‹ L'instruction et l'education. --Chapitre 19 sur 34 · SUR L ENSEIGNEMENT SECONDAIRE · texte numérisé non relu

SUR L ENSEIGNEMENT SECONDAIRE

Ici les années employées par les études précédentes et la nature même des choses étudiées, nous font entrer dans l'instruction secondaire. Cette entrée s'effectue sans peine, puisque toutes les notions acquises sont une préparation à ce qui va être exigé comme développement, soit concret, soit abstrait pour atteindre tel ou tel but professionnel. La peine est d'autant moindre, que c'est par ce qui doit, ou au moins par ce qui devrait terminer l'instruction primaire, que débute l'instruction secondaire (l).

Par l'étude du langage, l'instruction primaire

(1) Je me borne sur ce sujet à de courtes indications parce que c'est de toutes les branches de l'enseignement celle sur laquelle nous possédons le plus de documents utiles et sur laquelle il y a le moins à innover. Voyez les ouvrages cités ci-après, et en particulier : Louis Narval, le Positivisme dans Véducation. Dans la Pliilosophie positive (Revue). Paris, t. XV, p. 62 et 125 (1875); t. XVI, p. 1267, t. XVII, p. 214 (1877); t. XVIII, p. 75 (1877).

•iS ENSEIGNEMENT SECONDAIRE.

conduit en premier lieu à l'éUide des lettres. Envisagée dans sa plus grande étendue, elle ne saurait être faite sans que soit menée de front l'étude grammaticale, par chacun, de sa propre langue et d'une ou de plusieurs des langues vivantes que l'enseignement primaire a appris à parler. Ces études, tant littéraires que grammaticales, rendent facile celle des langues mortes auxquelles il force de remonter; elles ne sont difficiles, en réalité, que pour ceux qu'un vice de méthode étrange, bien que maintenu encore, oblige d'étudier le latin et le grec dès le bas âge, avant d'avoir appris par expérience sur le langage usuel, ce que sont le parler d'une langue et ses modes, ses temps grammaticaux, etc.

Ces diverses études, aussi bien que celles des détails de la géographie, conduisent inévitablement à donner plus d'extension à renseignement de l'histoire, qui réagit à son tour incessamment sur les premiers enseignements de la manière la plus efficace.

L'instruction secondaire ne doit interrompre aucunement les études antérieures de la musique, du dessin, non plus que les acquisitions empiriques et concrètes sur le nom et la provenance générale des phénomènes et des objets météorologiques, minéralogiques, botaniques et zoologiques. Elle de-

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vrait les continuer et les développer suivant les aptitudes individuelles, comme couronnement pour ceux qui, représentant le grand nombre, sont, dès que les forces deviennent suffisantes, amenés par leur condition à se consacrer aux arts agricoles, industriels ou commerciaux. Elle devrait en faire d'autre part une introduction à l'enseignement supérieur, par les notions tant scientifiques proprement dites que logiques, soit inductives, soit déductives, que donnent les études des années précédentes; notions dont les facultés intellectuelles sont, à cet âge, déjà capables d'ébaucher l'élaboration.

C'est dans cette période de l'enseignement que devraient être développées le plus les facultés d'expression par le perfectionnement dans l'étude des langues d'une part, dans celle du dessin de l'autre. Le dessin en particulier devrait et pourrait devenir un moyen d'expression aussi familier que l'écriture, comme il l'est chez les Chinois. Il y a cerlainement à ces divers égards des aptitudes de races qui rendent compte de notre infériorité, comparativement à d'autres peuples en Europe; mais il faut tenir compte de ce qu'il s'agit ici de l'exercice de facultés dont les perfectionnements sont transmissibles héréditairement. Or il est fort probable qu'après quelques générations pourraient

être acquises ainsi les aptitudes qui nous manquent.

Il est implicitement entendu, dans ce qui précède, qu'avec l'élude du langage, de l'écriture et du dessin ont été développées continuement les notions de moins en moins élém.entaires, de plus en plus abstraites, concernant les nombres, les figures géométriques et algébriques, avec celles des combinaisons arithmétiques, etc., que ces figures servent à exprimer.

L'instruction gratuite et obligatoire, indispensablement commune aux enfants des deux sexes, cesse avec l'enseignement secondaire, en raison de ce que , dans le siècle présent, les nécessités sociales entraînent hors des écoles un trop grand nombre d'individus, dès que le développement organique individuel donne les forces voulues pour les travaux manuels nécessaires à la réalisation des conditions permanentes de l'existence nutritive.

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