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ciu'ilé et de la richesse, si le développement intellectuel et moral de ses membres sont des objets que le gouvernement, comme représentant de l'autorité sociale, puisse et doive poursuivre, afin d'atteindre son but qui est le bien de l'humanité, il est évident que le gouvernement a le droit d'entreprendre l'éducation du peuple. Car l'éducation développe la sécurité en enseisfnant aux hommes les réalités de la vie et les obligations qu'implique l'existence de la société ; elle aide au développement intellectuel non seulement en éclairant chaque intelligence en particulier, mais aussi en isolant de la masse qui est ordinaire ou inférieure, ceux qui sont capables d'accroître le bien général en occupant des positions élevées; enfin elle fait avancer la moralité et la civilisation, en enseignant aux hommes à se discipliner eux-mêmes, en les amenant à voir que le contentement le plus complet, le seul durable, s'obtient, non en s'endormant dans les vallées des sens, mais par un efibrt constant vers les sommets où, sereine et calme, la raison distingue l'idéal flottant, et radieux du
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Bien suprême, — im ange pendant le Jour, une colonne de feu pendant la nuit. »
Ces lignes et les pages qui suivent, bien qu'écrites les unes à l'insu des autres, montrent que les progrès des sciences et par suite de l'esprit public, ontconduitau même ordre d'idées les peuples qui marchent de pair dans leur culture, que leur révolution ait eu lieu en i688 ou en i789.
Quand on ne recule pas, par système, devant l'idée de pousser, aussi loin qu'elles vont, les conséquences des études scientifiques, celles-ci mènent à des résultats inattendus pour ceux qui passent à côté de ces réalités sans les voir. De quelque part qu'ils viennent, ces résultats sont les mêmes. Ils demandent pour toutes les intelligences une instruction qui soit à tous les degrés en rapport avec l'esprit moderne, afin que rien ne soit perdu de toutes les forces vives que représentent ces activités intellectuelles; on sait que la solidarité entre celles-ci s'établit invinciblement par le fait même de leur ordre analogique, à quelque distance qu'elles se manifestent dans le temps et dans l'espace.
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Les aveugles seuls ne voient pas ce fait, les politiciens spéculateurs seuls le méprisent.
Or ce que dit Huxley de l'instruction permettant à chacun de s'élever selon son intellisfence et son savoir jusqu'aux plus hautes situations, doit être généralisé; c'est-à-dire que l'enseignement supérieur doit être dirigé de telle sorte qu'il se termine en faisant comprendre ce que sont la sociologie, d'une part, les procédés et les partis politiques, de l'autre. Il importe en tout cas que le plus grand nombre possible atteigne jusquelà; car il restera toujours assez de débiles pour former une masse représentant l'ignorance que quelques-uns voudraient conserver comme se prêtant seule au succès de leur manière de gouverner. Et c'est par cela même que nul n'a le droit de se départir de tout intérêt pour les formes du gouvernement et pour les actes politiques des gouvernants.
En d'autres termes, j'ai cherché à montrer que tout ce qui touche à la vie publique ne doit pas être repoussé de notre enseignement supérieur comme une chose dangereuse ou n'existant
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pas, ou comme si la vie sociale se bornait aux seules relations de famille à famille.
Sans être le premier à le faire, j'ai signalé cette lacune dans notre enseignement, en indiquant ses •causes, ses nombreux inconvénients dans les diverses fonctions sociales que sont appelés k remplir les citoyens, suivant la nature de l'éducation qu'il ont reçue. Je suis revenu à plusieurs reprises d'abord sur les exemples qui montrent le mieux les fâcheux effets de cet ordre de choses, presque toujours niés systématiquement malgré leur évidence, puis sur les moyens à employer pour que cette lacune soit comblée le plus vite et le mieux possible. De là des redites, les unes volontaires parce qu'elles étaient indispensables, les autres qui auraient pu être évitées et qui disparaîtront si une autre édition vient en fournir l'occasion.
J'ai dû nécessairement insister sur les doctrines dans lesquelles on trouve le mieux les moyens voulus pour combler ces lacunes et la direction à donner à leur emploi.
La politique en général, l'économie sociale et politique en particulier, s'appuient tous les jours
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de plus en plus sur les sciences organiques et chronologiques, sur les arts qui se rattachent à celle-ci. De là, des termes peu répandus dans le langage courant ; ils se joignent à ce qu ont d'abstrait quelques-uns des sujets que j'aborde pour exiger du lecteur une plus laborieuse attention, que je n'aurais voulu, ce dont je dois chercher à ni'excuser d'avance.
Ch. Robin.
Paris, 25 mars 1877.