais que tout convienne au temps, au lieu et aux personnes avec qui on s'entretient.
C'est pourquoi nous nous rappellerons, pendant la récréation, que nous devons aimer et respecter nos frères par motif de charité., et nous regarder comme étant au-dessous d'eux par principe d'humilité chrétienne. Nous méditerons encore que saint Paul nous ordonne de nous prévenir les uns les autres par des marques d'honneur et de nous regarder mu-