‹ L'instruction des novices [microform]Chapitre 94 sur 361 · DEUXIEME PARTIE · texte numérisé non relu

DEUXIEME PARTIE

et les amis du couvent, pour leur souhaiter le commencement d'une heureuse année, ou pour s'informer de l'état de leur santé; pour les assurer du profond respect et des prières continuelles de la communauté à leur égard; pour leur souhaiter un heureux voyage avant leur départ; pour leur témoigner le plaisir qu'on a de leur retour après une longue absence; enfin pour leur marquer la part qu'on prend à la joie et aux biens qui leur surviennent ou aux épreuves qui leur arrivent. Quelques religieux anciens dans le monastère, surtout ceux qui sont les mieux posés et les plus sensés, peuvent aussi avoir lieu d'user de semblables attentions à l'égard de ces sortes de personnes, mais non les jeunes religieux et encore moins les novices.

Après avoir établi combien les visites des religieux doivent être rares, pour qu'ils puissent se conserver dans la récollection avec Dieu, et même dans l'estime des séculiers, reconnaissons qu'il y a pourtant des occasions où il faut en faire, notre état n'étant pas de demeurer exclusivement dans la solitude, surtout si nous prêchons, si nous confessons, si nous enseignons, ou si nous accompagnons ceux qui vont accomplir quelque œuvre de charité à l'égard du prochain. Expliquons donc la manière dont il faut se comporter dans ces circonstances, quelle modestie religieuse et quelles convenances chrétiennes il faut observer, afin d'y trouver toujours de l'utilité pour soi-même et un sujet d'édification pour autrui.

Avant de quitter sa cellule, on commencera par se mettre à genoux pour demander à Dieu la grâce de ne point l'offenser dans cette visite; de n'y rien dire qui puisse lui déplaire ou scandaliser le prochain; de n'y rien écouter qui nous cause delà dissipation et de la distraction; mais que tout ce qu'on y dira ou fera, soit pour la gloire de Jésus-Christ.

Pendant la visite, on fera de temps en temps des élévations d'esprit et de cœur vers Dieu, pour se remettre en sa présence; pour le considérer dans ceux à qui l'on parle, comme dans ses images ; et pour renouveler intérieurement la prière qu'on lui a faite avant de sortir.

En partant du couvent , il faut faire les invocations ordinaires,

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niarçhcr ppséûicnt, garder le silence ou parler peu et d'un ton si bas qu'on ne puisse être entendu des séculiers qui sont dans les rues. Si l'on rencontre des personnes de qualité de l'un pu de l'autre sexe, il fautlessaiueretleur céderlepas,sans se mettre en peine si elles rendent le salut. On doit pratiquer cette bienséance non seulement à l'égard des religieux d'un Ordre plus ancien que le nôtre, mais aussi à l'égard des religieux de tous les Ordres, regardant moins en cela la justice ou le droit de préséance, que les prévenances de la charité et de l'humilité. Après cela, s'ils nous pressent de prendre le rang que notre Ordre nous donne sur les autres moins anciens dans l'Église, on l'acceptera sans affectation. Il convient pourtant que les novices, à cause de leur grande jeunesse, cèdent à tous les religieux anciens, de quelque Institut qu'ils soient.

Quoique en marchant dans les rues il faille avoir une grande mpdeslie, surtout dans les regards, pour ne pas fixer les personnes qui sont aux portes ou aux fenêtres, ou qui passent, et principalement les personnes du sexe, on ne doit pourtant pas avoir les yeux tellement baissés qu'on ne puisse remarquer ceux qu'on rencontre et qu'il convient de saluer, comme on i'a dit plus haut. On (^oit'donc les lever de temps en temps, pour vpir un peu de loin et savoir à qui on doit céder le pas, ou qui nous salue, afin de rendre cet acte de politesse aux uns et aux autres , quelle que soit leur condition.

En entrant dans une salle où sont des personnes considérables, il faut se découvrir avant que d'entrer, et fermer soimême la porte sans faire de bruit, s'il n'y a pas de domestique pour la fermer. Lorsque la personne que l'on visite se présente , il faut s'approcher d'elle d'un air sincère, mais modeste, la saluer le premier, plus ou moins profondément à proportion que sa condition le demande, et l'assurer de son respect, ou la remercier de la faveur qu'elle nous a faite, ou lui exposer la grâce qu'on lui demandej, ou lui témoigner la part que l'on prend à tel événement qui la touche, etc. Afin que les compliments soient bons, il faut qu'ils soient courts, naturels, et ne semblent pas être de vains compliments. On les

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