‹ L'instruction des novices [microform]Chapitre 98 sur 361 · DEUXIEME PARTIE · texte numérisé non relu

DEUXIEME PARTIE

se rendront jamais au parloir sans une permission expresse, et sans prendre avec eux un frère désigné pour cela. S'il n'y avait personne au noviciat pour leur accorder l'autorisation , ils n'iraient pas voir ceux qui les demandent.

On doit, autant qu'il est possible, donner à un novice simple pour socius quelque profès des plus posés et des plus judicieux. Il est bon même quelquefois que ce soit le Père maître qui accompagne ses novices, principalement lorsqu'il veut faire honneur à leur famille ou la consoler, et lorsqu'il y a à craindre qu'on ne cherche à les dégoûter de leur vocation. Le compagnon , à moins d'une dispense très expresse, ne doit point se séparer de celui à qui on rend la visite, en sorte qu'il voie tout ce qu'on fait et entende tout ce qu'on dit. Si pourtant il s'agit de recevoir un père ou une mère, ou de traiter quelque affaire de famille très intime, le frère pourra s'écarter ou revenir au noviciat. Il ne doit point craindre de gêner par sa présence ceux qui font la visite. C'est déjà beaucoup qu'on leur permette de venir voir des novices qui doivent vivre dans une complète retraite. S'ils se formalisaient des règles de prudence adoptées pour ces entrevues et ne revenaient plus, il n'y aurait pas à le regretter. Dans le cas où il arriverait au parloir quelque chose de considérable contre le bon ordre, le socius en devrait avertir les supérieurs, sans qu'une réserve malentendue l'arrêtât jamais. C'est une maxime essentielle parmi nous, et observée dans les Ordres les plus réguliers, qu'il est du dévoir d'en agir ainsi. Le bien général et le bien du frère lui-même l'exigent.

Lorsqu'un novice s'approche de la personne qui vient lui rendre visite, il doit se découvrir, montrer un visage doux et content, comme signe de la joie habituelle de son âme, et avoir une tenue ferme et mpdeste. Après le premier salut, il l'introduira dans le parloir, si elle n'y est pas déjà, lui faisant prendre la première place, et lui donnant partout le pas, quoique par civilité elle fasse quelque difficulté d'accepter cet honneur.

Il faut recevoir avec respect non seulement les personnes

qui sont de grande qualité, mais aussi celles qui nous sont égales ou même inférieures.

Après leur avoir fait cet accueil, U faut se mettre près d'elles, sur un siège moins honorable; s'il y en a. Étant assis, non tout près de la personne, mais vjs-à-vis et un peu de côté, on observera une tenue très digne, en évitant de la regarder fixement, ou de s'approcher trop d'elle. Si la personne qui rend la visite est d'une grande qualité, c'est à elle de juger si elle veut se couvrir, sans qu'il y ait à l'en prier. On se tiendra toujours découvert en sa présence, à moins d'être pressé par elle d'en agir autrement. Si c'est une personne égale ou familière, il est de la politesse de la faire couvrir, et de se couvrir en môme temps. Lorsqu'elle nous demandera des nouvelles de notre santé, nous reniarqu.erons toujours, si elle est bonne, que c'est grâce à Dieu.

Lorsqu'on vient nous remercier de quelque service, en répondant, il ne faut pas en exagérer l'importance, mais plutôt la diminuer, en esprit d'humilité. On ne doit pourtant pas rabaisser à l'excès les services rendus, parce que ce serait blâmer la personne qui les estime; ni dire qu'on aurait fait la même chose pour n'importe qui, parce que cela semblerait faire peu de cas de celui qui croit avoir reçu une marque particulière de dévouement et de distinction.

Si l'on vient nous visiter pour demander , quelque grâce', il faut témoigner qu'on est disposé à faire plaisir en tout ce >qui dépendra de nous. Il est, en effet, d'un bon coeur et d'un homme bien né de chercher à être agréable à il^out je monde. On ne doit pourtant rien promettre à la légère ou qui soit peu convenable à un véritable religieux. 0'es,t pourquoi on refusera discrètement tout ce qui paraîtrait tant soit peu opposé à la gloire de Dieu , comme s'il fallait pour âtre utile se servir du plus léger mensonge ; ou à notre salut , comme s'il s'agissait de manquer à quelqu'un de nos devoirs ; ou au prochain, comme s'il était question d'une chose qui dût lui nuire et le tromper. Que si l'on s'iapercevait avoir promis par surprise une chose contraire à la conscience religieuse, H serait aussi de la .conscience de se rétracter. Mais si

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