DEUXIÈME PARTIE
elle est jiiste et convenable, il faut tenir invioïablémeht sa promesse.
Si l'on nous fait compliment en louant notre Ordre pour sa science, sai piété, sa régularité, son austérité, son utilité, etc., on ne doit pas applaudir à ces louanges, encore moins surenchérir et en faire le détail; car, comme oiî est membre de cet Ordre, on semblerait , eh louant tout le corps, se ïôuér soimême. Oh ne doit pas non [plus diminuer ces louanges par une prétendue humilité. Mais il faut répondre modeslemènt à celui qiii nous traite ainsi qu'on lui est obligé de l'estime qu'il a pour rious ; que tous lès Ordres et tous les états ont leurs avantagés; et ehsùite oh pourra rendre là pareille, en louant l'état dii l'Ordre dé celui à qui l'ori parle, et en rappelant tout ié bien que peuvent faire lés personnes de cet état , eh particulier celle à qui l'on s'adresse.
Si, lorsqù^on est assis avec lihé pèrsohne, il eh survient quelques autres pour nous visiter, il faut aiissitôt se découvrir, se lever, lés recevoir poliment, leur donher les sièges qui leur conviennent, interrompre la conversation, garder toujours pour soi la dernière place, et ne s'asseoir qu'après que tous seront assis; on contihùera ensuite le discours, en leur disant de quoi l'oh parlait, où l'on entahiera quelque autre sujet qui intéresse davantage tout lé inonde.
Mais quoiqu'il convienne d'avoir beaucoup de politesse, iî y à pourtant certaines personnes avec qui oh doit, sous ce rapport, user d'une espèce de parcimonie, telles sont celles qui viennent hou s voir trop souvent, et qui nous accableraient de lettres, si nous avions pour elles toute là complaisahce dont nous usons envers lés autres. On témoignera à ces personnes quelque réserve, de peur qu'elles ne viennent nous ravir notre temps. Si elles se plaignent de notre froideur à leur égaird , oh ne s'en mettra pas beaucoup en peine. Mieux vaut les entendre nous accuser, que de donner à t)ieu sujet dé nous reprocher nos assiduités avec les gens du monde, sans aucun avantage pour les âmes.
Les novices ne doivent recevoir les visites que dans les parloirs qui sont destinés pour cela; ils ne peuvent sans permis-
sion conduire les étrangers au jardin ou dans la maison, sous prétexte de leur causer plus commodément.
Lorsqu'ils n'ont point la permission de parler, et qu'il se rencontre dans la sacristie, ou ailleurs, des personnes désireuses de les entretenir, si ce sont des parents qu'ils voient assez souvent, ils se découvriront pour les saluer honnêtement, et leur feront comprendre, par quelque signe, qu'ils ne peuvent s'arrêter. S'il s'agit de personnages de qualité, ou de très proches parents qu'ils n'ont pas vus depuis longtemps, après les avoir salués, ils leur diront en peu de mots qu'ils ne peuvent les recevoir sans permission ; qu'ils les supplient donc d'avoir la bonté de s'adresser au frère portier; ou qu'ils vont aller eux-mêoaes au noviciat faire la demande au Père maître; qu'ils lesprient, en attendant de se rendre au parloir. Si c'est l'heure de la classe ou du chœur, ils montreront qu'ils sont peines de ne pouvoir leur parler, mais qu'ils espèrent avoir une autre fois cet honneur; et après les avoir salués en peu de mots , d'un ton bas et silencieux , ils se retireront. Les séculiers sont édifiés de cette exactitude et de cette dépendance.
Lorsque ceux-ci demandent à voir le couvent, on ne doit pas le leur refuser, si on peut le faire commodément. Mais il ne faut pas le leur offrir trop facilement , l'introduction d'étrangers dans la maison ayant toujours des inconvénients. Si l'on se trouve dans l'église avec eux, on saura y montrer un grand respect, se mettre à genoux, ou du moins faire la génuflexion devant le très saint Sacrement , saluer les reliques, garder le silence, ou ne laisser échapper que quelques paroles, d'un ton bas et modeste, pour répondre aux visiteurs ou pour leur faire remarquer ce qui mérite leur attention. Étant à la bibliothèque, il faut prendre garde de parler trop haut , de peur de troubler les religieux qui y étudient. Lorsqu'on est dans le dortoir, le réfectoire et les autres lieux réguliers où règne le silence profond , on baisse la voix et on parle aux étrangers en peu de mots et par phrases incomplèl'es.
Si- les personnes avec qui l'on se trouve prenaient plaisir