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DES MATIÈRES ENSEIGNÉES

Le but de l’enseignement ou plutôt de l’éducation est avant tout de fortifier et d’élever le sentiment moral, ensuite de développer les forces de l’esprit et du corps. Éducation morale, intellectuelle et physique, voilà ce qui est indispensable. La religion et la morale sont les objets principaux de l’enseignement, mais, par des raisons, dites plus haut, l’instruction religieuse ne peut être attribuée à l'instituteur; elle doit être réservée aux ministres du culte.

La morale doit être enseignée par le mattre laïque, mais comme elle l’est en Néerlande et aux États-Unis. Il ne s’agit pas de faire apprendre par cœur un formulaire ou un catéchisme de morale. Ce qu’il faut, c’est que les grandes idées concernant Dieu, le devoir, la charité, la fraternité des hommes, l’humilité et la dignité humaines passent du cœur du maître dans le cœur des élèves, par l’ensemble de l’enseignement, par des récits, par des exemples, par toutes les paroles qui arrivent à l’oreille de l’enfant. C’est la partie la plus difficile de l’enseignement; c’est aussi celle à laquelle l’enseignement normal doit surtout préparer les instituteurs.

Apprendre à bien lire et à bien écrire est aussi essentiel. Ce n’est rien, dit-on. Sans doute, ce n’est qu’un instrument, mais c’est la clef au moyen de laquelle l’homme pénètre dans toutes les connaissances. Le programme habituel comprend encore la géographie, le calcul, le système métrique. J’y voudrais ajouter quelques notions générales sur la constitution politique, sur les droits et les devoirs des citoyens, comme on le fait aux États-Unis et même en Belgique, dans certaines villes. On peut y joindre encore des notions d’ hygiène1 .d’économie domes-

1. Il existe en flamand un livre qui, traduit et mis entre les mains de l’instituteur, rendrait cet enseignement aussi facile qu'intéressant. Il est

tique pour les tilles avec les ouvrages de main, quelques généralités sur l’agriculture pour les campagnes, les faits principaux de l’histoire et surtout quelques biographies présentant fortement à l'esprit les types du chrétien, du patriote, de l’inventeur, du voyageur, du marin, de l’ouvrier. Ces notions ne doivent point constituer des branches spécialesà apprendre pédantesquement, de façon à surcharger la mémoire de l’enfant. Les lectures et les explications du maître y suffiraient. On peut imiter en ce point la Saxe et le duché de Bade, et employer surtout la méthode intuitive ou « enseignement par l’aspect. »

11 importe aussi de ne pas oublier le chant et le dessin linéaire. Pour le chaut, les écoles allemandes offrent des modèles excellents. En choisissant bien les chants et les paroles, on obtient un instrument d’éducation des plus puissants. La difficulté ne doit pas arrêter; il n’y a qu'à visiter une école Frœbel pour se convaincre qu’elle n’existe pas.

Pour développer les forces physiques, la gymnastique, l’exercice au fusil et la natation sont indispensables. On peut organiser presque partout un nalalorium, comme à Philadelphie, c’est-à-dire une école de natation pour les élèves des écoles primaires. Jamais on n’a mieux compris l’éducation qu’en Grèce, où tous les citoyens, même les philosophes et les poêles, consacraient uue partie de la journée aux exercices gymnastiques. Il est urgent de s’inspirer en ceci des exemples de l’antiquité.

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