‹ L'Instruction du peupleChapitre 98 sur 186 · ROUMANIE · texte numérisé non relu

ROUMANIE

Après l'avénemrnt du prince Charles, le sys'ème allemand et l’enseignement obligatoire ont été introduits dans les principautés et e gouvernement, soutenu par les chambres, semble décidé à faire de sérieux efforts pour répandre l'instruction. — .Mais c’est surtout en fait d’instruction publique, qu’il faut du temps et que les progrès sont nécessairement assez lents, quand tout esta créer. La législation est de date trop lécente pour qu’on puisse en apprécier les effets

RUSSIE

En 1 861, l’empereur Alexandre a donné force de loi à un règlement général des écoles populaires préparé par le minisire de l'instruction publique, le prince Paul Gagarin, sous le t tre de : Polozenie o nalschalnykh narodvykh utschilischtchakfi. L’exposé des motis résume ce qui a été fait en Russie pour répandre l’instruction dans le peuple. En 1714, Pierre I" crée dis « écoles d’arithmélique » obligatoires pour les personnes des hautes classes. Des règlements de 1715 et de 1719 déterminent plus nettement le but de ces écoles et Ils rendent obligatoires pour tout le monde, excepté pour la noblesse. Ces mesures soulevèrent une vive opposition, et dans des pétitions les conseils des vill s osèrent même déclarer qu'elles liaient funestes. En 1744, on constata que pas un élève de la classe bourgeoise ne fréquentait ces établissements. Ceux-ci furent complètement désertés quand on eut for.dé des écoles spéciales pour le clergé et pour l’armée.

Catherine II, en 1773, ordonna de fonder des écoles dans les villes et dans les villages, en fixant la rétribution scolaire à un taux trèsminime, sans en rendre la fréquentation obligatoire. Mais la volonté de l'autocrate le plus absolu ne peut suppléer aux forces sociales qui n’existent pas. Tout manquait, les maîtres, les livres, les locaux, l'argent. L'ukase resta lettre morte.

Ln 1782, une commission spéciale est instituée, sous la présidence de .M. Zawadovvskij. Elle conclut à la création de deux espèces d’écoles; les unes avec un terme de quatre années pour les classes aisées, les autres de deux années pour le peuple.

En 1786, loi nouvelle s’appliquant p'us spécialement aux villes et restreignant le droit d’ouvrir des écoles à ceux qui donneront des preuves de capacité. De vieux so'dats ignorants et des gens indignes donnaient fréquemment l’enseignement.

En 1803, on transforme les écoles supérieures en véritables gv mnases, sur le modèle de ceux de l’Allemagne, et on remplace dans les écoles popu'aires « le livre des devoirs de l’homme et du citoyen », souvenir de la période philosophique de Catherine, par un livre de lecture contenant des notions d’agriculture, d’hygiène et de physique usuelle.

En 1 804, un nouvel effort est tenté pour créer des écoles sur les terres du gouvernement et sur celles des propriétaires, mais il n’aboutit pas plus que le précédent.

Le clergé, à son tour, est saisi d’un beau zèle : il offre d’établir des écoles que son dévouement soutiendra. En 1806 on comptait, en effet, dans le gouvernement de Novgorod, cent dix écoles tenues par des desservants; mais, deux ans après, toutes avaient cessé d’exister, 7ute d'argent.

En 1828, on s’efforce d'arriver au but, par une action plus directe du gouvernement. On essaye de. la centralisation dans la loi de 1835 qui soumet toutes les écoles aux curateurs des arrondissements scoaires, immense circonscription embrassant plusieurs gouvernements. On arrive à fonder ainsi quelques écoles de district dont les frais sont payés par l’État; mais les écoles paroissiales ne se multiplient guère faute de ressources. Pour prouver combien l'instruction est peu répandue, l’exposé du prince Gagarin cite l'exemple de la capitale. En 1863, Saint-Pétersbourg, qui comptait une population ouvrière de plus de 400,000 âmes, n'avait que 18 écoles paroissiales avec 1,281 élèves, dont 135 filles seulement.

Depuis l'abolition du servage, des besoins d’instruction se sont manifestés chez les paysans libérés. L’empereur actuel eut le mérite de comprendre qu’après avoir émancipé les serfs, il fallait organiser «n système complet d’instruction primaire, et il chargea une com-

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mission, nommée en 1861, de formuler des règlements qui pussent avoir pour effet de mettre à la portée de tous les habitants les moyens de s’instruire.

Le Plan général pour V organisation des écoles populaires en Russie publié, sur l’ordro suprême de l’Empereur, par M. P. de Taneeff (1862), renfermait des dispositions excellentes. Le caractère et le but de l’instruction populaire y étaient parfaitement définis en ces termes : « L’instruction populaire forme le principal appui de l'État et la source de sa prospérité; en conséquence, tous doivent jouir également des bienfaits de l’instruction, sans distinction de sexe ni de condition sociale.

< Les écoles populaires ont pour but de conduire la civilisation morale et intellectuelle du peuple jusqu’à un degré suffisant pour que chacun puisse comprendre ses droits et remplir ses devoirs avec connaissance de cause, comme il convient à un homme, s

Le nombre des écoles à entretenir était prescrit. Dans les villes il faut qu’il y ait au moins une école par 1,000 âmes, parce que sur ce nombre d’habitants, il se trouve 60 enfants entre 8 et 10 ans. Dans les villages chaque paroisse doit avoir au moins une école.

Les frais de l'école devaient être couverts au moyen d’une taxe proportionnelle sur les immeubles et les profits du commerce et de l’industrie; la a société communale » aurait levé la somme nécessaire d’après le calcul que l’autorité supérieure lui aurait présenté, avec l’addition de 10 pour 100 pour former un fonds scolaire provincial.

Les frais d'une école étaient estimés ainsi qu’il suit :

Villes. Campagnes.

Traitement du maître 250 Roubles. 150 R.

Id. du maître de religion 80 — 50

Livres et objets de classe 7© — 50

10 pour 100 pour le fonds provincial. . . 40 — 25

Total 440 275

(1 rouble argent= 4 fr.)

A cette somme il fallait ajouter le logement et le chauffage.

Voici les principales dispositions du Règlement de 4864, actuellement en vigueur :

Art. 1. Les écoles primaires ont pour but de fortifier dans le peuple les idées morales et religieuses et de répandre les connaissances élémentaires nécessaires.

Art. 3. Les matières enseignées sont : 1° la religion (le petitcatéchisrac et l’histoire sainte) ; 2° la lecture des livres imprimés avec

l’alphabet civil (caractères russes ordinaires de Pierre I") et avec l'alphabet ecclésiastique ( vieux slave, avec les caractères liturgiques de Saint-CjriMe); 3° l’écriture; 4° les quatre règles de l’arithmétique; 5° te chant religieux si c’est possible.

Art. 4. L'enseignement se donne uniquement en russe.

Art. 3. On emploie les livres de classe approuvés par le ministre de l’intérieur, et respectivement par l’autorité ecclésiastique.

Art. 6. Tous les enfants sont admis dans les écoles, sans distinction de culte ou de condition sociale.

Art. 7. S’il n’v a pas moyen d’avoir des écoles séparées pour les filles, celles-ci fréquenteront l’école des garçons.

Art. 8. Ceux qui administrent i'écolo peuvent établir la gratuité ou fixer la rétribution scolaire.

Art. 9. L’administration gouvernementale et l’administration ecclésiastique fondent ou suppriment les écoles de leur ressort.

Art. 10. Les particuliers et les communes ne peuvent fonder des écoles qu’avec l’autorisation du conseil scolaire du district.

Le conseil scolaire de province a le droit de les fermer en cas de désordre ou de mauvaise direction donnée à l’enseignement.

Art. 11. Les particuliers ou les communes qui créent des écoles en fixent le budget, qu’ils communiquent, pour information, aux conseils de district.

Art. 12. les communes peuvent désigner pour l’école un patron qui l’administre.

Art. 14. Les écoles populaires, inspectées par les membres du conseil scolaire de district, ne doivent fournir ni rapports ni renseignements. Ceux-ci sont réunis par les inspecteurs.

Art. 13. La religion ne peut être enseignée que par le curé du village ou par un prêtre que le conseil scolaiie et l'autorité ecclésiastique auront agréé.

Art. 13. Les autres matières peuvent être enseignées par les ministres du culte ou par des personnes fournissant des preuves de moralité et de respect des institutions établies, et avec l'autorisation du conseil scolaire de district.

Art. 17. La surveillance et la direction pour la morale et la religion appartiennent au curé de la paroisse.

Art. 19. Le conseil scolaire de district (il y a de 5 à 12 districts (ijezds) par province, est composé de personnes nommées par les ministères de l’instruction publique et de l’intérieur, par l’autorité ecclésiastique orthodoxe, de deux membres du conseil administratif du district, de représentants des corps qui ont fondé les écoles et de patrons d’école.

Le conseil scolaire de la province se compose : du chef du

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diocèse, comme président, du gouverneur, du directeur des écoles, et de deux membres du conseil provincial administratif ( Zemslwo ). Le curateur de l'arrondissement peut assister aux séances du conseil.

Art. 24. Le conseil de district (A) surveille l’enseignement primaire et ses membres visitent les écoles; (B) il encourage la création d’écoles nouvelles et l'amélioration de celles qui existent; (C) il fournit le matériel scolaire; (D) il propose au conseil de la province la fermeture des écoles nuisibles; (Et il delivre des certificats aux mal. res et aux maîtresses; (Fj il désigne les maîtres qui méritent une récompense ou une promotion et ceux qui doivent être écartés de l'enseignement; (G) il rédige un rapport annuel.

Art. 25 et 25. Le conseil reçoit les instructions du gouvernement. Il se réunit deux fois l’an, pendant treize jo’urs, pour décider les questions de sa compétence et entendre les rapports de ses membres qui visitent les écoles.

Art 29. Le conseil scolaire de la province (A) exerce la haute surveillance sur l’enseignement; (B) il examine les rapports du conseil de district et prend des décisions à ce sujet; (C) il répartit, aux maîtres qui le méritent, les subsides accordés à cet effet par le gouvernement; (D) il nomme parmi les patrons d'école ceux qui doivent faire partie du conseil de district.

Le conseil provincial se réunit sur la convocation de son président, quand l’expédition des affaires l’exige.

Art. 33. Les plaintes contre ce conseil doivent être adressées à la première division du Sénat.

Le prince Gagarin explique lui-mème es principes qui ont présidé à la rédaction de la loi nouvelle. Premièrement on a voulu, c >mme en Angleterre, encourager la création d’écoles nouvelles, sans employer la contrainte. On ne pouvait songor à introduire l'enseignement obligatoire comme en Prusse, dans un pays qui n'a presque pas d’écoles. On ne pouvait même, comme en France, forcer chaque commune à entretenir une école, car la plupart des communes sont trop pauvres, et la population est trop dispersée. On estime qu’il faut 800 habitants pour entretenir une école dont la dépense annuelle est d'au moins 200 roubles (I rouble = 4 francs). Il faudrait donc un impôt scolaire d’un franc par tète ou de 5 francs environ par famille. Or, en moyenne, cos 800 personnes vivent dispersées dans huit vi'lages, sur une étendue de 20 verstes carrés. Il n’y aur itain-i que le- enfants d’un seul village qui pourraient fréquenter l’école régulièrement. Les autres payeraient, sans tirer aucun profit de l’argent versé par eux, ce qui constituerait une grande injustice, et provoqua rait un légitime mécontentement. Même sur les terres du

domaine impérial où un impôt est levé obligatoirement pour l’instruction, les écoles manquent presque complètement.

Le gouvernement donnera donc des subsides. Déjà en 1865, 100,000 roubles ont été consacrés à cet objet. On créera d’abord quelques écoles modèles qui serviront de type aux autres et on établira des cours normaux pour former des instituteurs.

On a voulu en outre faire cesser le défaut d’unité qui régnait dans les efforts faits par les communes, les particuliers et les différents ministères, tout en évitant la centralisation et l’ingérence bureaucratique : c’est dans ce but qu'ont été créés les conseils de district et de province. En même temps la loi établit une certaine liberté en matière d’enseignement et n’exige plus de diplôme de ceux qui veulent enseigner. Cette exigence était éludée, et si on avait voulu la maintenir, on n'aurait pas eu d’instituteurs du tout.

Il est très-difficile de donner même approximativement une statistique scolaire concernant la Russie. Le gouvernement lui-même n’en possède pas les éléments.

En 1864, la population de l’empire russe s’élevait à :

Russie d’Europe CI ,061 ,801

Provinces du Caucase 4,157,517

Sibérie 8,579,158

Habitants. . . . 73,798,776

D'après von Kloden, il n’existait en 1856 que 8,227 écoles avec 430,000 élèves, plus 101 gymnases d’enseignement moyen avec 2,312 maîtres et 26,789 élèves. D’après le rapport du prince Gagarin, dans 36 provinces, — la Russie d’Europe en compte 49 — on trouvait, en 1863, 30,179 écoles avec 632,471 élèves, dont 554,017 garçons et seulement 78,454 filles.

Écoles.

Élôves.

1° Éoolcs paroissiales (ressort du ministère de

l'instruction publique)

2° Écoles du ressort du ministère des do-

mai nés

3° Écoles du ressort du ministère des apa-

nages

4° Écoles rurales (ministère de l’intérieur).. .

6° Écoles du clergé

Totaux 30,179 632,471

On ne trouve donc en Russie qu’un élève par 116 habitants et une école par 2,433 habitants.

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Le rapport officiel publié récemment ('1871) par le ministre île l'instruction publique est réellement affligeant. La nouvelle loi de 1864 n’est pour ainsi dire point mise à exécution. Sur les 34 provinces où les conseils provinciaux ( Zemtswo ) ont été introduits, 14 seulement ont envoyé des rapports très-incomplets. — Dans ces 14 provinces, les plus civilisées et les plus peuplées de la Russie slave, Saint-Pétersbourg, Moscou, Poltawa, Twer, Kostroma, Kherson, Yaroslaf, Ekaterinoslaf, Charkof, Tambof, Orel, Kasan, Symbirsk, Penza, avec 20,425.294 habitants, il existait approximativement, en janvier 1870, 4,247 écoles avec 4,982 maîtres dont 3,516 prêtres, et 143,385 élèves, soit 1 élève par 142 habitants.

Dans les campagnes, dit le rapport officiel, les maîtres sont rares et très-mal payés; les écoles qui existent, en très-petit nombre, se tiennent dans les vestibules ou à côté des prisons communales (areslantskaia Komnata). Dans les provinces qui n’ont pas encore de Zemtswo, ce sont les directeurs des écoles d’enseignement moyen qui inspectent l’instruction primaire. Ils n’ont pas réuni de données exactes, mais ils ont pu constater qu’il n’existe d’écoles primaires que dans les villes et dansquelques villages.

Dans les provinces ci-devant polonaises de Wilno. Kowno, (Jrodno, Minsk, Witebsk et Mohilew, on comptait, en 1870, 1,851 écoles avec 63,453 elèves, dont 46,707 appartenaient au rite grec. Les dépenses se sont élevées à 368,542 roubles. Dans les provinces de Kiew, Podolie et Volhynie, on ne comptait que 10,350 élèves. Dans les provinces de la Vistule (royaume do Pologne), 2,135 éooles recevaient 132,479 élèves. Dans les provinces balliques, Esthonie, Livonie et Courlande, on signale l’existence de 1,975 écoles avec 94,287 élèves. Jusque récemment il n'v avait que 2 écoles normales, une k Dorpat fondée en 1828 et une à Molocletchno (province de Wilno) fondée en 1864. On vient d’en établir deux autres, l’une à Kiew, l'autre k Riga. Les Zemlswos des provinces de Moscou, Toula, Twer, Yaroslaw, Smolensk, Kostroma et Tchernigow ont voté des fonds pour en établir. La première chose k faire est évidemment de former de bons maîtres, car il n’y en a pour ainsi dire pas.

Le rapport avoue franchement que l'enseignement primaire doit avoir pour but de russifier les provinces polonaises, allemandes et finnoises.

D'après les Archives de Statistique militaire , publiées k Saint- Pétersbourg, par les officiers les plus instruits do l’état-major, la fréquentation dans les écoles a lieu dans les proportions suivantes (1871) : Dans les 34 provinces russes proprement dites où fonctionnent les états provinciaux qui commencent k s’occuper de l’enseignement, on trouve 1 élève sur 168 habitants; dans les autres provinces

où il n’y a pas d’états provinciaux, 1 sur 491. — Dans les 6 provinces nord-ouest, 1 sur 186; dans les 3 provinces sud-ouest, Kiew, Podolie Volhynie, 1 sur 532; dans les provinces de la Vistule (Pologne), 1 sur 31 ; dans les provinces de la Baltique, 1 sur 19, et en Sibérie 1 sur 664.

Ces quelques renseignements, les seuls que l’administration ait pu recueillir, prouvent qu’en fait d’enseignement primaire tout est à créer en Russie. Depuis 150 ans chaque souverain a fait quelques efforts, mais le résultat a été nul. En Prusse, sur l’ordre de Frédéric et de von Altenstein, des écoles ont été établies partout et tous les habitants ont reçu les bienfaits de l’instruction. En Russie la bonne volonté des Czars s'est perdue dans le vide et n’a abouti qu’au néant. Cet échec provient en partie, comme le dit le prince Gagarin, de l’extrême éparpillement de la population. Cependantla situation en Norwége est encore plus défavorable sous ce rapport. On y compte seulement 257 habitants par mille carré, tandis qu’en Russie il y en a 694, — et cependant en Norwége l'enseignement est largement distribué partout, et chacun sait au moins lire et écrire. La cause de la grande supériorité des pays allemands et Scandinaves sur la Russie, ce sont les formes du culte. Partout le Iuthérianisme et le calvinisme ont créé l’école et répandu l’instruction. Le rite grec a laissé les peuples dans une ignorance plus grande encore que le rite catholique, parce que ,1e fidèle de l'Église orientale a encore moins besoin d’inslruction que celui de l’Église romaine. Il assiste aux cérémonies du culte, sans rien comprendre aux chants et aux paroles du prêtre. Les livres liturgiques sont inabordables pour lui, car ils sont imprimés en caractères cyrilliques; il n’v a même point de livre de messe. La religion est le grand et parfois l’unique instrument de civilisation des classes inférieures; or, quand les ministres du culte ne s’efforcent pas de répandre l’instruction, l’État n’y arrive point par scs seules forces, à moins d'une action des plus énergiques et dos plus persévérantes, qui d’ailleurs en Russie aurait manqué d’agents.

La loi de 1864 qui « se borne à encourager » sera au:si inefficace que toutes les lois précédentes. Consacrer 100,000 roubles à une œuvre gigantesque, qui demanderait des centaines de millions, c’est vouloir arroser et féconder le Sahara au moyen d’un imperceptible Blet d’eau. Aux États-Unis, en 1869, deux citoyens ont donnéchacun 5 millions pour fonder des écoles, et des Étals qui n’ont qu’un million d’habitants votent annuellement 4 à 5 millions rien que pour construire des locaux scolaires. Ce qu’il faudrait en Russie c’est un effort gigantesque, semblable à celui qui a présidé à la construction du réseau des chemins de fer. L’État devrait consacrer annuellement au moins 50 millions à créer des écoles normales et à

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