DE LA RÉTRIBUTION DE L’INSTITUTEUR
Presque dans tous les pays, les instituteurs sont trop peu rétribués. Ils reçoivent la moitié, parfois même le tiers de ce que l’on paye à un cocher. Cette parcimonie
est une honle pour notre époque. Elle vient de ce que nous ne voyons pas que la civilisation n’est autre chose que la diffusion des lumières. « Dans nos villages, disait le surintendant de New-York, M. Ilice, le maître d’école doit occuper le premier rang dans l’estime de tous, et il faut savoir rétribuer les services qu’il rend à proportion de ce qu’ils .valent. »
Dans la plupart des lois scolaires, un traitement minimum est imposé aux communes. Ce minimum ne devrait jamais être inférieur à 1,000 fr. En outre, il faudrait accorder à l’instituteur une prime en raison des résultats obtenus. Ce serait une nouveauté, mais ce qui se fait dans l’industrie en montre les avantages. II y a deux façons de rétribuer le travail, ou d’après le temps, ou d’après le produit. Les industriels ne manquent jamais, quand ils le peuvent, de remplacer la rétribution à la journée par la rétribution à la tâche. L’entrepreneur y gagne, car il ne paye que ce qu’il reçoit. Le travailleur y gagne aussi, car il peut augmenter son salaire par son assiduité et son habileté. A chacun suivant ses œuvres, c’est la formule même de la justice. A peu près partout, on est entré dans cette voie en accordant ù l’instituteur une indemnité par élève ou en lui abandonnant une partie de l’écolage. Mais cela est insuffisant. 11 faut donner une prime par élève qui quitte l’école suffisamment instruit. L’examen final de la treizième année permettrait de constater les résultats obtenus.
Le traitement devrait augmenter avec les années de service, comme dans la Saxe.
Dans beaucoup de pays, le gouvernement garantit une pension aux instituteurs qui ont atteint l’ûge de la retraite. La pension est en proportion des années de service. En Néerlande, la pension croît chaque année d’un soixantième du traitement touché en dernier lieu par l’instituteur; mais il doit laisser à la caissedes pensions annuellement 2 pour 100 de son traitement fixe. 11 faudrait constituer un fonds portant intérêt que l’État et les particuliers devraient s’efforcer d’accroître par des dons ou des contributions spéciales.