‹ L'Instruction du peupleChapitre 99 sur 186 · SUÈDE-NORVÈGE · texte numérisé non relu

SUÈDE-NORVÈGE

iceorder des subsides, suivant le principe anglais, en proportion des élèves qui, à l'examen que l’inspecteur fait subir, savent lirei écrire et calculer. Il ne suffit pas d'encourager. Dans tous les États et jusque dans les États de l’Union américaine, où la nécessité de l'instruction est si bien comprise, la loi impose aux communes une certaine dépense scolaire, lin Russie, les m.'mes prescriptions sont indispensables. — La difficulté, très-réelle, qui vient de l'éparpillement de la population, peut être vaincue comme elle l'a été en Norwége, par le moyen d'instituteurs ambulants qui s’établissent loue à tour dans chacun des- hameaux de la commune.

Le colporteur joue un rôle important dans la vie rurale russe : l'instituteur ambulant serait le colporteur de la civilisation. Il faudrait aussi sans hésiter faire appel au clergé qui, étant national, ne peut devenir ici, comme dans les pays catholiques, l'instrument de la politique ultramontaine. Que là où l’on ne peut encore avoir d’instituteur, on charge le pope de donner l’instruction et qu’on lui accorde un rouble par élève sachant bien lire et écrire ; au bout de peu de temps de grands résultats seront atteints.

La diffusirn de l’instruction est le premier besoin de la Russie. Elle possède comme les États-Unis un territoire immense et fertile; d'où vient qu’elle reste pauvre, tandis que le développement de la République américaine est inouï, prodigieux? C’est qu’ici l'ignorance est presque générale, et que l'Union, au contraire, est le pays du ‘inonde qui fait le plus pour répandre les lumières. Ce n’est cependant ni à la Prusse, ni à la France, ni à l’Amérique que la Russie doit emprunter les principes de sa législation scolaire; c’est à la Norwége ou à la Suède dont les conditions géographiques sont les mêmes et qui cependant sont au premier rang des peuples européens sous lu rapport de l’instruction primaire.

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