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LES AUTORITÉS SCOLAIRES

Certains États de l’Amérique et de la Suisse peuvent en cette matière servir de modèles.

Dans chaque commune doit être établi un comité scolaire, élu par les pères de famille ; ce comité doit constituer une personne civile possédant l’école et capable de recevoir des dons et legs.

Le comité, présidé par le chef de la commune — syndic, maire, bourgmestre — aurait pour secrétaire le secrétaire communal; il administrerait, dirigerait et inspecterait l’école, conformément aux lois, nommerait le maître, voterait le budget, et les taxes scolaires.

Le comité local présente plusieurs avantages ; choisi pour une fonction spéciale, il est plus compétent que le conseil communal.

Des élections faites uniquement pour constituer un comité scolaire feraient mieux comprendre l’importance de tout ce qui touche à l’enseignement.

Dans les petites communes pauvres, le maire et le secrétaire communal suffiraient pour maintenir le comité à la hauteur de sa mission, autant du moins que l’est le conseil communal.

En France et dans d’autres pays où l’ignorance est grande dans les campagnes, les comités, quand on en a établi, se sont montrés inertes, incapables et n’ont rendu aucun service; — mais ils n’avaient aucun pouvoir.

Donnez-leur le pouvoir et rendez-les électifs comme en Amérique, et ils auront de la vie et de l’importance.

En tout cas, la loi et les inspecteurs les forceront à remplir leurs devoirs.

L’inspection serait exercée par des inspecteurs cantonaux et des inspecteurs provinciaux , bien rétribués, et choisis parmi les maîtres d’école les plus capables, ou parmi les anciens professeurs d’école normale. Il faut

prendre des hommes ayant des connaissances pédagogiques spéciales. La nécessité et les bons effets de l'inspection sont maintenant reconnus partout; mais tout dépend du personnel. Je me permets de renvoyer le lecteur au chapitre des États-Unis pour qu’il puisse apprécier ce que doivent faires les autorités scolaires.

lies inspecteurs devraient présider les conférences d’instituteurs ainsi qu’ils le font en beaucoup de pays (États- Unis, Allemagne, Belgique). Ils devraient aussi profiter de leur passage dans les localités pour y donner des conférences sur l’utilité de l’enseignement et sur quelque sujet scientifique, comme cela se fait en Amérique avec un remarquable succès1, et donner eux-mêmes une leçon dans l'école. Il serait nécessaire de constituer au cheflieu de La province un comité supérieur qui se réunirait chaque année pendant deux à trois jours, pour rechercher lesaméliorationsà introduiredans l’enseignement primaire.

En feraient partie tous les inspecteurs et un certain nombre d’instituteurs élus par leurs pairs, comme dans le canton de Zurich. Le chef politique de la province présiderait l’assemblée, afin de donner à celle-ci plus de relief et aussi pour qu’il soit lui-même mieux mis au courant des nécessités de l’enseignement, qui est le premier intérêt d’un peuple.

Au centre siégerait un surintendant ou ministre de l’instruction publique nommé par la chambre législative, soit directement, soit sur une liste triple présentée par le gouvernement.

1. M. Tempcls voudrait voir donner cette conférence par nn instituteur cantonal, avec un « outillage cantonal ». « te serait, dit-il, une leçon tantôt sur un fusil à vent, tantôt sur une horloge ou un baromètre. Qu’on se figure l’ardente attention avec laquelle ou regarde déballer, au milieu de l’école, une machine électrique : des expériences sont faites, voilà des esprits que les superstitions du tonnerre ne tourmenteront plus. Il faudrait avoir un microscope solaire pour introduire les enfants dans un monde qu’ils ne soupçonnent pas, de grands globes, un système planétaire. 11 ne s’agit pas de faire apprendre des termes et des définitions. Il faut fixer l’attention, faire voir beaucoup de choses et meubler le cerveau. » ( L’Instruction du peuple , p. 164.)

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